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Aujourd'hui, mercredi 25 janvier 2012, J moins 89 pour le 1er tour, J moins 103 pour le second tour !
Appel à mails/fax pour empêcher l’expulsion de la famille Mahmuti vers la Hongrie
23 janvier 2012, 8h00 : ce matin, la police est venue
chercher la famille Mahmuti logée à Hauteville !!! C’est une famille kosovare avec 4 enfants, en situation Dublin II.
Comme ils étaient à la rue après un passage au CRA de Lyon l’été dernier, les élus locaux avaient pris la décision de mettre à
leur disposition un logement vacant. L’expulsion n’avait pas pu se réaliser parce qu’il manquait un enfant. Le préfet de l’Ain les avait prolongés d’un an.
Ce matin, six mois plus tard, nouvelle tentative : à 11h00, les enfants étaient dans des voitures de police.
Une vingtaine de personnes était rassemblées dans le chemin qui mène à la maison et empêchaient les voitures de police de
quitter les lieux.
Des CRS auraient été appelés en renfort. La police attendait des ordres.
La situation devient critique.
23 janvier 2012, le point à 17h00 : ce matin à 8 heures, Selina, 9 ans, pousse la porte
pour partir à l’école de Hauteville, où elle se plaît et apprend le français à toute allure. Mais de chaque côté de la porte, il y a un homme ; elle est immobilisée, et d’autres hommes
apparaissent aux alentours.
Au même moment, le président de la communauté de communes, qui est médecin, se rend à une visite et passe devant la maison mise
à la disposition de la famille. Il observe une présence inhabituelle, et prévient les citoyens du collectif « Plateau Solidaire ». Quelques minutes plus tard, plusieurs voitures sont
garées sur l’unique chemin qui mène à la maison.
Les gens assistent à l’arrestation. Les policiers de la PAF emmènent le fils, qui a été menotté parce qu’il se débattait. Selina
est au sol, immobilisée, parce qu’elle fait une crise de nerfs. Tous les membres de la famille sont placés dans des voitures, sans bagages. Mais les citoyens refusent de déplacer leurs véhicules.
Il faut dire que le plateau de Hauteville a une longue tradition de résistance. Un garagiste a été appelé pour enlever les voitures, mais il refuse.
Beaucoup de tension, de pression, de mouvements. Et il fait froid dehors. Les gens organisent un petit déjeuner, et obtiennent
que la famille retourne dans la maison pendant les négociations. Selina explique à un journaliste comment les demandeurs d’asile sont traités en Hongrie, parfois sans nourriture. Elle ne veut pas
y retourner. Des élus, dont le maire de la ville, obtiennent l’assurance qu’on va les emmener au CRA et non directement dans un avion. L’avocate est prévenue.
Selina n’a pas connu le CRA l’été dernier, mais elle en a entendu parler. Elle répète qu’elle préfère mourir. Elle dit aux
policiers : « tuez-moi, mais je n’irai pas. » Certains policiers sont mal à l’aise, d’autres disent que la Hongrie est un pays qui respecte les droits de l’Homme ( !). Selina menace de
mettre fin à ses jours au CRA.
C’est sans issue, les amis les plus proches de la famille aident la mère et le père à calmer leur fille, préviennent la
préfecture et le CRA pour que Selina soit suivie. La police fait comprendre aux citoyens mal garés qu’ils seront poursuivis. Un autre garagiste est arrivé et va enlever les véhicules. Finalement,
la mort dans l’âme, on laisse faire, impuissant, dégoûté, incrédule que des scènes déchirantes comme celle-là puissent se dérouler en France.
La famille Mahmuti fait partie de la vie de cette petite ville. Ils sont acceptés par les habitants, soutenus par la commune,
ils participent aux jardins collectifs, sont en bons termes avec tout le monde. Est-ce cette solidarité toute simple que l’on voudrait éradiquer ?
À 14h30, les voitures partent. Tout le monde est atterré. Qu’aurait-il fallu faire ? Au début, la famille n’était jamais
réunie la nuit, il en manquait toujours un. Mais les habitudes d’une vie familiale normale ont été les plus fortes. À 16h30, le CRA appelle et nous les passe : ils sont arrivés.
Merci d'adresser des courriels au préfet de l'Ain pour qu’il sache que nous sommes vigilants et déterminés à ne pas laisser expulser cette famille.
Modèle de courrier à adresser aux adresses suivantes :
philippe.galli@ain.gouv.fr
prefecture@ain.gouv.fr
Fax : 04 74 23 26 56
Monsieur le Préfet,
En juillet dernier, l'expulsion vers la Hongrie de la famille Mahmuti n'a pas pu être exécutée, après avoir refusé d'enregistrer
sa demande d'asile en France, vu leur statut " Dublin II ".
Vous avez décidé de mettre en œuvre ce 23 janvier, l'expulsion de la famille Mahmuti vers la Hongrie, qui fait l’objet
d’au moins trois observations de la part de la commission européenne quant aux libéralités qu’elle s’accorde par rapport à la liberté de la presse, à la séparation des pouvoirs et aux droits des
minorités, excusez du peu.
Je m'associe à tous les habitants de Hauteville qui ce 23 janvier ont manifesté leur désaccord, leur honte de voir
fouler aux pieds la devise républicaine qu’il est toujours intéressant de rappeler, Liberté, Egalité, Fraternité, en retardant l'exécution de cette action.
Les citoyens ont pu mesurer une nouvelle fois que les mesures prises "au nom de la loi" pour expulser sont sans
limites.
Je vous demande de revenir à des décisions humainement plus justes, de renoncer à nouveau à l'expulsion de la famille Mahmuti
vers la Hongrie, pays qui n'a pas envie de respecter le droit d'asile en vertu de la xénophobie qu’il y fait régner par l’intermédiaire de groupes armés paramilitaires soutenus pas le
pouvoir.
Nous en sortirions tous rassurés et grandis.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de haute considération et de mon attachement aux valeurs d'humanisme rappelées
dans le préambule de la Constitution :
Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale
tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de
l'environnement de 2004.
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