Lundi 8 juin 2009
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C’est vrai que les résultats d’hier auront surpris tout le monde. Mais c’est une
habitude pour qui accorde un quelconque crédit aux ausculteurs d’entrailles de gallinacées que sont les responsables des instituts de sondages. Rappelons cette comparaison faite le 4 juin sur
ce blog entre “ prévisions ” et réalité sur les élections européennes aux Pays-Bas : “ … on remarquera que les sondages se sont trompés, ce qui n’étonnera personne, 17% au lieu
de 21% pour l’extrême-droite (25% d’erreur !), 12% au lieu de 15% pour le parti travailliste (20% d’erreur !), 11% au lieu de 8% pour la droite (37,5% d’erreur !), 7% au lieu de 9%
pour le SP (équivalent du Front de Gauche) (22% d’erreur !), 9% au lieu de 7% pour les verts (22% d’erreur !). ”
Pour notre pays, c’est un peu la même chose : les augures prévoyaient 26% pour le parti du président de la République (7,5% d’erreur !), 19% pour le P.S. (10,5%
d’erreur !), 14% pour le Modem (39% d’erreur !) et 11% pour les verts (45% d’erreur !). Il n’y a que pour le Front de gauche, le NPA et le FN que les prévisions se
soient plus ou moins vérifiées. Que l’on se rassure, tout le monde a oublié ces élucubrations qui reposent sur des coups de téléphone auxquels, de l’aveu-même des sondeurs, les gens répondent à peu
près n’importe quoi.
Pour le reste, on reste tout de même pantois en entendant que le parti du président de la République aurait remporté un triomphe puisqu’il a réuni sur son “ programme ” environ le quart
des voix que ledit président de la République avait obtenues il y a un peu plus de deux ans. Rappelons-nous tout de même ces 19 millions de voix qui se tournent vers une droite pure et
dure en mai 2007, et gardons en mémoire ces un peu plus de 4 millions et demi de voix obtenues par le parti du président de la République. Soyons juste, les autres n’ont pas fait
mieux, en ne parvenant pas à faire comprendre à leurs amis électeurs qu’il était nécessaire de prendre quelques minutes pour aller voter.
On peut aussi s’interroger sur la signification d’une élection qui ne parvient pas à faire prendre le chemin des bureaux de vote à plus de la moitié des électeurs. Qu’a-t-on à nous dire de la
Slovaquie où le taux de participation s’établit autour de 20%, ou de la Pologne avec 25% ? S’il n’est pas question de remettre en cause un résultat obtenu à l’issue d’un vote démocratique, il
est tout de même permis d’opérer un retour sur les mois passés durant lesquels il nous a été martelé que nous n’irions pas voter, que les jeux étaient déjà faits, qu’il n’y avait pas d’enjeux
véritables, que le principal c’est bien l’élection présidentielle. Rappelons-nous le concert unanime des media mis en musique sur une partition déjà écrite. Et écoutons avec distance ceux qui
réécrivent l’histoire en y mettant au centre ceux dont ils se sont moqués il y a 20 ans, sans même s’apercevoir que l’engouement “ Europe Écologie ” est plus qu'analogue à celui
qui avait, en son temps, poussé la liste “ Bernard Tapie ” au “ centre ” de la vie politique française. L’affaire avait fait long feu.
Plus sérieusement, et bien qu’en arithmétique électorale deux plus deux fassent le plus souvent trois ou cinq, on ne peut que regretter que NPA, Lutte Ouvrière et Front de Gauche n’aient pas eu la
bonne idée d’unir leurs forces, leur intelligence et leur capacité de mobilisation pour offrir à des millions d’électeurs l’occasion de se rassembler et de signifier à un gouvernement, succursale
du comité des forges, qu’il était temps qu’il s’efface au profit d’une politique sociale au service des plus vulnérables d’entre nous. En lieu et place, nous aurons eu une sorte de course à
l’échalote, contre-productive, à qui serait le plus près du Peuple. Au bénéfice d’un nain politique qui au royaume des Pygmées fait figure de géant.
Par pumpernickel
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