Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 10:26
Monsieur le président de la République, son gouvernement et la cellule gouvernementale des conseillers de l’Élysée peuvent remercier Madame M. Le Pen d’avoir mis sur le tapis cette entreprise de diversion consistant à brouiller intégralement le jugement de leurs infortunés administrés. Quant à celles et ceux, les plus nombreux d’entre nous, qui n’ont pas fréquenté les prostitués, hommes ou femmes, plus ou moins âgés, ils n’auront pas à écrire des “ livres ” de “ confessions ” pour tenter de soulager leur conscience des remords que leur inspirent leurs propres turpitudes.

Petit retour d’abord.
Un citoyen français, Monsieur R. Polanski [ Français parce que né en France en 1932, et qu’à l’époque, être né en France, même de parents ayant fui l’antisémitisme chronique de la Pologne de l’époque, on ne peut plus tout à fait en dire autant maintenant alors que se généralisent arrestations, traques et “ rétentions administratives ”, non, mais, on est où ? ], est arrêté en Suisse car il est sous le coup d’un mandat d’arrêt suite à une inculpation dont les motifs, et les détails qui en ont été donnés, provoquent la nausée. Quoi qu’on en dise, à 13 ans, on est une enfant, et quelle que soit l’aspect extérieur de la personne, on reste une enfant. Par ailleurs, avoir réglé une ardoise en échange du retrait d’une plainte, c’st faire justice soi-même, et en société, ça n’existe pas.
Bref, tout le ban et l’arrière-ban de la jet-set branchée-branchouille signe à tout-va pour faire libérer la malheureuse victime de cette machination politico-juridico-financière. On en finit à se demander s’il ne s’agit pas de constituer une sorte de cordon sanitaire pour protéger celles et ceux qui écriraient des “ livres ” de “ confessions ” pour tenter de soulager leur conscience des remords que leur inspirent leurs propres turpitudes.

Dans le même temps, plus de deux millions de citoyens responsables et ayant bien d’autres choses à faire que de signer telle déclaration forcément définitive et inévitablement indignée au nom de la Liberté se rendent à des bureaux de vote improvisés et adressent à Monsieur le président de la République, son gouvernement et la cellule gouvernementale des conseillers de l’Élysée un avertissement sans frais sur le sens qu’ils donnent au concept de “ service public ” en générale, et de “ service postal ” en particulier.
Fidèles à leur attitude, Monsieur le président de la République, son gouvernement et la cellule gouvernementale des conseillers de l’Élysée décident de traiter par le mépris cet avis qui leur est transmis, et envoient au charbon tous leurs chevau-légers plus ou moins lourdingues répandre leur venin sur cette gauche qu’ils exècrent et ces citoyens qu’ils honnissent.

C’est à ce moment-là qu’arrive Madame M. Le Pen, usant des vieilles ficelles bien connues de l’extrême-droite, familière des cabinets ministériels du gouvernement de Monsieur le président de la République et de la cellule gouvernementale des conseillers de l’Élysée. En tronquant, en agglomérant, en amalgamant, en se “ trompant ” par de malhabiles et malveillants glissements sémantiques, elle déplace le problème de celui qui est accusé [ et l’a reconnu en plaidant coupable ] de viol sur mineure, et on vous passe les détails, vers celui qui a utilisé les système du sexe tarifé pour assouvir ses fantasmes en fréquentant ces atmosphères de “ marché aux esclaves ” qui l’excitaient follement.

Ne comprenant pas grand-chose, quelque porte-parole du principal parti d’opposition s’engouffre dans ce qu’il prend pour une brèche et en remet une couche en feignant d’accréditer la thèse d’un passé de gauche à l’actuel titulaire du dicastère de la culture. C’est n’importe quoi : le neveu de Tonton, comme Tonton lui-même du reste l’a montré, n’a pas été de gauche, il a été surtout de “ ceux qui en sont ”, des cocktails, des soirées, des colloques et des relations entre ceux dont on sait bien que Papa a eu de la chance. Et ce n’est pas le fils de Monsieur le président de la République qui pourra dire le contraire !

