Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 00:01

Écoutez le discours de Jean Gabin en président du Conseil, c'est drôlement lucide ! (La dernière métaphore sur les "patrons de gauche" est délicieuse)

Stéphane

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Il est vrai que, comme d'habitude, Michel Audiard (dialoguiste du film d'Henri Verneuil) s'est offert, dans un genre qui ne lui est pas si familier, quelques bonnes saillies de derrière les fagots. La remarque sur les "patrons de gauche" aussi représentatifs du patronat que les poissons volants du reste des habitants des mers ne manque pas de charme. A noter qu'il manque, dans cet extrait, une partie de la tirade où le futur ex-président du conseil fait la liste des activités privées des députés qui l'entourent (on en a un seul exemple avec ce conseil juridique d'une grande entreprise), et cette litanie n'a pas pris une ride, même si les noms sont de fantaisie.

Comme le dit Wikipédia, il y a du Clémenceau dans cet Emile Beaufort, et de l'homme de gauche dans ce conservateur tout vibrant de le grandeur française. Mais ce film, tiré d'un ouvrage de Georges Siménon, est avant tout le boulevard offert à un Gabin déjà âgé mais en pleine forme qui trouve là l'occasion de montrer qu'il peut absolument tout jouer, ce rôle-là comme celui du vieil escroc qui s'offre un dernier "coup" dans "Le cave se rebiffe" la même année.

Sans oublier le contexte politique de l'époque. Depuis la fin 1958, De Gaulle est revenu au pouvoir, "dans les fourgons de l'Algérie française" peut-on affirmer sans risque d'erreur, en profitant des erreurs et des errements de la IVème république, de ce qu'il a appelé le régime des partis. Or, c'est bien ce que semble ici dénoncer ce "président", ce régime des partis, partis qui ne sont eux-mêmes que des syndicats d'intérêts. Hymne au gaullisme ou à De Gaulle, alors? Certainement, mais pas tout à fait. Gabin ne passait pas pour un homme de gauche, mais il évoluait dans un milieu qui se voulait progressiste, et qui comptait dans ses rangs un grand nombre de "compagnons de route" qui avaient également leur carte syndicale en poche. L'occasion était trop belle d'utiliser le portrait retouché de Clémenceau pour stigmatiser une droite qui commençait une reconquête pas encore achevée de nos jours, et toujours en cours.

RH
Commentaire n°1 posté par Regis Hulot le 29/11/2009 à 16h36

visites depuis le 01/01/08

Présentation

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés