Samedi 4 juillet 2009
Avant d’entrer dans le détail, une impression sur l’ensemble, celle qui a été donnée par mon voisin, pour qui  c’était une première : il est ressorti déçu et frustré de cette séance, constatant qu’il s’agit surtout, essentiellement, d’un monologue, rythmé par les interventions plus ou moins convenues de l’un ou de l’autre. Je suis assez d’accord avec lui, et suis un peu jaloux de lui puisqu’il n’a pas eu besoin de passer près de 15 ans à assister à ces séances pour aboutir à la même conclusion que moi. La seule différence, c’est que je pourrais corriger l’un ou l’autre des intervenants quand il dit ceci ou cela, mais il s’agit la plupart du temps de détails sans intérêt.

Une autre remarque, très personnelle, cette fois, sur les rôles et les interventions. Si l’on excepte le relais culturel et la réfection de la mairie, occasions pour la liste d’opposition [ dont il serait stupide de sous-estimer le pouvoir de nuisance ] d’exister enfin, tout se règle sur fond d’unanimité, sans qu’un véritable débat s’instaure. On se remémorera ce vide lors de la “ discussion ! ” sur le budget qui succédait au néant lors de la “ discussion ! ” sur les orientations budgétaires. Cette fois-ci, ce sont les trois points “ relais ” qui ont donné lieu à des échanges que l’on aurait voulus vifs, incisifs, voire blessants, mais la rhétorique des protagonistes est encore perfectible.

Comme cette question a encore été passée sous silence, je me permets de rappeler dans un point supplémentaire, le numéro 24, que l’actualité sociale continue à plomber l’ambiance. Il suffit d’écouter ceux qui ont embauché l’autre jour chez Bürstner pour s’en persuader, et les “ envolées lyriques ” de l’ancien maire de Wissembourg auraient pu trouver là un point d’appui un peu plus sérieux que la lecture d’un folliculaire en mal d’annonceurs.

Point numéro 24 : actualité sociale
La Sous-région vit depuis ces 18 derniers mois au rythme des annonces de licenciements. Ce sont ceux qui travaillent, qui ont donné leur santé, leur vie de famille, les meilleures années de leur vie, qui sont maintenant sacrifiés sur l’autel de la “ moralisation du capitalisme ” voulue par les amis d’un président de la République qui sort complètement déconsidéré de ces 18 derniers mois. Alors que l’ancien équipage n’a trouvé que des mots creux maladroitement écrits pour “ exprimer l’expression ” (sic) d’une tardive compassion bien décalée aux salariés de Wimétal à la fin de l’année 2007, la même triste pièce se joue avec le quart des effectifs de l’entreprise Bürstner, dont personne n’a le droit de dire qu’ils ont un jour démérité. Ils ont reçu leur lettre de licenciement, et comme le disait un ami, “ Ça faisait bizarre de se retrouver à l’atelier avec 100 personnes de moins. ” Doit-on passer sous silence le chaos mis dans les vies de ceux qui doivent une semaine travailler plus que tout, et la suivante moins que rien ? Tout se passe dans le secret quand ce n’est pas l’indifférence, alors que ceux que l’on appelle “ les décideurs ” affectent d’oublier qu’il s’agit de nos/leurs voisins, de nos/leurs amis, de membres de nos/leurs familles qui sont ainsi immolés pour qu’un nouveau Veau d’Or, attendri par le sacrifice de quelques-uns, se montre moins sévère et épargne les autres. On est en pleine régression mentale et sociétale.
Face à ce gâchis, à ce qui s’apparente à un “ sacrifice rituel ”, le rôle des pouvoirs publics, quels qu’ils soient, qui qu’ils soient, quelle que soit la date de leur arrivée aux commandes, est bien de manifester qu’ils ont de l’imagination, qu’ils ont anticipé, qu’ils sont avec ceux qui sont confrontés au désespoir et à la marginalisation sociale.
Il est insupportable que le conseil municipal actuel se conduise comme celui qui l’a précédé et ne mette à son ordre du jour des mesures vigoureuses, contraignantes et originales pour inverser le cours de la situation et manifester que la collectivité ne va pas laisser nos infortunés concitoyens dans le désarroi.
Fin juin, les lettres sont arrivées chez les employés, et ceux qui restent sont maintenant priés de mettre les bouchées doubles pour faire face a des commandes, dont on disait il y a quelques semaines que leur disparition justifiait les licenciements actuels.

