Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /Mars /2007 00:06

Tous au conseil municipal du 27 mars 2007 à 18h00, à la maison commune (qui nous appartient !).

Séance marathon en perspective aves pas moins de 23 points au programme, dont l’examen du budget primitif qui est l’acte majeur d’une démocratie. Que chacun fasse donc le maximum pour honorer le conseil de sa présence, ce sera une bonne façon de montrer à ceux qui sont censés prendre des décisions en notre nom, pour notre bien et dans l’intérêt général que nous ne les oublions pas (en particulier dans un an lorsqu’il s’agira de congédier l’équipe actuelle pour la remplacer celles et ceux qui vont faire souffler sur Wissembourg l’air du renouveau et de la modernité…).

Notons que l’approbation du compte rendu du précédent conseil n’est pas prévue, cela devient une fâcheuse habitude qui mériterait d’être relevée par l’opposition.

Point 1 : la note de synthèse annonce la venue de Madame Mallet, architecte urbaniste, qui développera ce point lors de la séance. Ça devient une habitude que d’inviter des extérieurs pour faire mousser les "projets" de qui nous supportons. Serait-ce qu’il aurait du mal à le faire lui-même ? On ne se lasse pourtant pas de ses interminables prises de parole sur le thème invariable de "une phrase, une heure", car pendant qu’il monopolise le temps, il empêche les autres de s’exprimer, et finit par complètement les anéantir. Moi-même, … On va sûrement en apprendre de belles durant ce moment historique à grand renfort de "Power Point" et de fortes réflexions que je vous promets de noter. Mais le mieux serait tout de même que vous veniez vous-même, le spectacle est gratuit, entrée dans la limites des places disponibles, et pas besoin de réserver.

Point 2 : le budget primitif, une petite vingtaine de millions d’euros pour une petite ville de 8170 habitants (page 2 du document remis aux conseillers municipaux) répartis également entre fonctionnement et investissement.

Le survol rapide de ce document fait apparaître quelques indices qui traduisent quelques habitudes qu’il faudrait expliquer.

Chapitre 617 : les "études et recherches" bondissent de 41 000 à 55 000 euros, soit 34% d’augmentation. Il faudrait qu’ils nous disent ce qu’ils étudient pour ce prix-là et surtout ce qu’ils envisagent de trouver.

Chapitre 6226 : même chose pour les "honoraires" qui passent de 143 000 à 185 000 euros (près de 30% d’augmentation).

Chapitre 6232 : + 6,5% pour "fêtes et cérémonies". S’agit-il de préparer dignement le réélection attendue de l’équipe qui ne saurait perdre ?

Chapitre 6236 : on récidive avec + 11% pour "catalogues et imprimés". Mais au fait, qu’est-ce qui se cache derrière cet intitulé ?

Chapitre 6247 : + 16% pour "voyages et déplacements" dont on se demande qui ils concernent.

Chapitre 6531 : c’est le préféré de Pumpernickel car il concerne les indemnités des élus qui s’arrogent une petite augmentation de 2,3%, soit plus que l’inflation qu’ils prétendent avoir prise pour base (1,6%), mais on est habitué. Ce seront tout de même 133 000 euros qui seront généreusement distribués aux 10 fortunés bénéficiaires de la manne municipale, soit 13 300 par tête, mais on sait qu’ils ne sont pas logés à la même enseigne.

Chapitre 6533 : + 77% ( !, oui, vous avez bien lu, + 77%) pour "cotisations retraite élus", passant de 13 000 à 23 000 euros. Comme tout le monde peut le constater, les sacrifices s’appliquent à tout le monde, y compris aux régimes spéciaux dont les amis politiques du maire de Wissembourg réclament le démantèlement ! Remarquez, pour eux, pas de problème, puisque c’est le budget collectif qui paie. Il serait intéressant de constater qu’ils soient interpellés sur cette question, ainsi que sur les contradictions qui semblent dicter leur ligne de conduite, y compris collective.

Chapitre 6534 : en revanche, les "cotisations sociales part patronale élus" n’augmentent que ( !) de  17%, une misère en quelque sorte. Quand on vous dit que l’on est écrasé par les charges, on ne peut que le constater.

