Vendredi 26 juin 2009
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Régis Hulot, bien connu des visiteurs du blog de Pumpernickel, a laissé ce commentaire hier soir 25 juin 2009. Il a
cru bon y ajouter un post-scriptum dont l'utilité paraissait un peu décalée eu égard à la tonalité générale de son intervention. Connaissant la hargne et la rancune de tous ceux qui “ ont confiance
en la justice de leur pays ”, je préfère m'en tenir au commentaire, sans publier le p.s.. J'espère qu'il ne m'en voudra pas excessivement. Antoine Michon / Pumpernickel
Laissé par Régis Hulot, jeudi 25 juin, à 23h00 :
Bien peu de gens se souviennent des détails de cette affaire qui se déroule le 4 octobre 1994 à Paris. Audry Maupin - qui mourra ce jour-là - et Florence Rey (des "autonomes", déjà! comme on disait à l'époque) attaquent la pré-fourrière de la Porte de Pantin, s'emparent d'un
taxi, se livrent à une course poursuite avec la police, et terminent leur odyssée sanglante près de la Place de la Nation. Outre Audry Maupin, trois policiers mourront dans cette affaire, ainsi que
le chauffeur de taxi. Le 30 septembre 1998, Florence Rey, reconnue auteur et complice de ces meurtres, est condamnée à 20 ans de réclusion criminelle.
Cette affaire se déroule fin 94, alors que la campagne des présidentielles est déjà plus ou moins lancée. Et ce sera l'occasion pour un homme dont l'intégrité ne semble plus n'être qu'une légende
(même si, à ma connaissance, aucune condamnation définitive n'a encore été prononcée contre lui) de rouvrir le débat sur la peine de mort, j'ai nommé Charles Pasqua, aujourd'hui multi-mis en examen
et cité dans de très nombreuses autres affaires.
Je connais bien ce quartier de la Porte de Pantin, j'y ai habité, et de mon balcon je pouvais apercevoir le parking de la pré-fourrière qui existe encore aujourd'hui. Il m'est arrivé de retourner
là-bas, dans le parc de la Villette, un endroit où j'ai promené ma fille encore petite. Et j'ai pensé, à cette occasion, à ce jeune homme et à cette jeune femme, et au destin qui a été le leur. Une
vie qui s'achève, pour l'un, dans une mare de sang, sur un trottoir parisien à 22 ans. Une vie qui se brise devant une cour d'assises pour l'autre à 23 ans, devant la perspective de 20 années à
passer en prison, peut-être les plus belles années de la vie d'une femme...
Comme Pumpernickel, je crois que toute faute mérite une sanction, et que c'est même la dignité du fautif d'être reconnu comme coupable par un tribunal devant lequel une défense est possible. Je
crois encore plus qu'une fois la peine effectuée le fautif a le droit de revenir parmi les autres citoyens, de retrouver une place dans une société qui sait se souvenir, mais qui sait également
pardonner. Car il s'agit ici d'une personne qui a "payé sa dette", comme tout débiteur qui se libère définitivement des chaines de la créance.
Je vois surtout que, hormis les discours rédigés "au kilomètre" par quelques besogneux, bien peu est fait pour permettre à ceux qui ne doivent plus rien à la société de reprendre leur place, toute
leur place, et qu'il en est de la prison comme du cancer. Sorti de prison, on semble rester un "ex" toute sa vie, guéri du cancer, on reste d'abord un "ex malade" interdit d'emprunter pour acheter
une voiture. Et il est en effet assez indécent de se précipiter sur une personne qui ne demande qu'à revivre une vie normale, tout comme il avait été indécent de livrer à la presse, si souvent de
caniveau, le mariage de Julien Coupat.
Il faut dire que, côté indécence, nous sommes servis, depuis deux ans, du côté de la Place Vendôme.
RH
Par pumpernickel
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