Samedi 13 mars 2010
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Long article
Ceux qui douteraient encore doivent aller consulter le “ livre blanc ” édité par la mairie de Wingen pour tenter de
justifier l'aventure dans laquelle elle envisage d'engager ses malheureux habitants. Ce ne sont pas moins de 26 pages de graphiques, photos, pseudo-comptes rendus de réunion de soi-disant
concertation, improbables plans sur d'inaccessibles comètes, “ vérités ”, fausses alternatives [ préserver la valeur patrimoniale et paysagère de Wingen, c'est ou bien limiter les
constructions et l'urbanisation, ou bien fixer des règles ], martèlement jusqu'à l'absurde d'un inévitable “ développement durable ” au service des incontournables “ générations
futures ”. Il faut tout de même attendre la page 13 pour avoir quelque chose à lire, et encore y cherche-t-on une hypothétique cohérence. On ne passera pas sous silence ces formulations
approximatives qui en prennent à leur aise avec les règles élémentaires de la syntaxe et de l'orthographe de base [ Susciter, privilégier des activités, des implantations qui démontrent leur
excellence, leurs performances ? Qui s’engagent en développement durable ? page 15, ou Deux échelles ont retenues l’attention de la commission publique : page 26 ] ou encore les
recours abusifs et volontairement catastrophistes [ Accepter les entreprises, création d'emplois sinon mort de la vallée ] qui doivent convaincre les derniers esprits encore rétifs au sens moderne
du progrès de l'intérêt que nous avons tous à brader l'espace commun au mercantilisme particulier. On trouve évidemment page 21 les opportunes réflexions d'un habitant, dont on a la pudeur de
ne pas préciser s'il appartient ou non au conseil municipal, qui n'a que des remarques marginales à faire sans jamais interroger sur le fond. Une fiche de préconisation paysagère émanant du parc
régional naturel des Vosges du Nord, sorte de machin intercommunal qui amorce les pompes à subvention en leur repeignant en vert, devrait faire taire les dernières réticences. Le bouquet, grotesque
et dérisoire, ce sont deux propositions de voyage d'étude [ ah, les études, rien de tel que de vouloir en faire ! ] dans les Vosges et la lettre d'un secrétariat d'État dont la
crédibilité va sortir encore renforcée après son échec annoncé aux élections régionales.
Vous pouvez télécharger cet excellent
document et vérifier les commentaires.
Comme tout cela ne suffisait pas, il importait d'ouvrir un parapluie en se défaussant sur la communauté de communes à qui on va, selon l'expression consacrée, “ transférer la
compétence ”. Ça tombe assez bien, puisqu'elle peut s'en charger et que tout le monde semble d'accord pour que cet “ élément structurant ” comme l'appellent les technocrates voie le
jour. La lecture de la note de synthèse nous apprend que l'idée date de 2005, mais qu'il n'a pas été possible de la concrétiser. Au fait, qui parmi les habitants, avait été mis au
parfum ? Il serait intéressant d'interroger les membres de cette ADEAN, et en particulier celui qui en a été le président, l'actuel conseiller général du canton, pour qu'ils nous donnent les
raisons de cette extrême pudeur. Page 2 de la note : “ Au terme de plusieurs réunions de concertation tenues durant l'année 2009 réunissant la commune, la communauté de
communes, le sycoparc, le conseil général, la région et divers autres partenaires et conseils, la commune a donné un avis favorable et a engagé une procédure de révision simplifiée de son PLU pour
étendre la zone touristique et faciliter l'implantation du projet. Cette extension concerne des terrains privés dont la commune doit faire l'acquisition.” Ça tombe assez mal puisque page 1, on
ne craignait pas d'écrire que la commune était propriétaire du foncier de la zone concernée.
Vous aurez remarqué dans l'énumération des instances consultées ou concertées ne figurent explicitement aucune association ni aucun collectif d'habitants pourtant premiers concernées par
cette affaire.
On continue avec un livre blanc dont la note de synthèse dit qu'il a été rédigé par le sycoparc, sorte d'onction environnementale qui devrait convaincre les défenseurs de l'environnement que tous
ces conducteurs de voiture qui siègent dans les instances décisionnelles en général.
Passons sur les prévisions en matière d'emploi [ chacun sait que la prévision est une science difficile, surtout quand il s'agit de l'avenir ] et de nombre de lits des différentes
tranches pour sauter sur l'argument massif, énorme de la haute qualité environnementale. Puisqu'on vous le dit !
Et tout à l'avenant. Il y aura des larges retombées économiques et fiscales, on comblera en partie le déficit des capacités d'accueil touristique, ça va être super-durable, et tout le monde est
d'accord. Qui plus est, cela s'inscrit dans une vaste démarche de création d'aménagement et de gestion des zones d'activité économique et touristiques et des équipements connexes.
La comédie de transfert aura lieu lundi prochain 15 mars 2010, à 19h00, à la maison des services et des associations à Durrenbach. Y assister serait une
bonne idée. Ainsi, les conseillers communautaires qui ne voient pas trop l'intérêt de cette manœuvre se sentiraient-ils moins seuls et auraient-ils sans doute l'audace de braver l'avis favorable
que la commission économie-tpurisme et le bureau de la communauté ont donné à cette initiative.
Quant aux Wissembourgeois, ils feraient bien de méditer tout cela, car on retrouve pour Wingen tous les ingrédients de la sauce à laquelle on envisage d'accommoder le Steinbaechel. Des commissions
[ croupion ], des zekspères [ qui nous exaspèrent ], de la concertation [ a posteriori ], et des décisions brutales, autoritaires au nom d'un intérêt général
dont les contours n'ont pa sle même périmètre pour tout le monde.
Au-delà de la vigilance qui n'a plus lieu d'être puisque le coup est parti, c'est maintenant la riposte qui doit être engagée, vigoureusement naturellement.
Par pumpernickel
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