Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 12:16
Étrange décision qui vient d'être notifiée il y a quelques jours à Robert Wohlfahrt : on s'en tient à la suspension de deux ans, et il ne faut pas moins de deux mois pour le dire à l'infortuné destinataire. Certes, il fallait attendre que le greffier de l'institution soit rentré de vacances. Reconnaissons que c'est bien d’un travail de bénédictin qu’il s’agit quand il faut envoyer ce type de nouvelles, surtout lorsque l’on est entouré d'un secrétariat.

Le nœud se referme sur celui qui n'est jamais soutenu que ( ! ) par 500 à 1 000 personnes qui ont agi à visage découvert quand les deux ou trois d’en face s'en sont remis à un porte-plume dérisoire, spécialiste de la dénonciation à longue portée commerciale, et adepte d'une syntaxe chaotique qui, au nom des règles non-écrites de l’écriture satirique, prétend, selon ses propres dires, pousser les murs de ce qu’il appelle l’écriture traditionnelle et ne plus s’en tenir à la simple description des faits.

Il est évidemment malséant de vouloir chercher à mettre en rapport le grand nombre des uns et la relative solitude des autres, puisqu’il s’agit de la douleur ou de la peine de celles et ceux qui sont frappés par la maladie. On est évidemment bien loin de cette course à l’outrance qui a été offerte, sorte d’instrumentalisation de la sensibilité de chacun d’entre nous qui pense, en lisant les tombereaux d’approximations qui ont été imprimés, que tout cela doit être tout de même un peu vrai, puisque les représentants de l’ordre se sont déplacés et que chacun sait qu’ils ne se déplacent jamais qu’à bon escient. L’actualité récente n’est-elle pas là pour nous le rappeler avec ces 600 000 gardes à vue ordonnées tous les ans dans notre pays, et quelques cas emblématiques comme celui de Vittorio de Filippis, de cette infirmière de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul ou pire encore de l’affaire dite de Tarnac où là, en plus de l’atteinte à la présomption d’innocence, on en est à l’abus de ridicule.

Cette fois, c’est toute l’armada de ceux qui comptent [ et qui comptent surtout substituer la crainte qu’ils veulent inspirer à une autorité maintenant contestée ] qui a déclenché une procédure implacable, en situation d’auto-allumage, en s’appuyant sur ceux-là mêmes qui n’ont eu de cesse de la dénoncer lorsqu’elle leur était défavorable. Il suffit de se rappeler qu’il y a 5 à 6 ans, cette publication, qui pousse autant les murs de l’écriture traditionnelle que ses lecteurs aux coups de gueule, faisait profil bas lorsqu’il fallait s’exprimer à l’audience, tétanisée à l’idée de perdre encore de l’argent pour avoir écrit qu’untel était ceci ou qu’unetelle était cela. Partageant l’infortune à la barre des accusés, j’étais bien seul à braver la surdimensionnalité des administrateurs judiciaires qui me regardaient de si haut. Les temps changent, les intérêts aussi, et le “ journal ” qui pourrait s’acheter en rouleau affiche la bonne santé de ceux qui n’ont pas de problème d’expression.

Il convient peut-être de se demander ce que l’autorité a voulu nous dire au travers de cette décision prise au sein d’un collège qui, les membres du bureau de l’association des amis et patients du docteur Wohlfahrt en ont témoigné, manifeste à l’encontre de ceux qui ne sont pas des leurs un dédain et un mépris exemplaires.

S’agit-il de remettre tout le monde au pas, d’en finir avec cette médecine, vers laquelle même un ancien président de la République avait fini par se tourner au crépuscule de son existence, au prétexte qu’elle ne sert pas les intérêts des grands trusts pharmaceutiques, ou qu’elle est au moins aussi inefficace que la médecine allopathique ?

Faut-il faire un exemple, intimider, normaliser (au sens tchécoslovaque août 1968 du terme), installer le conformisme, faire courber les têtes ou menacer ?

Veut-on nous administrer une leçon de morale pour nous ramener à des sentiments plus amènes à l'égard de l'Institution ? Dans ce cas, il aurait été plus judicieux de choisir une autre cheville ouvrière que ce tâcheron de l’écriture décomplexée qui revendique une vulgarité qui semble être son fonds de commerce. La crédibilité de l’Institution n’y aurait pas perdu.

Tant par exemple que des réponses autres que dilatoires n’auront pas été données à celles et ceux qui ont écrit tant à la préfecture qu’aux diverses instances de ce conseil de l’ordre des médecins, toutes les conjectures sont autorisées.

Tant qu’il sera possible de lire que les accusateurs disposent, selon leurs termes mêmes, d’informations au plus près de l’enquête, conseil de l’ordre des médecins ou, plus surprenamment, fonctionnaires de gendarmerie chargés de l’enquête compris, tout est envisageable.

Tant que les patients qui ont choisi le docteur Wohlfahrt comme médecin référent n’ont pas été personnellement avisés par ceux-là mêmes qui le condamnent, et avec quelle sévérité, qu’ils doivent faire la démarche d’aller se résigner à aller (se faire) voir ailleurs, tout reste insupportable.

Il est vrai qu’il est rare de se plaindre d’un jugement qui vous est favorable. Par conséquent, il est courant que, inversement, le sentiment d’injustice soit fréquent. Cela dit, alors que les décisions s’égrènent au fil des mois et qu’elles vont pour la plupart dans le même sens, est-il encore permis de dire que le doute s’installe ? Quand vient en plus le constat que l’on n’instruit plus qu’à charge ! Et, pour un pouvoir, s’il se prétend démocratique, rien n’est pire que la perte de confiance.
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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