Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 17:17

Ainsi que l'annoncent les agences de presse, c'est demain que le nouvelle directrice générale du fonds monétaire international, ancienne ministre de l'économie d'un pays qui salue sa nomination par la publication d'une statistique accablante [ encore un déficit commercial record de plus de 7 millards d'euros pour le mois de mai ! Et qu'aurait-on pensé  si on avait lu que ce déficit s'établissait à 46 millards de francs ? ], venant il est vrai en même temps que celle des ménages surendettés qui sont maintenant plus d'un million [ pour mémoire, rappelons qu'il y a en France environ 26 millions de ménages, c'est-à-dire que le surendettement concerne environ 5% de la population, encore bravo à la politique économique de Madame la directrice générale du FMI ], demain donc qu'elle saura si la Cour de Justice de la République décide ou non d'ouvrir une enquête sur son rôle dans le “ règlement ” de “l'affaire Tapie ”. Faut-il ou non s'en faire pour elle ? A-t-elle les mêmes possibilités financières que son prédécesseur pour convaincre les plus talentueux ténors du Barreau pour assurer sa défense ? Est-elle aussi confiante qu'elle en donnait à voir lorsqu'elle fanfaronnait qu'elle ne redoutait rien, oubliant sans doute, mais c'est évidemment par étourderie, d'ajouter "ni personne" ? Quelles assurances ont bien lui être données, et par qui, pour qu'elle puisse en prendre à son aise, et avec quelle arrogance, avec l'un des plus galonnés de l'administration judiciaire ? Autant de questions qui ne doivent pas l'empêcher de dormir, certaine de pouvoir déclarer, selon la formule consacrée, qui ne veut tout, et surtout ne rien, dire qu'elle a confiance en la justice de son pays.

Avant de s'endormir, elle pourra aussi méditer, outre sur le sort des millions de ses concitoyens auxquels sa politique a savonné la planche en les condamnant au chômage, à la précarité, à la soupe populaire, au travail partiel contraint, à la baisse des retraites et pensions, aux coupes sombres dans les budgets sociaux, à la concurrence de préférence entre parents et enfants, à l'exposition obscène des dizaines de millairds distribués à ceux qui ne savent comment employer le superflu quand on mégotte les centimes à ceux qui manquent de l'essentiel, à ces oubliés de la société que ses “comptables” à la petite semaine abandonnent dans les hospices pour nécessiteurx, elle pourra donc méditer sur les engagements “éthiques” [ évidemment, c'est moins contraignant que “ moral ” ] que ceux qui l'ont cooptée lui ont demandé de souscrire. Citons-les, et essayons de ne pas éclater de rire :

respect des règles les plus élevées en matière d'éthique, en accord avec les valeurs d'intégrité, d'impartialité et de discrétion,

refus de de toute mauvaise conduite même si elle n'est qu'apparente,

participation à une formation à l'éthique assurée en “interne”,

absence de conflit d'intérêts,

refus de tout cadeau d'un gouvernement ou d'une organisation autre que le Fonds,

rupture de tout lien éventuel avec le secteur privé.

Certes, à 32 000 euros par mois, on peut passer un peu de temps à ne pas commettre de faux pas.

Ce qui est tout de même surprenant de la part de ceux qui l'ont mise là où elle est, c'est qu'ils semblent reconnaître qu'ils ont nommé une professionnelle dont ils pensent qu'elle a besoin de leçons de morale, alors que, compte tenu des circonstances de la démission de son prédécesseur, on aurait pu pensé qu'ils s'en remettent à quelqu'un dont l'intégrité pouvait être tellement peu remise en cause qu'il était superflu d'assortir sa nomination de l'assimilation de la dernière édition de “ l'éthique pour les nuls”.

Toute cette comédie est pathétique. Elle donne des principaux responsables de la planète l'image de personnage déphasés, soucieux du bon déroulement de leur carrière, médiocres dans leurs ambitions et manquant singulièrement d'humilité. Quelle crédibilité peut bien avoir celle qui n'a fait que doubler la dette du pays qu'elle est si prompte à quitter quand c'est pour remplacer celui qui ne doit sa liberté qu'aux ressources financières de sa richissime épouse, qui promet de “ ne pas oublier ceux qui [lui] ont craché à la gueule ”, manière de montrer que l'on peut être immensément riche en même temps que communément vulgaire ? Pendant ce temps, tous ces gens qui se connaissent, se fréquentent, trinquent ensemble le plus souvent aux frais des autres, lèvent l'impôt pour prêter à ceux qui ont provoqué la énième crise que nous supportons tous, n'ont jamais un mot, etsurtout jamaisun acte pour alléger le fardeau des miséreux. Terminons par une comparaison : les 500 les plus riches possédent autant que les 500 millions les plus pauvres, ce qui signifie que si ces 500-là donnaient la moitié de ce qu'ils ont, les 500 millions d'autres verrait leur situation améliorée de 50%. Mais sans doute n'y ont-ils jamais pensé ?

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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