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Doit-on comprendre que pour remettre un semblant d’ordre dans le chaos qu’il a organisé pour briser les syndicats et intimider
les salariés le président de la République va faire appel à l’ancien avocat de Monsieur B. Tapie, à la résurrection financière duquel nous sommes heureux d’avoir collectivement
participé ?
On l’oublie trop, ce ministre d’État qui doit s’occuper des transports et de l’écologie a eu une vie antérieure.
Il a été l’avocat de celui qui apparaît comme une sorte de prestidigitateur au bagout délicat qui s’est fait une spécialité de
“ sauver ” des entreprises [ n’oublions entre autres Adidas et Testut et demandons aux infortunés salariés de ces entreprises ce qu’ils pensent du bonhomme ] avant ou en même
temps qu’il se piquait de “ politique ”, prétendant défier n’importe qui sur n’importe quel terrain. Cela s’est soldé par des échecs calamiteux tant en football [ où les matchs
truqués ont eu raison du velléitaire déguisé en homme d’action ] qu’en politique [ où on a vite fait le tour des propositions de ce personnage qui n’a pas hésité à conduire une
“ politique de la ville ” en même temps qu’il meublait, somptuairement, son hôtel particulier parisien ou qu’il armait son yacht ]. Tout ce charivari nous a emmenés, après quelques
péripéties judicaires, à la case “ saltimbanque ” où tout le monde est d’accord pour dire qu’elle est une sorte d’accomplissement. Dis-moi qui sont tes amis, et je te dirai qui tu
es.
Il a aussi été maire de Valenciennes où il se raconte qu’il fourmillait d’idées, qu’il a redonné à la ville un dynamisme qu’on
ne lui connaissait pas, où il a créé à coup de “ zones franches ” et autres “ communautés de ville ” un “ cœur de ville ” que la Terre entière envie à ses
administrés.
Il est vrai que s’il a aussi bien réussi là-bas qu’il est parvenu à enfumer tout le monde avec son “ Grenelle de
l’environnement ” développé avec son compère, l’animateur de TF1 adepte de la commandite des plus grands pollueurs nationaux, il est normal qu’il jouisse d’une popularité qui a tout de même
ses limites puisqu’il n’est jamais parvenu à faire que deuxième à l’échelle régionale.
Dans l’affaire qui préoccupe la France, celle de la casse du système des retraites tel que le Conseil national de la Résistance
l’avait théorisé dans “ les jours heureux ”, il a été d’une insignifiance qui force l’admiration et qui lui donne évidemment toute l’étoffe de prétendre au premier larbinat d’un
président de la République qui s’assied sur ses engagements [ rappelons-nous son opposition ferme et définitive sur la privatisation de GdF, rappelons-nous son engagement ferme et définitif
sur la retraite à 60 ans, rappelons-nous sa promesse ferme et définitive de revenir à Gondrange, rappelons-nous etc.… ] en moulinant à droite et à droite pour tenter de survivre à
défaut d’exister.
De même peut-on s’interroger sur l’intérêt de sa nomination alors que la mise en route de ce qui a été appelé
“ Grenelle 2 ” ne parvient même pas à émerger de ses fulgurances verbales frappées au coin de ce fameux bon sens du zinc du café du commerce. Tout cela est évidemment indigne de
l’histoire de notre pays qui ne saurait se reconnaître dans ces assemblages hétéroclites d’ambitions médiocres et de frustrations inassumées.
À l’évidence, nous sommes en pleine zone d’excessives turbulences.
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