Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /Juin /2009 19:14
A l’appel de la CGT-Pénitentiaire, de la CFDT-Interco et de Solidaires-Justice, les travailleurs sociaux de l’administration pénitentiaire, conseillers d’insertion et de probation et assistants de service social, ont entamé un mouvement social national.

Alors que l’administration pénitentiaire occupe le devant de la scène médiatique en raison des problèmes de surpopulation pénale, de taux de suicide en augmentation exponentielle, de sous-effectifs dans toutes les catégories de personnels (surveillants, travailleurs sociaux, personnels administratifs), les éternels oubliés de l’administration pénitentiaire ont décidé de se faire entendre, un an après une mobilisation historique.

Ces personnels, au nombre de 2 700, exercent les missions des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP) et sont des acteurs incontournables de l’exécution des peines et de la réinsertion sociale des personnes prévenues ou condamnées, dans un objectif de prévention de la récidive.
Ils assurent la préparation, le contrôle et le suivi de l’ensemble des mesures pénales en milieu ouvert (plus de 150 000 personnes) : sursis mise à l’épreuve, travail d’intérêt général, contrôle judiciaire, libération conditionnelle, placement sous surveillance électronique, etc. Ils coordonnent l’ensemble des actions d’insertion dans les établissements pénitentiaires et préparent les aménagements de peine des personnes détenues (64 000).
La contribution des Conseillers d’insertion et de probation et Assistants de service social au fonctionnement de l’institution judiciaire n’a cessé de croître ces dernières années : création de nouvelles mesures (suivi socio-judiciaire, Placement sous Surveillance Electronique fixe et mobile) et empilement de nouvelles lois.
L’adoption à venir de la loi pénitentiaire va encore renforcer leur rôle crucial en matière de politique pénale et d’aménagement de peine tandis que dans le même temps, les personnes placées sous main de justice sont en proie à des situations sanitaires et sociales de plus en plus précaires.

Ces évolutions justifient amplement une revalorisation statutaire des personnels. Or, il y a tout juste un an, une revalorisation est intervenue qui ne concernait que les personnels d’encadrement alors que les corps de base de cette filière n’ont pas connu d’évolution depuis 1977.
A l’issue de ce conflit social historique, de plus de deux mois, l’administration a conduit un certain nombre de réflexions qui l’ont conduite à proposer aux organisations syndicales un protocole d’accord qui, bien qu’évoquant une revalorisation indiciaire consistante de la grille des agents, est inacceptable de par les contreparties qui s’y rattachent.

En effet, cet accord prévoit une réorientation inacceptable des missions des personnels, scindant artificiellement leurs missions en deux : une dimension “ exécution de peine ” (aide à la décision des magistrats par l’évaluation des demandes d’aménagements de peine) qui ne relèverait plus que des Conseillers d’insertion et de probation et une dimension “ réinsertion sociale ” qui relèverait des Assistants de services sociaux dans l’attente d’être transférée aux collectivités locales ou au secteur privé (ces deux corps exercent aujourd’hui les mêmes missions.
A cela s’ajoute la dérégulation des horaires de travail des agents par une soumission abusive du futur corps de CIP à l’article 10 du décret du 25 août 2000 et l’instauration d’un régime indemnitaire modulable.

Cerise sur le gâteau, il apparaît que Bercy s’opposerait à présent à la revalorisation envisagée. Alors parce que trop c’est trop :

nous dénonçons  le projet de protocole portant réforme du statut des CIP tel que le propose l’administration pénitentiaire,

nous réaffirmons que les dimensions socio-éducative et exécution des peines doivent être appréhendées par un même agent, qu’il soit CIP ou ASS ,dans l’intérêt des personnes suivies,

nous réaffirmons que la prise en charge globale des Personnes Placées Sous Main de Justice et l’accompagnement socio-éducatif participe de la prévention de la récidive,

nous nous opposons à l’éviction des assistants de service social des SPIP,

nous estimons que la complexification de nos tâches et notre charge de travail en constante augmentation méritent une revalorisation sans recentrage sur un “ soi-disant cœur de métier ” tel que défini par l’administration.


Vous pouvez soutenir le mouvement des travailleurs sociaux de la pénitentiaire en signant la pétition en ligne.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible.
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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