Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 11:42

Faut-il un complément, une expérience complémentaire à ce qu'écrit l'excellent Pumpernickel au sujet des arracheurs d'OGM, qui apparaissent comme un peu moins menteurs que les arracheurs de dents qui nous gouvernent...

Un heureux hasard a voulu que toute la famille d'Hulot trouve, sur la route des vacances, un douillet et chaleureux refuge pour y passer une nuit réparatrice. Je ne reviens pas sur la qualité de l'accueil de nos hôtes, excellente, puisque ce n'est pas le sujet du jour.

Ces gens qui nous ont ouvert si largement leur porte sont éleveurs de cochons, et de cochons “ labellisés ”, c'est à dire que le jambon, les côtelettes ou le pâté qu'on fera de ces petites bêtes est considéré comme de moyenne, voire de haute gamme. Les étiquettes, toutes plus belles et explicatives dont seront ornés ces produits, sont là pour le prouver.

Longs bâtiments de parpaings, couverts en fibro-ciment, disposés en escalier parmi les grands arbres des collines du Périgord.

Dans le premier, deux rangées de cages, moins d'un mètre de large, et la longueur de l'animal. L'anus au dessus d'une rigole (collecte du lisier), le groin d'une autre rigole (où coule la soupe qui nourrit les animaux – mélange de diverses farines et compléments alimentaires, sans oublier les produits vétérinaires). Ce sont les futures mères, repérées, en vue de l'insémination artificielle, par un verrat qui jouera le rôle de boute-en-train, mais ne fournira que la semence (toute la gêne, et pas le plaisir...). En une seule fois, on récupère de quoi inséminer une dizaine de truies, car il n'y a pas de petites économies.

Dans un autre, la maternité. Ces truies sont bonnes filles. Repérées pour leur grande fertilité, elles le sont aussi par la propension qu'elles ont à développer un nombre important de mamelles. Plus la bête allonge, tout en gardant le même nombre de vertèbres et de côtes, plus elle donne de chair entre ces côtes, et plus elle peut aussi avoir de mamelles.

Les cages ici sont un peu plus grandes. Rien de trop, pourtant, les animaux peuvent se poser sur le flanc, mais auront bien du mal à faire demi-tour sur place. Sous elles, les porcelets, qui commencent dans la vie par l'apprentissage de la souffrance : sitôt mis bas, les voici dans les mains du porcher qui accomplit trois gestes. Limer les dents (pour éviter de blesser les mères), couper la queue (pour l'hygiène), piquer d'une bonne dose de... là, je ne sais pas s'il s'agit de vaccin, d'antibiotique, ou d'autre produit censé améliorer le résultat final.

Évidemment, il y a du déchet. Chaque jour, on doit ramasser quelques cadavres, qui partiront à l'équarrissage, où on fera des sous-produits qui, on l'a vu, pourront se retrouver dans la soupe des mêmes cochons, du moins leurs frères ou leurs enfants. D'où un hygiène assez sévère, dans un esprit curatif essentiellement, ce qui n'est déjà pas si mal, du moins un moindre mal. Il faut dire que dans de telles conditions, la moindre maladie contagieuse se répandrait en quelques heures, détruisant tout l'élevage.

Au bout de quelques semaines (trois ?), les porcelets sont sevrés, et expédiés dans un autre élevage où il seront engraissés par un autre éleveur qui travaille “ à façon ”. Il n'est pas propriétaire des animaux, il n'a aucune initiative quant aux techniques d'élevage ou à l'alimentation, il fournit seulement les locaux et sa force de travail, avec un résultat obligatoire à la sortie. Puis, si j'ai bien compris, il y a encore un troisième stade (la finition ?) avant le passage par l'abattoir. D'où sortent les carcasses...

Nos hôtes étaient charmants, attentifs, prévenants. Amateurs de bonne chère, aussi. Quand ils font du pâté, du boudin, des rillettes, j'ai cru deviner qu'ils faisaient élever les animaux destinés à leur usage personnel dans d'autres conditions. Ce qui fait honneur à leur jugement.

Publié dans : Régis Hulot - Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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