Encore un mot avant de démarrer pour signaler que 22 élus étaient présents hier soir, soit 25% d’absentéisme. Selon la proposition déjà formulée ici, il aurait été possible de tirer au sort pour intégrer le public à la discussion. Cela n’aurait sans doute pas manqué d’enrichir encore le débat.

Vingt-trois points à l’ordre du jour, dont 7 n’ont pas été adoptés à l’unanimité. Et encore, sur les 7, seuls 3 points ont été formellement contestés par l’opposition qui a voté contre, parfois même partiellement.

Point numéro 1 : adoption à l’unanimité du procès-verbal du dernier conseil municipal du 29 mai 2009.

Je reproduis les remarques de la dernière fois puisqu’elles sont plus que jamais d’actualité. En effet, après un tour sur le site de la municipalité, j’ai pu constater que si le changement était en marche, il ne se fait pas à marche forcée. La cellule “ communication ” a encore du travail de dépoussiérage, c’est le moins que l’on puisse dire.
Les comptes rendus reprennent mot à mot la note de synthèse à laquelle on ajoute que le truc a été adopté à l’unanimité ou à la majorité en ignorant les termes du débat. L’ALP2R fait le même genre de compte rendu, en recopiant elle aussi la note de synthèse, et on s’ennuie une fois au conseil, une fois en lisant le “ journal ”, une fois en consultant l’Internet, c’est beaucoup.
Il y aurait mieux à faire, en proposant qu’un ou deux membres du public soient invités à prendre des notes, et à proposer un compte-rendu, un vrai, qui serait ensuite confronté à celui des “ officiels ” avant d’être mis en ligne. Là, ce serait vraiment nouveau, et intéressant.
Adopté évidemment !

Point numéro 2 : attribution des marchés pour la restructuration du relais culturel
Comme l’avait annoncé Pumpernickel, on abandonne le photovoltaïque et on s’engage dans une dépense qui selon le maire s’élèvera à un peu plus de 2,6 millions d’euros pour la commune. Les travaux commenceront fin août pour une période de 12 mois. Je vous passe le détail de la multitude de subventions qui viendront alléger la facture. Rendez-vous dans un an.
Ce point ne fait l’objet d’aucun débat. Il est adopté à l’unanimité moins cinq (5) contre.

Points numéro 3 : nouvelle convention avec l’association de gestion du relais culturel
La mairie profite des travaux pour reprendre la main. Elle met un terrain municipal à disposition sur lequel un chapiteau sera dressé. Cela amène à modifier l’article 6 pour redéfinir la gestion des murs.
Mais dans un an, il y aura une nouvelle convention avec l’association qui restera maîtresse de la programmation artistique. Pour le maire, il s’agit de redéployer les moyens et d’utiliser plus amplement une structure qui est fermée 3 mois durant l’été. De plus, dès que la médiathèque sera installée, il s’agira d’un service municipal [ comme l’est devenue l’ancienne bibliothèque du relais, municipalisée dans le cadre de la reprise en main financière intervenue à la suite du rapport de la chambre régionale des comptes en 1992. ].
Le maire répond par l’affirmative au maire-délégué d’Altenstadt qui veut savoir si la décision de ce soir ne concerne que la convention temporaire.
Puis le chef de file de l’opposition prend la parole, et se dit interpellé par cette “ dénonciation ” de convention. Veut-on municipaliser ? Qu’envisage-t-on vis-à-vis d’une association qui a organisé le sauvetage du relais [ en 1992, ndlr. Mais rappelons tout de même qu’à l’époque, la mairie n’a pas levé le petit doigt pour que le ménage soit fait sur le plan judiciaire, et qu’il a fallu la plainte d’un particulier, rejetée sur la forme, pour que le Parquet se décide à intervenir ; ce n’est qu’après que la mairie a emboîté le pas, alors qu’elle aurait dû être le promoteur de cette action en justice. ].
Le ton monte, et le maire se défend de vouloir municipaliser, il veut seulement faire fonctionner l’équipement à 100% et non à 75%. Sans oublier que l’association a laissé s’accumuler plus d’un million de francs de déficit [ 150 000 euros, c’était la période 1992 ] et qu’il faut maintenant financer 35 000 euros d’indemnité pour le licenciement que l’ancien directeur s’est organisé. En reprenant la main sur les bâtiments, la municipalité veut éviter les dérives.
Reprenant la parole, le chef de file de l’opposition fait part d’une affaire qui court, et qui va bien au-delà des 35 000 euros [ mais de quoi s’agit-il ? c’est un peu léger de s’exprimer de cette façon quand on est investi de responsabilités électives. ndlr ]. Après tout, continue-t-il, l’ancien système est excellent. Et donnerait-on le stade de football ou l’étang de pêche à n’importe qui comme la mairie envisage de le faire ? Ou la la, ça chauffe !
Non, répond le maire, il s’agit d’aligner le fonctionnement du relais sur ce qui existe ailleurs, où l’on est plus ou moins municipalisé. Il faut ouvrir le bâtiment !
Le chef de file de l’opposition reprend alors la parole pour affirmer que c’est bien contrainte et forcée que l’association passe sous les fourches caudines [ il ne le dit pas de cette façon, mais c’est plus rapide. ndlr ] de la mairie [ “ Mais ne dites pas n’importe quoi, Monsieur Bertrand ! ” lui répond le maire. ndlr ] puis il fait état des ragots qu’il a lus dans un folliculaire départemental qui aligne les griefs “ des Wissembourgeois ” à l’encontre de leur mairie, griefs que son petit “ reporter ” aurait récoltés en allant faire une improbable tournée des académies de la rumeur et du cancan. Et d’ailleurs, poursuit le chef de file de l’opposition, il serait bon que la ville se constituât partie civile face à cette feuille [ décidément, le chef de file de l’opposition aime saisir l’administration judiciaire ! ndlr ].
Comme s’il voulait jouer les pompiers, le maire-délégué d’Altenstadt demande si le conseil municipal sera associé à la rédaction des nouveaux statuts.
Mais, c’est du ressort de l’association, répond le maire, qui précise que les représentants de la municipalité tant au bureau qu’au comité pourront agir à ce moment-là. Et on ne touchera aux prérogatives de l’association quant à la programmation culturelle, et on ne licenciera personne, et il y a eu trop de malentendus, et si on passait au vote ?
Adopté avec 5 contre.

