Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 17:24

Conseil municipal du 23 janvier 2007

Cette relation ne sera que partielle puisque des activités d’accompagnement de personnes en grande détresse sociale m’ont empêché d’être sur place en début de séance.

Arrivé à 19h15, quelle ne fut pas ma surprise de voir une assistance studieuse et recueillie écouter presque religieusement le lauréat du concours d’architecture de "restructuration" du relais culturel présenter son projet. Tout va changer dans un bâtiment qui a mal vieilli ces trente dernières années comme a tenu à le préciser "Monsieur le Maire". On peut se demander s’il ne faut pas demander quelques comptes à ces imprévoyants qui ont la situation s’y dégrader au point qu’il faille maintenant engager quelques 7 millions de travaux pour remettre un peu d’ordre dans ce chaos. Mais ce serait sans doute mal venu puisque la municipalité actuelle, continuatrice des précédentes, n’est aux manettes que depuis …18 ans, et qu’elle n’a par conséquent pas eu le temps de voir venir ni de prendre la mesure de l’ampleur de la catastrophe. On va donc entamer une longue opération de plusieurs années, dont le terme n’a pas pu être fixé avec précision, qui va complètement bouleverser la donne culturelle locale. Souhaitons simplement qu’elle ne soit pas frappée du syndrome de l’ex-allée des ex-peupliers dont le résultat est désespérant de banalité et manifeste un manque évident d’ambition et d’imagination. Passons sur les "volumes" qui vont être remodelés, sur les "avancées" qui seront créées, sur un parvis où un "totem" de communication sera installé, tout cela sera forcément du meilleur effet. De même, l’installation d’une médiathèque devrait achever l’entrée de Wissembourg dans le siècle de l’hyper-modernité. Au crédit de l’architecte, on notera la qualité de la présentation et ses efforts quasi-désespérés pour soulever l’enthousiasme d’une assemblée ébaubie devant l’étalage d’un tel talent. Les choses se sont un peu compliquées lorsque notre homme a eu l’idée étonnante de donner la parole aux conseillers municipaux, peu habitués à ce type de démarche. Ils ont donc unanimement choisi de s’en tenir à la règle non-écrite qui prévaut dans la salle du conseil, le silence. Heureusement, quelques membres de l’association de gestion ainsi que le directeur s’étaient déplacés et la parole leur a été bien volontiers abandonnée. De leur part, pas ou peu de critiques, l’essentiel des interventions consistant en des questions permettant au "conférencier" de rebondir ou de reprendre des points qu’il avait déjà abordés. "Bis repetita non placent " pourrait presque conclure. Tout est donc pour le mieux.

Comme s’il voulait procéder à une opération de déminage préalable, "Monsieur le Maire" a repris en fin d’exposé les éléments qu’il avait exposés à son début. Comme me le confiait mon voisin, "il a dû remarque que Pumpernickel était là ". C’est évidemment trop d’honneur. Mais "Monsieur le Maire" a tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas d’une opération de luxe mais nécessaire, que près d’un million d’euros auraient été nécessaires rien qu’à la mise aux normes de sécurité et qu’il "Nous" fallait un équipement à la mesure des "Nos" ambitions culturelles, argument repris par le directeur du relais. Tout est donc pour le mieux.

Anecdote : dans l’énoncé des nouveaux équipements, l’architecte lauréat a eu la maladresse de parler d’une loge "VIP", ce qui a permis à "Monsieur le Maire" de lui faire préciser qu’il ne fallait pas entendre ce terme au sens qu’il a pris dans les infrastructures sportives où ce genre de chose sert à entasser les spectateurs qui sont encore assujettis à l’ISF, mais qu’en l’occurrence il s’agissait de répondre aux désirs de quelque vedette ayant des exigences particulières. S’agissait-il de désamorcer on ne sait quelle polémique sur les passe-droits dont on affuble injustement "ceux qui comptent dans la vie sociale" ? Cette remarque est évidemment superflue puisque nous savons tous que "élus", "décideurs" et "responsables" mettent un point d’honneur et de morale à payer leur place lorsqu’ils assistent à un spectacle et qu’il ne viendrait à l’idée de personne d’imaginer une seconde qu’il en fût ne serait-ce qu’une fois autrement.

