Samedi 23 mai 2009
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Dans la pseudo-polémique autour des “ propos ” de Monsieur le ministre de
l’Éducation, tout le monde veut avoir raison au nom de ce qu’il faut dire, taire ou faire pour contrer la vague de violence qui submerge l’école après réglé leur compte à tous les autres
compartiments de la société. A la limite, mieux vaudrait en dire le moins possible autour de Monsieur le ministre de l’Éducation qui est un personnage qui a sans doute beaucoup de qualités, et
incontestablement d’indéniables talents. Au premier d’entre eux, il convient de mettre le râteau qu’il s’est mangé aux dernières élections municipales, parvenant, lui, l’homme de droite de la
droite, le conservateur, le réactionnaire, l’apôtre de la contre-réforme, à perdre Périgueux, la ville dont Monsieur Y. Guéna, ancien trésorier du RPR, ministre des PTT qui menaçait de couper
les fréquences des stations périphériques pendant les événements de mai 1968 si elles persistaient à trop donner la parole aux “ émeutiers ”, a été maire 26 années durant. Oui,
vous avez bien lu, Monsieur le ministre de l’Éducation, c’est l’homme de la défaite de la droite à Périgueux, et on ne le dira jamais assez, histoire de le renvoyer à un peu de modestie.
Mais après tout, est-ce si grave et si important ? La question reste posée quand on se penche sur les “ déclarations ” de cet homme qui pense que c’est en faisant peur que l’on
inspirera le respect. En fait, à l’instar de Monsieur C. Pasqua, mentor de Monsieur le presque président de la République de tous les Français, qui voulait “ terroriser les
terroristes ”, Monsieur le ministre de l’Éducation veut intimider, menacer, punir, voire humilier ces enfants dont il pense que les fonctionnaires dont il a la charge, et qu’il prend bien soin
de dénigrer à chaque occasion qui se présente, ne parviennent plus à se faire entendre. Et comme Monsieur le ministre de l’Éducation ne respecte les lois et les règlements que parce qu’il est
terrorisé à l’idée qu’un manquement à la règle pourrait lui valoir une forte punition, il pense que tout le monde est comme lui, et que nous n’obéissons aux règles et aux lois que parce que nous
craignons les sanctions qui pourraient nous frapper si jamais nous pratiquions la transgression. Monsieur le ministre de l’Éducation ne sait pas que l’on peut tout simplement être légaliste et
loyal par intelligence, par raison, par adhésion, par bienveillance. Monsieur le ministre de l’Éducation ignore que l’effet répulsif que génère l’envoi de rideau de gendarmes mobiles qui est
maintenant la règle à chaque fois que le presque président de la République de tous les Français se déplace pour aller à la rencontre de ce qui n’est plus à ses yeux un peuple de citoyens mais
plutôt une sorte de composé de sujets qu’il convient de mettre au pas en multipliant les poursuites envers tous eux qui auront eu l’outrecuidance de lui rappeler ses propos ou ses manières.
En bref, Monsieur le ministre de l’Éducation a perdu une fois encore une bonne occasion de se taire. Il serait bon qu’il aille un peu au contact de la réalité, et qu’il s’abstienne de mettre
inutilement de l’huile sur le feu que ses amis et comparses ont allumé. Monsieur le ministre de l’Éducation serait bien inspiré d’en rabattre un peu, de pratiquer l’une des plus belles des vertus,
l’humilité, et qu’il aille un peu “ au paquet ” prêter main-forte à toutes celles et à tous ceux qui donnent leur temps, leur énergie, leur patience, leur sourire pour que les rapports
s’apaisent dans la société de conflit que Monsieur le ministre de l’Éducation et ses amis et comparses ont bâtie.
Combien de temps faudra-t-il encore pour raccommoder ce qu’il a déchiré, pour redonner aux uns et aux autres l’envie de se parler et de s’écouter, pour retrouver un chemin commun sans lequel il n’y
a pas de salut. Il est si facile d’aller “ faire des phrases ” le plus souvent malheureuses pour aller gratter quelques pourcents ici ou là aux marges des franges les plus discutables de
la société. Il est moins facile d’être au contact quotidien de ceux qui se débattent face aux drames quotidiens de la dislocation sociale, et d’être celui ou celle qui tendra la main à celles et
ceux pour qui il n’y a même pas un regard.
Par pumpernickel
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