Point numéro 4 : location précaire du logement du relais culturel
Alors qu’il n’y avait aucun sujet à polémique, et qu’il n’y a eu aucun débat, ce point de gestions administrative a été adopté à l’unanimité, l’opposition s’abstenant [ ?].

Point numéro 5 : rond-point rue de la Pépinière
Environ 150 000 euros seront dépensés pour faire le énième carrefour giratoire, et cela ne pose de problème à personne. Unanimité.

Point numéro 6 : restructuration de la mairie
Encore un point de friction, mais molle, entre les uns et les autres. Monsieur D. Schweinberg demande qu’on lui communique le détail du marché, ce que fait le maire à voix haute, mais cela n’empêche pas Monsieur D. Schweinberg de parler avec son voisin pendant qu’on éclaire sa lanterne, à sa demande.
Unanimité moins un contre et une abstention.

Point numéro 7 : achat de la synagogue
La commune l’acquiert pour 120 000 euros à condition d’entretenir le cimetière israélite pendant 99 ans et de ne pas faire de l’ancienne synagogue un local commercial. J’ignore de quoi parlaient à ce moment-là notre Viollet-le-Duc local et son voisin, mais j’ai surpris un gros fou rire.
Le chef de file de l’opposition qui en connaît un rayon trouve que c’est une mauvaise idée, et qu’il serait plus judicieux de dépenser l’argent public communal à autre chose que d’acheter un bâtiment [ peut-être la commune envisage-t-elle de revendre ce bâtiment et la maison qui y est accolée pour 275 000 euros, histoire de réitérer l’épisode de la vente de l’ancien lycée Stanislas ? En tout cas, la remarque du chef de file de l’opposition surprend. ]. Il est envisagé de stocker une partie du matériel durant les travaux au relais culturel, puis, mais ce n’est encore qu’une idée, d’installer ultérieurement les archives historiques de la ville, un peu à l’étroit au 1er étage du bâtiment de l’ex-salle d’armes du futur ex-ancien musée Westercamp.
Unanimité moins deux abstentions.

Points numéros 8, 9, 10 & 11 : achat & vente de parcelles
On peut parler de gestion administrative et cela n’appelle aucun commentaire.
Adoptés à l’unanimité.

Point numéro 12 : renouvellement de la ligne de trésorerie
On porte l’autorisation de découvert de 3 à 4 millions d’euros. Cela n’a pas l’heur de plaire intégralement au chef de file de l’opposition, car on note trois abstentions à l’unanimité.

