Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /Fév /2007 15:59

Les lecteurs de l’avatar wissembourgeois de la PLR auront été vraiment gâtés durant toute cette semaine. Alternant avec les anniversaires des tous les nonagénaires du canton, quelques articles auront manifesté que l’esprit critique préside à la ligne éditoriale de l’objectivité de nos porte-plume. Deux nouvelles voies au sens alpiniste du terme ont été ouvertes, nous rassurant sur la capacité d’accessibilité de certains sommets de la flagornerie que l’on croyait jusqu’à présent hors d’atteinte. Encore toutes nos félicitations aux chefs de cordée !

 

Première salve ce mercredi 31 janvier avec la relation d’une "rencontre citoyenne" organisée par l’inspecteur local de l’éducation nationale. Pensant bien faire, il a proposé aux enfants des écoles de "rencontrer" "quatre acteurs majeurs de la vie publique", les maires de Wissembourg et de Soultz-sous-Forêts accompagnés du député de la circonscription qui n’est évidemment pas en campagne électorale. La présence du sous-préfet semble alors un peu décalée dans cet aréopage composé exclusivement d’élus de droite et il faut bien entendu ne voir que l’effet du hasard à l’absence d’un conseiller régional socialiste qui aurait peut-être tenu des propos à même de déplaire à notre duo, le représentant du gouvernement étant le seul qui puisse s’exprimer selon des critères d’impartialité seyant à ce type d’exercice.

Qu’est-ce qui a été dit lors de cette journée forcément mémorable ? En fait peu de choses si l’on s’en tient au papier du "journaliste" qui ne fait qu’effleurer ce que tout le monde sait, à savoir que le maire s’occupe de la commune, le conseiller général du canton et du département, le député du pays tout entier et le sous-préfet qu’il veille à la bonne application de lois qui sont votées. La médaille revient sans doute à ce député qui n’en finit pas de s’émerveiller du fait qu’il voyage beaucoup entre la circonscription (qu’il devrait honorer plus activement de sa présence, cela permettrait à chacun de mettre un visage sur un nom) et Paris où, comble d’originalité, il aurait même mangé avec le président de la République. Inversant le point de vue, et demandons-nous si le président de la République se rappelle avoir mangé avec le suppléant du ministre délégué à l'industrie, auprès du ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Si c’est le cas, on pourra alors s’autoriser on ne sait quel "waouh" admiratif. Mais il est vrai qu’il est si facile d’épater un public qui ne dispose pas des éléments de la confrontation et du recul, alors pourquoi se gêner ?

Si l’on veut que les enfants en sachent un peu sur la vie politique en général et celle de leur commune en particulier, il suffit, sans tralala et sans "journaliste" de les emmener au conseil municipal. Ils verront alors comment "on" sait mettre en pratique les grands principes républicains et démocratiques, à commencer par un mode d’élection des conseillers municipaux qui encourage la concentration des pouvoirs et stérilise le débat. Mais cela risquerait de donner une image trop défavorable, parce que trop fidèle, de la réalité et nuirait à l’illusion que nos "acteurs majeurs de la vie publique" tentent d’entretenir. Tout cela s’appelait successivement "éducation citoyenne", puis "éducation civique" et enfin "rencontre citoyenne". Comme ça, il y en aura pour tous les goûts.

 

Second tir ce samedi 3 février avec le compte-rendu de la dernière séance d'orientations budgétaires du Syndicat mixte intercommunal pour la collecte et le traitement des ordures ménagères (Smictom) du Nord du Bas-Rhin, présidé par l’incorrigible maire de Wissembourg, également 1er vice-président du conseil général, vice-président de la communauté des communes du pays de Wissembourg, etc. Pourquoi incorrigible ? Simplement parce qu’il nous refait le coup de l’augmentation qui n’en est pas une compte tenu de l’inflation. En annonçant une hausse comprise entre 2,4% et 2,8%, le gestionnaire modèle qu’il prétend être ajoute que cela ne représente pas d’augmentation de la masse monétaire (sic !). Peut-être faudrait-il lui expliquer ce que c’est que la masse monétaire, c'est-à-dire l’ensemble composé de la monnaie fiduciaire, des dépôts à vue, des dépôts à terme et des titres de créances négociables. Sans doute, pour se pousser un peu du col, a-t-il voulu employer l’un de ces termes appris lors des séminaires de formation du parfait homme politique local et nous montrer qu’il poursuit sa formation continue. A trop vouloir en faire ou en dire, on finit par se prendre les pieds dans le tapis. Il aurait été si simple de dire que l’augmentation suivait l’indice de l’inflation. Encore eut-il fallu que cela fût vrai ! Car, comme l’an dernier, notre héros chiffre l’inflation bien au-dessus des valeurs officielles qui la cantonnent à un petit 1,6% pour 2006. En choisissant de multiplier ce taux par 1,5, il montre qu’il rejoint le camp des sceptiques quand au bénéfice que nous aurions tiré de la politique tant du gouvernement qu’il soutient que de la banque centrale européenne dont il est, par ses accointances partisanes l’un des plus fervents supporteurs.

La question qui reste maintenant est celle de la confiance qu’il faut accorder à celui qui assène publiquement des réalités inexactes pour justifier l’immobilisme dont il fait preuve dans la gestion du quotidien à laquelle il est contraint faute de grande idée ou de projet novateur.

Comment en effet s’en tenir à un discours de marchand de bien lorsque l’on doit s’occuper de l’un des fléaux majeurs, celui de l’explosion du volume et du tonnage des rebuts d’une société basée sur la consommation à tout va ? Où est l’orientation nouvelle qui fera(it) de l’arrondissement un modèle de modération et de sobriété ? Que nous propose-t-il par exemple en faveur de ceux qui font l’effort de réduire le volume de leurs déchets en recourant à l’achat de produit qui ne sont pas suremballés ? Rien évidemment, et d’ailleurs sait-il que l’on peut faire ces choix de vie ?

 

A part ça, la vie est belle, pas un mot sur le drame des licenciés de l’imprimerie de Wissembourg ni sur un éventuel infléchissement de la politique de la ville en faveur de modes de déplacement autres que la bagnole, le néant sur une action en faveur des économies d’énergie à l’échelle municipale ou "communautaire", pas un ligne sur la présence l’autre jour d’un mendiant devant la poste de Wissembourg (phénomène nouveau qui pourrait peut-être une information aussi intéressante que les énièmes prestations de promotion personnelle des suzerains locaux), non tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Publié dans : pumpernickel - Par pumper - Ecrire un commentaire
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