Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /Août /2010 21:02

On nous annonce que Monsieur le premier ministre vient de se réjouir de l’acquisition du groupe britannique International Power par le combinat français issu d’une privatisation que Monsieur le président de la République s’était engagé à empêcher du groupe public Gaz de France racheté par le groupe Suez lui-même frère siamois du groupe Lyonnaise des eaux. Cela fera d’un groupe français la seconde capitalisation boursière dans le domaine de l’énergie et devrait aller droit au cœur des ouvriers dont on s’apprête à amputer, et dans quelle démesure, les droits à une retraite paisible.

Gaz de France – Suez, voilà des gens dont il est intéressant de connaître les pratiques au quotidien lorsqu’il s’agit de (mal)traiter les ci-devant usagers transmutés malgré eux en clients.

Il y a près de deux ans, Antoine M. [ qui désire garder l’anonymat ! ] reçoit une relance pour une facture de gaz d’environ 550 € qu’il pense pourtant avoir réglée par T.I.P. [ c'était le cas, le T.I.P. ayant été encaissé ]. Se fiant à la bonne foi de ces gens, il envoie un chèque avec un mot leur demandant, au cas où il s’agirait d’une erreur de leur part, de bien vouloir détruire le chèque. On aurait pu en rester là si on était entre gens qui savent mettre en œuvre les principes de la bonne éducation que nous avons reçue de nos parents.
Que firent les services financiers de Gaz de France – Suez, ils touchèrent le chèque ! Et il fallut qu’Antoine M. les relance quotidiennement, qu’il écrive à chacun des membres du conseil d’administration [ aucun n’a eu la courtoisie d’accuser réception du courrier pourtant nominatif ], qu’il parvienne à trouver enfin un interlocuteur avec une adresse pour obtenir, près de deux semaines plus tard qu’on lui restitue son argent qui lui avait été, osons le mot, volé.
Antoine M. avait aussi des exigences, en particulier qu’on lui envoie une lettre signée par quelqu’un [ et non une réponse automatique informatique ] dans laquelle cette entreprise que l’on avait cédée au privé lui présenterait ses excuses pour le désagrément causé et lui confirmerait qu’aucune mention d’un quelconque incident de paiement ne figurerait sur son compte. Obtenir cette lettre a nécessité encore d’innombrables démarches, mises en garde, semonces qui ont tout de même été couronnées de succès. Cependant, devant l’évidente mauvaise volonté de ces gens qui en prennent à leur aise avec l’argent et la propriété publiques, Antoine M. a décidé de fractionner ses paiements en plusieurs chèques, seule méthode étant susceptible d’ennuyer ceux qui l’avaient particulièrement contrarié.

On en était là jusqu’en juin dernier lorsque les services financiers de Gaz de France – Suez ont prétendu qu’Antoine M. n’avait pas payé l’intégralité de sa dernière facture d’électricité. Mauvaise pioche pour des gens qui ont des pratiques pour le moins douteuses puisque ce paiement était fractionné en 3 chèques, qu’ils ont été encaissés en même temps, le 17 juin [ sa banque a d’ailleurs confirmé à Antoine M. que c’était bien Gaz de France – Suez qui avait encaissé ces 3 chèques ], et qu’il était fort étonnant que Gaz de France – Suez trouvât la trace de deux d’entre eux en perdant celle du troisième. Seconde relance le 5 juillet avec les sommations d’usage [ on vous coupera le gaz, ça vous coûtera 88,83€, mais vous pouvez faire appel aux services sociaux tant du département que de la commune, et autres fadaises ], puis, après un coup de téléphone orageux, une lettre datée du … 14 juillet dans laquelle un mystérieux conseiller déclare que la demande va être prise en compte et qu’il y sera répondu dans les meilleurs délais.
Thèse, antithèse, foutaise, a-t-on coutume de dire. Cette fois, la coupe étant pleine, re-coup de fil auquel la collaboratrice de Gaz de France – Suez choisit de mettre fin, puis encore un coup de fil et un interlocuteur qui semble avoir du galon qui déclare ingénument [ il pense sans doute que ce qu’il dit est vraisemblable ] que la demande vient d’être fort opportunément traitée par le service compétent [ les concernant, c’est vraiment le qualificatif qui convient ] et qu’il va y être donné suite. “ Mais pouvez-vous me donner l’intitulé de votre compte bancaire ? ” On croit rêver devant une telle mauvaise foi, une semblable accumulation de mensonge, une pareille dissimulation de la responsabilité. Antoine M. a tout de même fini par arracher, mais ça lui a manifestement coûté, et sans doute n’en a-t-il pas l’habitude, quelques mots d’excuses maladroitement bredouillés par un personnage qui déshonore un peu plus l’entreprise qui l’emploie.
Notre petit monde a maintenant une semaine pour régulariser la situation d’Antoine M. qui a déjà prévenu qu’il porterait à la connaissance de ses amis les mauvaises manières d’un groupe industrialo-financier qui se conduit en fait comme un usurpateur du nom d’une ancienne entreprise publique.

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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