Chapitre 657362 : il concerne le CCAS. C’est là que l’on mesure la dimension sociale de l’équipe municipale puisqu’il règle les cas difficiles de ceux qui sont confrontés aux affres de la vie, perte d’emploi, familles disloquées, insertion sociale. Ceux-là se contenteront de moins de 4% d’augmentation. Ce qui revient à dire que l’on dépense moitié moins pour aider les recalés du bonheur néolibéral de M’sieur l’Maire que l’on verse à 10 personnes forcément extraordinaires qui se dévouent au quotidien et sans compter pour l’intérêt général. Ce serait grotesque si ce n’était tragique.

Chapitre 656 : il donne la possibilité aux groupes représentés au conseil municipal de disposer d’un budget de fonctionnement. Mais à Wissembourg, "Sa Très Gracieuse Personne" a décidé de faire des économies, il est donc à zéro. C’est le signe que l’on donne à la démocratie tous les moyens de s’exprimer. Encore bravo.

Les recettes sont aussi intéressantes à regarder de près en ce qu’elles remettent certaines assertions à leur vraie place.

Ainsi, au chapitre 7311, "contribution directes", on passe de 4 791 000 euros à 5 032 000 euros, soit une augmentation de d’un peu plus de 5%. Ces 5 032 000 euros sont tirés directement de la poche des contribuables qui peuvent alors constater que l’augmentation n’est pas de 1,10% comme on l’indique imprudemment au point 4 de l’ordre du jour (fixation des taux et des contributions directes), mais bien de 5%. En effet, comme Pumpernickel l’a déjà écrit, les bases d’imposition sont "revalorisées" par les services du Trésor qui appliquent une augmentation correspondant à l’inflation. En décidant de passer de 13,88% à 14,03 de la taxe d’habitation, les services de la municipalité ne font qu’appliquer une augmentation à une augmentation, en se réfugiant derrière un maladroit "sachant que l’inflation pour 2006 est de l’ordre de 1,6%", en gras sur la note de synthèse. Comme Pumpernickel n’est pas cruel, il ne rappellera pas que selon les assemblées dans lesquelles il siège, le taux d’inflation varie selon le maire de 1,6 à 2,6%. Voilà qui lui donne toutes les références pour postuler sans tarder au prix Nobel d’économie.

Ceux qui n’auraient pas été convaincus sont invités à se rendre au chapitre 7411, celui de la "dotation forfaitaire" qui passe de 1 880 000 euros à 1 904 000 euros, soit 1,3% d’augmentation, signe que l’Etat sait, lui, ce que c’est que de s’en tenir à l’inflation.

Chapitre 745 : la "dotation spéciale instituteurs" passe elle de 2 500 euros à zéro. Il n’y a pas de petite économie.

Dans les dépenses dites d’investissement, on pioche au hasard qui fait bien les choses car il n’existe pas. 35 000 euros pour une "étude" cent fois remise sur la traversée d’Altenstadt. C’est tellement énorme que l’on croit à un gag. Et encore 300 000 euros pour remplacer le train-train touristique qui donne tout de même une image dynamique de la ville : tout le monde assis à se balader dans une ville où les distances se mesurent en minutes. Mais qui le sait, sûrement pas ceux qui sont en permanence assis dans leur voiture à encombrer les rues et empuantir l’air respiré par leurs concitoyens.

Et encore 300 000 euros pour les parcours historiques de Maître Rizotti dont on se demande encore sur quelles bases ils ont été établis. Sans commentaire !

On vend le patrimoine dans le chapitre des cessions d’actifs : un peu plus d’un millions d’euros pour le Palais Stanislas et l’ancienne douane et quelques divers. Et quand on aura tout vendu, il restera quoi pour les suivants ?

Bonne nouvelle, 100 000 euros en provenance d’Alsabail et du fameux prêt gratuit consenti aux entreprises Bruker Eurofullfill. Enfin, gratuit, peut-être pas pour tout le monde puisque la municipalité avait emprunté pour avancer cet argent et qu’elle paie 16 500 euros au Crédit Agricole à 4,45% (voir tableau annexe, éléments du bilan et de la dette, page 18 du document remis aux conseillers municipaux). Et qui paie ?

On va s’arrêter là parce que la barque est près de chavirer, et on attend avec gourmandise les "explications" de mardi soir, en espérant que des voix se feront entendre pour porter une vraie contradiction, pointant les contradictions et les choix antisociaux d’un curieux équipage. Et peut-on rappeler que 15 000 euros vont encore être  "utilisés" pour faire une "étude" sur les parcours cyclables sur le territoire de la commune ? Que va-t-on encore inventer à ce sujet ? Qui va-t-on consulter pour résoudre cette si difficile question ? Les commentaires sont maintenant superflus.

Point 3 : des autorisations de programme et de crédits de paiement vont être mis en place pour les fameux travaux à l’école Wentzel, au Relais culturel, l’allée des ex-Peupliers (et là, on n’est pas près d’en voir le bout puisque c’est la moitié de la seconde phase qui est programmée !) et les accès au Collège. Sur ce dernier point, et suite probablement aux mises au point parues dans Pumpernickel ces dernières années, le maire précise tout de même en conseil municipal que l’origine des travaux, à savoir la reconstruction du collège, ne vient pas de la commune mais du Conseil général. Il y a un progrès indéniable.

Point 4 : la fixation des taux d’imposition reprend les mêmes antiennes que les années passées,  c'est-à-dire que leur augmentation ne dépasse pas les variations de l’inflation. C’est partiellement vrai puisque les bases ont déjà été majorées, mais comme ce point a déjà été abordé, point n’est besoin d’y revenir. On paiera plus, et puis c’est tout, le reste n’étant que piètre littérature.

Point 5 : l’intercommunalité commence à coûter un peu cher. Environ 700 000 euros seront consacrés à abonder les comptes des diverses structures censées nous simplifier la vie, alors qu’elles sont, au moins pour la communauté des communes (président, nombreux vice-présidents, personnel administratif, siège somptuaire pour fournir des bureaux à des gens qui en ont déjà), des doublons voire des "triplons" dont la prolifération a été dénoncée par la Cour des Comptes, présidée par l’ancien chef de file du RPR, dont peu suspect de sympathie à l’égard de Pumpernickel. Mais il paraît que l’efficacité est à ce prix.

Points 6 & 7 : les demandes de subventions ainsi que leur attribution relèvent de la justice et de la cohésion sociales. Cela n’appelle aucun commentaire particulier.

Point 8 : le budget primitif "eau" ramène une fois de plus à la tarification qui est peu incitative au principe de sobriété qui devrait commander toutes les décisions prises par une collectivité agissant de manière responsable. Rien n’est envisagé pour diminuer la consommation globale qui fait baisser de manière dramatique le niveau de la nappe phréatique, occasionnant des dommages dont des bâtiments multiséculaires font les frais. Tout cela n’a pas l’air de beaucoup émouvoir ces "responsables" qui ne semblent préoccupés que par la satisfaction d’une demande toujours croissante qu’ils encouragent sans montrer qu’ils s’interrogent sur les conséquences de leurs décisions. Passons.

Point 9 : mêmes remarques.

Point 10 : le moins que l’on puisse remarquer, c’est le caractère succinct de la note que l’on vous livre brute de décoffrage.

Recettes et dépenses totales de fonctionnement :          980 000,00 €
Recettes et dépenses totales d’investissement :             591 924,08 €
On ne saurait être plus clair.

Point 11, 12 & 13 : relèvent de la gestion administrative ordinaire.

Point 14 : affaires scolaires, évolution. On a échappé à "questions scolaires" mais la façon dont les choses sont présentées a de quoi interroger quiconque a pu converser avec des parents d’élèves.
Tout est dans le "en accord avec les enseignants et les parents d’élèves" qui revient de façon lancinante dans la note remise aux conseillers municipaux (page 10). Ces décisions de transfert d’élèves d’une école à l’autre ont été prises de manière individuelle par la mairie qui en a fait part lors des conseils d’école. Il n’a pas été question de discuter de décisions déjà prises qui vont mettre la ville sens dessus dessous du fait d’une politique des transports complètement dépassée, attirant des flux de circulation dans des cul-de-sac et rejetant les enfants les plus jeunes à l’extérieur de la ville mais on a l’habitude on a déjà vu avec l’énorme bévue de l’implantation du nouveau lycée qui génère en période scolaire des embouteillages que plus personne n’ose contester et qui avaient été annoncés dès 1989. Comme on ne change surtout pas une équipe qui perd, on prend les mêmes et on recommence. Reprenons donc à notre compte cette supplique de Guillaume d’Orange : "Mon Dieu, ayez pitié de mon pauvre peuple ! ". j’avoue avoir eu du mal à comprendre ce qui est écrit sur la note (page 10) et j’attends avec l’impatience que vous devinez "l’explication" qui va être donnée par le titulaire de la légion d’honneur au titre des services rendus à l’éducation nationale, spécialiste de l’utilisation du subjonctif.
Notons que 28 élèves par classe, ça n’a pas l’air d’émouvoir grand monde, sauf peut-être les enseignants qui savent, eux, ce que c’est que de s’occuper d’enfants auxquels il faut faire comprendre l’intérêt et la supériorité de règles organisées de vie en société humaine, de préférence à celles à celles qui sont issues du modèle économique de mise en concurrence des individus préconisées par les amis politiques de l’encore municipalité wissembourgeoise.