Point numéro 13, 14 & 15 : distribution de subventions
On peut parler de gestion sociale et cela n’appelle aucun commentaire.
Adoptés à l’unanimité, sauf “ rênes et guides ” qui voit un conseiller majoritaire s’abstenir, mais on ne saura pas pourquoi.

Point numéro 16 : nouveaux tarifs de l’école de musique
Ah ! L’école de musique !
L’école de musique est une réussite, la preuve, au moins 153 enfants et au moins 15 adultes y suivent des cours dans la meilleure ambiance qui soit.
Et d’ailleurs, il n’y a pas de problème avec l’école de musique, il n’y en a jamais eu, et il n’y en aura jamais, et d’ailleurs l’école de musique est une réussite, la preuve, au moins 153 enfants et au moins 15 adultes y suivent des cours dans la meilleure ambiance qui soit. En plus l’école de musique de Wissembourg est la moins chère du département, elle est active et ouverte à tous.
Adopté évidemment à l’unanimité puisque au moins 153 enfants et au moins 15 adultes y suivent des cours dans la meilleure ambiance qui soit et qu’en plus elle est la moins chère du département, elle est active et ouverte à tous ! Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Points numéro 17, 18, 19 &20 :
On peut parler de gestion administrative et cela n’appelle aucun commentaire.
Adoptés à l’unanimité.

Point numéro 21 : il s’agit d’une information sur la qualité de l’eau, qui est évidemment la meilleure, et d’ailleurs comme l’heure tourne et qu’on a l’impression d’être dans une étuve, il est suggéré à ceux qui le souhaitent de se pencher plus personnellement sur le document qui a été remis.

Points numéro 22 : Monsieur le docteur Mikail est remplacé au conseil d’administration de l’hôpital par Madame V. Fischer.
Adopté à l’unanimité.

Point numéro 23 : divers
La collecte des ordures ménagères va être réduite à Wissembourg qui passera de 3 passages toutes les deux semaines, à un passage par semaine. Il paraît que cela devrait s’accompagner d’une baisse de la redevance perçue par la communauté des communes.

Commentaire de Pumpernickel : là, on demande à voir, parce que Pumpernickel peut rapporter l’expérience d’Antoine M., qui souhaite garder l’anonymat, qui a écrit au président de la communauté des communes du pays de Wissembourg pour protester contre les tarifs de cette redevance (171,50 euros, alors qu’il ne met sa poubelle brune qu’une fois toutes les 4 à 5 semaines, et sa poubelle bleue toutes les 15 à 16 semaines, ce qui met la poubelle à 10 euros, 65 Francs pour mémoire ! ). Il n’a reçu à ce jour aucune réponse de qui que ce soit de la communauté des communes, située pourtant à quelques dizaines de mètres de son domicile. Il atteste qu’il y a du monde dans l’immeuble, et qu’il lui arrive même de croiser l’un des membres éminents de cette communauté des communes qui ne manque de lui témoigner par son courroucé toute la contrariété que provoque cette rencontre fortuite. Antoine M. s’étonne donc que la communauté des communes envisage d’élargir “ l’expérimentation ” en cours à Niederbronn de facturation à la levée, alors que ce système était utilisé il y a près de 20 ans dans certains pays du nord de l’Europe [ on en connaît donc déjà les résultats, qui sont excellents, et une expérimentation est par conséquent inutile, à moins qu’il ne soit envisagé qu’elle préfigure l’invention de l’eau tiède ] et qu’il est maintenant dépassé et remplacé par un système de facturation à la masse. Mais tant Monsieur le président de la communauté des communes du pays de Wissembourg que Monsieur le président du SMICTOM-Alsace du Nord le savent-ils ? Bref, annoncer en plus d’une baisse hypothétique que le système de facturation mis en place par l’ancien président de la communauté des communes est plutôt équitable parce qu’il est moins inéquitable que ce qui se pratique dans les autres communautés de commune du territoire d’intervention du SMICTOM-Alsace du Nord est assez curieux.

A part ça, fête médiévale le 15 août, expo à la Grange aux Dîmes, spectacle de la Choucrouterie le 11 juillet, fête nationale le 13 juillet comme l’an dernier, et même que c’était sympa, et en avant-première, fête nationale communale-associée à Altenstadt le 12 juillet (là, on se gratte la tête !).

A la prochaine.
- Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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