Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /Mars /2007 22:59

Jolie livraison de l’AWPLR (avatar wissembourgeois de la presse locale de révérence) ce dimanche 4 mars 2007 qui nous narre par le menu les prochains développements de ces mirifiques zones industrielles créatrices d’emploi qui germent aux marches de nos villes.

 

 

Dans une interminable interview du président de la communauté des communes du pays de Wissembourg, rebaptisée "comcom", le porte-plume du "plus grand quotidien d’Alsace" détaille les développements de ce qui sera inévitablement l’un des fleurons d’une reprise économique qu’il se hasarde tout de même dans son ultime phrase à appeler de ses vœux. Passons sur les incontournables retards à l’allumage d’une tranche que l’on appellera sud-est qui sera opérationnelle (ce terme colle tout de même mieux que "prête") à la fin de l’été prochain. Monsieur le président ne prend pas trop de risques en annonçant ça.

 

Tout au long de "l’article" (le terme est tout à fait approprié puisque l’on se demande si ce n’est pas un commercial qui nous fait l’article), ce ne sont que communiqués de victoires remportées sur le chômage (avec 320 emplois créés ici, et combien détruits ailleurs ?, mais cette question n’effleure pas notre "journaliste" forcément impartial puisqu’il est allé interroger un élu, donc une "source sûre") et de projets plus moins étonnants avec l’établissement d’une plate-forme logistique du conseil général, sorte de dédommagement au transfert des services de la DDE à Soufflenheim. Et là, on est prié de suivre la logique de l’équipe de professionnels du déménagement et des chaises musicales à l’œuvre dans la commune. Libérant son siège, les camions de la DDE iraient s’établir dans la future zone industrielle, ce qui permettra aux services techniques municipaux d’émigrer dans les ex-locaux de la DDE avec dépôt de matériel de la communauté des communes au même endroit. Tout cela est évidemment repris avec les précautions d’usage de l’article de l’AWPLR, puisque nous avons appris localement à attendre le contrordre pour savoir de qui il retourne. Un exemple ? Tout simplement ce qui s’est passé à l’ONF qui avait préparé ses cartons pour emménager dans les locaux de l’ancien lycée Stanislas, dits de l’ancienne commanderie. Tout était prêt, le déménageur commandé, le nom sur la sonnette apposé, et puis est arrivé le contrordre, ce qui en dit long sur la vision prospective de ces gens qui prétendent clouer le bec à leurs opposants en leur administrant on ne sait quelle leçon de droit public ou de bonne éducation.

 

 

Pour en revenir à notre zone industrielle qui n’en finit pas de se terminer, reprenons avec tout le sens de l’humour qui le caractérise le bon mot du président de la communauté des communes du pays de Wissembourg, rebaptisée "comcom", qui nous dit que le ferroutage sera intégré à la zone. Sans doute voulait-il parler de raccordement à une ligne de chemin de fer, mais venait-il de se rappeler que tout le monde aurait compris de quoi il voulait parler. Alors, pour faire "tendance branchouille" a-t-il préféré utiliser un terme complètement décalé mais qui lui donne l’air du technicien qui sait de quoi il parle et qui est au courant des dossiers importants qu’il traite dans l’intérêt général, histoire de se situer dans l’air du temps. Ce qui est fâcheux là-dedans, c’est que le porte-plume du "plus grand quotidien d’Alsace" n’ait pas saisi l’occasion pour lui demander ce qu’il entendait par là. Heureusement sans dote, car il aurait été capable de nous faire l’impérissable réponse du regretté Francis Blanche : "Oh, par là, j’entends pas grand-chose !" Ce qui est encore plus désolant, c’est que le porte-plume du "plus grand quotidien d’Alsace" n’ait pas fait un vrai travail d’investigation en sollicitant les avis éventuellement contradictoire qui ont le droit de s’exprimer sur cette question. Quand on prétend parler de développement forcément "durable" comme ne le manque jamais le président de la communauté des communes du pays de Wissembourg, pourquoi ne pas lui demander quel est le cahier des charges en matière de préservation de l’environnement de cette zone qu’il a fait installer en lieu et place de la ceinture de vergers qui donnait à Wissembourg un charme inégalable ? ça, ça aurait été peut-être le signe que quelque chose changeait et que d’autres préoccupations que la mise en valeur exclusive d’un seul homme et de l’assemblée d’élus de conseils de conseils municipaux des communes des alentours étaient à l’ordre du jour. Sans doute est-ce trop demander ?

 

C'est sans doute pour faire bonne mesure qu'un article nous était ensuite proposé consacré à ce que l'on pourrait appeler, sans connotation péjorative, à l'écologie contemplative, l'un des thèmes favoris avec les bonnes œuvres, des pages locales de l’AWPLR. Evidemment qu’il faut passer du temps à étudier, observer, compter, vérifier ce qui se passe dans les biotopes sensibles. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est impératif de contester les modes de développement proposés par ceux qui sont aux manettes et dont on ne dira jamais assez que leurs recettes ont fait leurs preuves, et qu’elles les accablent définitivement.

 

Plus sérieusement, on s’étonne encore, mais pour combien de temps, de la complaisance dont sait faire preuve une "presse" qui s’étonne de perdre des lecteurs, d’autant que la semaine s’était bien terminée avec une pleine page ce vendredi sur le travail d’Hélène Faust que les lecteurs de Pumpernickel connaissent bien puisque plusieurs articles lui ont déjà été consacrés alors qu’elle mettait son projet en œuvre. On se rappelle les photos de Verveine et Verfeuil, nos héros préférés C’est ce qui lui a valu d’être remarquée comme exemplaire dans les colonnes de "Politis", hebdomadaire qui n’a rien à voir avec le groupe médiatico-financier du "plus grand quotidien d’Alsace" et qui s’est fait l’écho de son travail il y a presqu’un mois. Une page donc pour détailler l’engagement réciproque des consommateurs et de la productrice, les uns n’hésitant à payer à l’avance des produits dont ils savent qu’ils sont issus d’un mode de culture et d’élevage exempts de procédés que la morale réprouve (univers concentrationnaire, transport d’animaux dans des conditions indignes, apport d’intrants nuisant gravement à la santé publique), on est loin des ritournelles de qui nous savons sur la "nécessaire et progressive évolution des mentalités", antienne qu’il nous serine depuis 1985, année de son entrée dans le métier politique. Observons qu’il n’a fait au mieux qu’accompagner un mouvement initié par les autres, prenant garde à chaque fois qu’il prenait le risque d’une prise de position de préciser qu’il fallait oublier de concilier écologie et économie, ce qui veut tout et rien dire à la fois. Cela fait penser à cette saillie de Coluche qui disait "n’être ni pour ni contre bien au contraire".

 

 

Et n’oublions pas que s’il est inexact de prétendre que nous avons les élus que nous méritons, nous ne lisons que les journaux que nous voulons, "gratuits" ou payants.

Publié dans : pumpernickel - Par pumper - Ecrire un commentaire
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