Une question n’a pas été posée hier soir, et ne le sera sans doute pas dans l’avenir, c’est celle de la place qui sera faire aux énergies renouvelables dans cet équipement renouvelé. Cela rappelle le chantier de la médiathèque d’Illkirch-Graffenstaden dont le panneau a rappelé qu’elle répondait aux objectifs des accords de Tokyo en matière d’économie d’énergie, ce qui lui valait de recevoir la qualification HQE. Mais après ce qui n’a pas été fait dans la réfection du collège, comment peut-on imaginer que "Monsieur le Maire", qui y croit peut-être mais qui s’abstient de toute décision spectaculaire dans ce domaine, ait poussé à la roue pour que l’on innove dans ce domaine ?

Lorsque congé fut donné à l’heureux gagnant du concours, chacun a pu reprendre sa place. Il a été amusant d’entendre l’un des adjoints dire à mon voisin qu’il espérait que la séance allait bientôt s’achever, signe qu’il n’est pas très au fait de l’ordre du jour, et qu’il ne consulte pas le blog de Pumpernickel. Cela lui éviterait de poser des questions qui n’ont pas lieu d’être.

On reprit donc le cours "normal" c'est-à-dire ennuyeux à souhait d’un conseil municipal classique dont tous les points à l’exception de celui relatif au vote du quart budgétaire ont été adoptés à l’unanimité, à tel point que mon autre voisin m’a demandé si l’opposition était présente…

L’on évacua donc l’un après l’autre la petite dizaine de points qui restaient, histoire de conclure au plus vite avant le point "divers" qui n’était pas celui pronostiqué par Pumpernickel. Au lieu de commenter le document relatif à la condamnation en appel d’un ancien employé municipal, c’est au drame des 34 licenciés de l’imprimerie de Wissembourg que l’on s’est intéressé. Oh, qu’ils se rassurent, l’essentiel sur les grands projets de "Monsieur le Maire" ayant été dit, et l’heure s’avançant, il ne restait ni temps ni énergie pour aborder leur question  au fond. Il y a donc eu quelques paroles analogues à celles que l’on trouve aux rubriques nécrologiques, avec l’assurance que "la mairie" sera aux côtés des employés pour offrir gracieusement des locaux à l’Assedic et à l’Anpe pour accueillir les cellules de reclassement. Il y a bien eu un rappel discret à l’événement auquel nous étions confrontés, à savoir ce qui est développé dans les colonnes de la PLR d’aujourd’hui sur les origines de l’imprimerie Wentzel. Pour le reste, ceux qui hier soir prenaient les airs entendus de ceux qui savent depuis longtemps que l’on devait en arriver là, et qui se sont par conséquent bien interdit de prendre quelque mesure que ce soit pour contrarier un sort qui n’est jamais inéluctable ont pu se quitter l’âme en paix, certains d’avoir fait le service minimum. Quant aux victimes, mais cela a déjà été dit par Brennus en 390 avant Jésus-Christ, malheur à elles puisque c’est le droit des vainqueurs de leur imposer leurs règles.

En d’autres cieux, en d’autres temps, plus sociaux, plus humains, cette décision de fermer une usine aurait fait l’objet d’une séance spéciale du conseil municipal.

Voilà, il était près de 19h45 et tout notre monde, fatigué de tant d’agitation, avait bien le droit de rentrer chez lui pour suivre au journal télévisé le défilé des prétendants au trône présidentiel devant le catafalque de l’abbé Pierre.

Publié dans : conseil municipal - Par pumper - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

visites depuis le 01/01/08

Présentation

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés