Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /Déc /2006 23:41

J’avoue avoir eu froid dans le dos en voyant les images des « supporters » du Paris-Saint-germain se rassembler sur les lieux du « crime » de l’un des leurs, un brave garçon qui se rendait régulièrement au match de football pour faire, semble-t-il beaucoup d’autres choses qu’applaudir son équipe, en particulier hurler des slogans, xénophobes de préférence, et saluer à la manière des nazis, ce qui peut constituer un délit si on se met à appliquer la loi. Ce soir-là, les circonstances tournent mal, et un policier, qui n’aurait pas dû être là, comme l’on constaté même les petits marquis poudrés réunis pour leur papotage hebdomadaire autour de Monsieur Meyer (sur France-Culture, le dimanche, entre 11h00 e t 12h00, ça s’appelle « l’esprit public »), tire sur ce brave garçon qui n’avait aucune intention hostile ni à son égard ni vis-à-vis du supporter du club de Tel-Aviv qui avait commis la faute de goût majeure d’être de confession juive, israélite aurait dit Monsieur Papon.

 

Donc les amis de ce brave garçon, emmenés par un autre brave homme, « président de l’amicale » des supporters et lui-même interdit de match décident de faire leur travail de deuil, comme on dit maintenant dans les milieux qui pensent. Et voici notre concentré de délicatesse et de sensibilité qui se réunit autour d’une banderole qui réclame « que justice soit faite ». Ça sonne comme un slogan ou comme une prière (« que ta volonté soit faite » ?), mais compte tenu de la façon dont « nous tes gars nous jurons de servir et de suivre tes pas » [comme on chantait au temps du maréchal] ont l’habitude de pratiquer la discussion théologique, le pire est plutôt à craindre. Avez-vous remarqué la couleur dominante de ce défilé absolument pacifique qui voulait absolument nous rassurer sur les visions humanistes de ces gens ? C’était gris et noir, les visages étaient dissimulés par des cagoules, des bonnets, des passe-montagne, les capuches étaient baissées sur les yeux, ces courageux dissimulaient tout ce qui aurait pu permettre de les identifier. Ah, la droite de la droite sera toujours la même !

 

Le 17 février 1941, Hendrik Kook, membre des sinistres WA (Weerafdeeling), bras armé du parti national-socialiste collaborationniste néerlandais, meurt sous les coups des groupes d’autodéfense mis sur pieds par les habitants du quartier juif pour se prémunir des rafles organisées par l’occupant allemand. Ces groupes étaient « armés » de gourdins et de chaînes de vélos et faisaient le coup de poing (d’où leur dénomination « knokploeg ») avec les forces occupantes. Mais revenons au 17 février 1941. Het nationale dagblad publie une photo que je me fais un plaisir de vous livrer pour que vous puissiez constater combien les forces de l’esprit sont à l’œuvre sous ces casquettes …noires ! Car  à l’évidence, ces gens-là aiment le noir en ce qu’il est la couleur mortifère de nos civilisations et qu’il inspire la crainte, surtout quand il est agrémenté d’une tête de mort. Bref, en voyant ces « supporters » défiler en rangs serrés, dans le silence absolu seulement troublé par le bruit de leurs grosses chaussures sur le bitume parisien, je me suis dit que l’histoire n’en finissait pas de bégayer.

Cet incident a servi de prétexte aux Allemands pour déclencher de rafles qui ont entrepris de vider le quartier juif d'Amsterdam. La population scandalisée de se qui se passait sous ses yeux a entrepris ce qui a s'est appelé "la grève de février",grande et courageuse manifestation de résistance à l'occupant. Elle a été durement réprimée par des morts, des arrestations, des exécutions et des déportations en particulier à Mauthausen.

Publié dans : pumpernickel - Par pumper - Ecrire un commentaire
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