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Écoutez le discours de Jean Gabin en président du Conseil, c'est drôlement lucide ! (La dernière métaphore sur les "patrons de gauche" est délicieuse)
Stéphane
Comme le dit Wikipédia, il y a du Clémenceau dans cet Emile Beaufort, et de l'homme de gauche dans ce conservateur tout vibrant de le grandeur française. Mais ce film, tiré d'un ouvrage de Georges Siménon, est avant tout le boulevard offert à un Gabin déjà âgé mais en pleine forme qui trouve là l'occasion de montrer qu'il peut absolument tout jouer, ce rôle-là comme celui du vieil escroc qui s'offre un dernier "coup" dans "Le cave se rebiffe" la même année.
Sans oublier le contexte politique de l'époque. Depuis la fin 1958, De Gaulle est revenu au pouvoir, "dans les fourgons de l'Algérie française" peut-on affirmer sans risque d'erreur, en profitant des erreurs et des errements de la IVème république, de ce qu'il a appelé le régime des partis. Or, c'est bien ce que semble ici dénoncer ce "président", ce régime des partis, partis qui ne sont eux-mêmes que des syndicats d'intérêts. Hymne au gaullisme ou à De Gaulle, alors? Certainement, mais pas tout à fait. Gabin ne passait pas pour un homme de gauche, mais il évoluait dans un milieu qui se voulait progressiste, et qui comptait dans ses rangs un grand nombre de "compagnons de route" qui avaient également leur carte syndicale en poche. L'occasion était trop belle d'utiliser le portrait retouché de Clémenceau pour stigmatiser une droite qui commençait une reconquête pas encore achevée de nos jours, et toujours en cours.
RH