Au bout du compte, il se trouve même un “ philosophe ”, qui plus est professeur à “ Sciences Po’ ” pour aller ergoter l’autre matin sur les ondes de la radio publique et en venir à l’énoncé bien connu des violeurs “ – Mais, elle m’excitait, Monsieur l’Président, et d’ailleurs, était-ce une enfant, alors qu’elle posait nue dans Vogue homme ? ”. Là, on est entré directement dans l’abject, quand les dominants, minoritaires [ on ne dira jamais assez que plus d’un Homme sur deux est une Femme ], prétendent justifier les pulsions malsaines qui les meuvent en allant défendre celui qui s’est en fait accusé deux fois : la première en plaidant coupable, la seconde en devenant fugitif.

Avec tout ça, et là, c’est le plus grand nombre qui est concerné, et pas seulement l’un des immenses artistes dont l’espèce humaine devrait s’enorgueillir d’en compter ne son sein, samedi matin 10 octobre, c’était le foutoir à la poste à Wissembourg. On attendait environ 20 minutes par usager sur fond d’images à gerber déversées par l’écran plasma de circonstance, histoire de nous faire passer le temps. Normal, pendant qu’on s’occupe des hommes [ ou des garçons comme je le lui ai entendu dire ] de l’un et de l’adolescente de l’autre, on casse méthodiquement tout le tissu social, industriel, administratif et culturel du pays, pour le plus grand profit des amis de Monsieur le président de la République, son gouvernement et la cellule gouvernementale des conseillers de l’Élysée. Bien vue, la manœuvre !

Commentaire laissé par : Régis Hulot ce 12 octobre 2006 à 09h48

Je dois avouer que je suis de ceux qui n'ont pas été insensibles à l'intelligence et à la culture de Frédéric Mitterrand. Il est de ceux dont la voix et le regard pourront rester dans ma mémoire car ils ont su créer en moi une sorte de résonance, toucher un recoin de sensibilité. On a bien le droit, après tout, d'être ce qu'on est et d'aller voter contre la privatisation de la poste après avoir passé une heure sur un banc public à lire Margaret Mitchell…

Mais toute cette affaire m'a donné la nausée.
Roman Polanski, remarquable cinéaste…
Frédéric Mitterrand, homme de culture…
Et Finkielkraut, l'autre jour à la radio, qui se méconduit honteusement sur le thème de la petite allumeuse de 13 ans qui en parait 18…

La question me semble être de savoir où on met la limite, et qui doit veiller à ce que la limite soit respectée par ceux qui sont en charge de l'État, de la Nation, des Peuples qui leur confient cette mission.

Donc.
Un ministre de la culture peut-il être “ allé aux putes ” avant sa nomination? Et est-ce plus grave dans le cadre de l'homosexualité que dans celui de l'hétérosexualité, est-ce plus grave quand le fait a été “ avoué ”, puis condamné par son auteur ?
Un ministre de l'économie peut-il habiter, avec femme et huit enfants, un appartement de 600 mètres carrés aux frais du contribuable ? Et est-ce plus grave quand il est, de plus, catholique et gendre du Pr Lejeune, farouche opposant à l'IVG ?
Une dépitée européenne peut-elle cacher qu'elle est maire (et donc rétribuée à ce titre) du VIIème arrondissement de Paris, puis cacher qu'elle est propriétaire d'un cabinet de conseil, cette dernière activité semblant être incompatible avec sa fonction de dépitée européenne ? Est-ce plus grave encore quand cette personne a été l'un des pires (par son incompétence) ministres de la justice connus à ce jour ?
Un jeune homme de 23 ans, étudiant en droit, conseiller général du plus riche département de France, peut-il être président de l'Epad, un organisme qui brasse les milliards, sans faire prendre de risques juridiques et financiers à cet organisme ? Est-ce pire quand ce jeune homme, par ailleurs tout à fait charmant bien qu'assez mal élevé et peu à l'aise dans les réceptions officielles, se trouve être le fils de Monsieur le président de la République dont les décisions tendent à accroitre dangereusement les déficits publics ?

Pendant que Mme Le Pen va chercher ses voix dans les pissotières, que certains socialistes lui emboitent le pas, que la droite décomplexée se distribue entre amis les derniers lambeaux de ce qu'elle n’a pas encore à la communauté nationale (la poste, mais aussi le PMU et la loterie nationale), ce sont toujours un millions d'enfants qui sont considérés comme pauvres dans ce pays.

Qui s'en soucie? Ni les unes, ni les autres, ni même ces journalistes qui tendent si complaisamment leurs micros.
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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