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Scène de la vie quotidienne
Tout avait pourtant bien commencé ce jeudi 8 mars 2007 pour notre ami, avec deux ou trois rencontres intéressantes, des conversations à bâtons rompus, un contact avec d’autres lecteurs de Pumpernickel, et ce soleil printanier qui doit mettre tout le monde de bonne humeur. Puis, crochet par le marchand de journaux pour acheter Politis de cette semaine, mais c’est là que le ciel s’est assombri, de bleu marine.
Devant le dépôt de presse une place de stationnement a été installée pour les personnes handicapées, où stationnait un 4x4 sans macaron. Notre ami gare son vélo devant ce véhicule, histoire de manifester à son propriétaire que ce ne sont pas des manières, singulièrement à quelques dizaines de mètres du poste de police municipale, intraitable sur ce point, du moins l’espère-t-il. Puis, il aperçoit Monsieur le chef de poste de la police municipale, classe supérieure, se tourne vers lui pour lui demander s’il a vu quelque chose. Monsieur le chef de poste de la police municipale, classe supérieure répond alors qu’il a vu les échafaudages qui entourent le clocher roman de l’abbatiale Saints-Pierre-et-Paul, ce qui paraît pour le moins décalé. Lui faisant remarquer qu’une voiture encombre une place réservée aux handicapés et que sa mission ne se cantonne pas à verbaliser les vélos qui ont roulé 1,50 m sur la place de
- Vous devriez entrer dans la police, vous, le donneur de leçon !
Ayant autre chose à faire que d’engager une conversation avec Monsieur le chef de poste de la police municipale, classe supérieure, notre ami va acheter son journal, observant que suite à sa remarque, Monsieur le chef de poste de la police municipale, classe supérieure, qui n’avait rien vu jusque-là, fait le tour de la voiture et sort son carnet à souche. Juste à temps, le propriétaire de la voiture sort du dépôt de presse et échappe au PV en allant garer sa voiture un peu plus loin. Là-dessus, Monsieur le chef de poste de la police municipale, classe supérieure entre dans le magasin et lance à la cantonade « Cette personne a de gros problèmes de genoux » qui devrait signifier qu’elle a bien le droit se stationner là où elle était. Ce qui n’a rien à voir puisque rien ne l’empêche de solliciter la délivrance d’un macaron qui lui donnera l’autorisation de parquer à cette place.
Reprenant son vélo, la « conversation » reprend entre notre ami et Monsieur le chef de poste de la police municipale, classe supérieure, qui en remet une couche, le traite de frustré et entre deux ou trois amabilités qualifie Pumpernickel de « torche-cul », ce qui ira droit au cœur de ces lecteurs, anciens et éminents Wissembourgeois, qui viennent de lui écrire « … Et bravo car, au fil des années, Pumpernickel est de plus en plus beau. »
Puis c’est le florilège habituel des « Dégagez ! Circulez ! » sur un ton qui a de quoi réconcilier n’importe qui avec la police de proximité.
Ce matin-là, France Inter donnait la parole à Bénédicte Desforges, lieutenant de police à Paris et en région parisienne (en disponibilité) qui a réuni 80 chroniques dans lesquelles elle témoigne du quotidien des "flics de base" ainsi qu’à Gaëlle James lieutenant de police, membre du syndicat d'officiers "Synergie". Soumises aux questions des auditeurs, elles ont l’une et l’autre regretté que l’on n’utilise plus le terme « Gardien de
Ce 8 mars, c’était la journée des Femmes, de toutes le Femmes, celles qui se battent pour leur intégrité, pour leur liberté, pour des droits qu’on leur mesure avec parcimonie, pour que cessent des comportements qui donnent une image négative et défavorable de la société quand la vocifération veut l’emporter sur l’explication. Après tout, même si on est chef de poste de la police municipale, classe supérieure, on a le droit de faire une erreur, on peut aussi la reconnaître, c’est même souvent le prix à payer pour conquérir le plus important, la reconnaissance de l’autorité.
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