Point 15 : 5% de dépassement de facture sur le lot peinture du chantier de la commanderie rue de l’ordre teutonique, c’est pas mal, plus de 17% de dépassement de facture sur le toit de la même commanderie, c’est encore mieux en ce que cela témoigne de l’esprit de prévision qui souffle sur ceux qui gèrent l’entretien et la réfection des encore bâtiments publics.

Point 16 : cette fois, c’est près de 9% de dépassement pour les aires de jeu. Mais que fait l’adjoint chargé du dossier ?

Point 17 & 18 : les élus doivent être assurés lors des importantes et irremplaçables missions qu’ils accomplissent dans l’intérêt général et au service de la collectivité, que dis-je, de la communauté wissembourgeoise. Il revient par conséquent à leurs administrés de payer les primes qui leur permettront d’aller et de venir sans qu’il en coûte quoi que ce soit si pour notre malheur, et leur, un accident survenait. Bonne nouvelle, non contents de cracher au bassinet pour leur financer une retraite (voir budget), nous allons payer un peu plus pour leur éviter de régler la franchise pour une aile froissée ou rétroviseur écorné. Bon.

Point 19 : relève de la gestion administrative ordinaire.

Point 20 : il est toujours amusant de lire que la commune va mettre du personnel à la disposition de la communauté des communes. Cela fait de l’argent qui circule, allant d’une poche à l’autre sans que rien ne change puisque les mêmes gens accompliront les mêmes tâches. Mais les apparences sont sauves, et ceux qui font profession, à Paris ou lors de réunions électorales, de dénigrer tous ces fonctionnaires qui forcément des sangsues qui épuisent les forces de la nation, ont la satisfaction d’avoir fait écrire une note de service qui sera visée par quelque directeur général qui y apposera son paraphe avant de la transmettre à son subalterne, et ainsi de suite tout le long de la chaîne hiérarchique avant que cela n’arrive dans l’autre collectivité territoriale où la missive d’importance suivra le chemin inverse jusqu’au firmament d’un pouvoir dérisoire. Comme tout cela est intéressant ! Pendant ce temps-là, les 34 licenciés de l’Imprimerie de Wissembourg se débattent fac à une adversité qui leur est imposée, dans un black-out médiatique total. Bravo les confrères !

Point 21 : relève de la gestion administrative ordinaire.

Point 22 : on se régale à l’avance des monumentales saillies du président de séance.

Publié dans : conseil municipal - Par pumper - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Bonsoir,
on ne se connaît pas, mais nous sommes animés par les mêmes idées...
Tu as laissé un message lors de ton passage sur mon autre blog: http://lebloglibredemonquartier.midiblog.com
Que la Force soit avec toi !
Amicalement
Paul
Commentaire n°1 posté par Paul le 01/04/2007 à 22h19
Voilà qui donne le tournis. Passe encore qu'on se trompe dans ses décisions, qu'on ne soit pas vraiment capable de suivre ses travaux et de faire respecter les devis, mais se goinfrer de cette façon sur la dos de ses concitoyens, cela dépasse l'entendement. 130.000 euro à se partager à dix, cela fait pas mal d'argent, surtout pour des fonctions qui sont, me semble-t-il bénévoles, et surtout quand on sait que le plus souvent la répartition se fait de la manière suivante : les deux premiers se partagent la moitié (65.000), les deux suivants la moitié du reste (32500), les deux suivants encore la moitié du solde (16250) et ainsi de suite... A se demander pourquoi on se bouscule pour rester aux commandes, et à se demander ce que peuvent bien penser ceux qui les y maintiennent.
Commentaire n°2 posté par Régis Hulot le 27/03/2007 à 14h46
Salut ami,

A la lecture de cet édifiant rapport (chapitres 617, 6226, 6232... 657362) et de la fin du "point 20", on pensera à la tirade entendue dans "Les barbouzes" :

"La vérité n'est jamais amusante. Sans cela tout le monde la dirait."

Quelques anciens de l'Imprimerie de Wissembourg découvrent avec stupeur le chapitre 6236. Quels imprimés et quels catalogues ? Ça ne devait pas être la même imprimerie alors...



Commentaire n°3 posté par srg le 26/03/2007 à 13h26

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