Samedi 23 mai 2009
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Les infortunés lecteurs des Dernières Nouvelles d’Alsace, organe régional du parti de
la presse et de l’argent, ont dû ce samedi supporter la prose de Messieurs Kieffer [ celui qui connaît tellement ses dossiers qu’il croit que “ les Européens ” ont échappé à la
directive Bolkestein alors que deux arrêts de la cour européenne de justice l’ont remise en selle ! ] et Hohwiller [ lui, il espère un président pour l’Europe, c’est vraiment une
excellente idée, quand on voit les résultats que ça donne en France ] qui essaient l’un et l’autre de relayer les appels aux électeurs pour qu’ils ne boudent pas trop cette grande consultation
populaire qui aurait valeur de plébiscite si nous étions nombreux à y participer. Les termes employés ainsi que les “ arguments ” qui devraient nous convaincre sont tellement éloignés de
la réalité imposée à des centaines de millions d’entre nous par une commission de technocrates incontrôlés que l’on semble être dans une sorte de théâtre d’illusions où les anamorphismes et les
hologrammes voudraient remplacer le quotidien. Il faut dire qu’avec des taux de participation annoncés compris entre 20% et 40%, le grand élan des pères fondateurs risque d’avoir un peu de plomb
dans l’aile. Et ce ne sont pas les polémiques stupides et infantiles engagées par les encore ministre de l’agriculture et garde des sceaux qui vont crédibiliser les termes du débat. On est en fait
en pleine virtualité, les uns s’opposant aux évidences vécues par les autres qui sont traités de menteurs ou de passéistes lorsqu’ils ont le front d’opposer leur expérience aux billevesées ânonnées
par des bavards appointés, sortes de perroquets indigestes ressassant à l’infini des théories auxquelles ils ne croient pas eux-mêmes.
Le grand thème actuellement, c’est donc le désintérêt suscité par ces gens qui n’ont rien à voir avec nous et qui voudraient nous faire ingurgiter l’infâme brouet qu’ils nous ont concocté. On passe
les mauvaises raisons et les bons prétextes invoqués pour justifier que 250 millions d’électeurs [ on parle maintenant de “ citoyens européens ”, nouveau concept utilisé à tort
et à travers par n’importe quel larbin gouvernemental qui prétend alors élever ceux qu’il méprise par ailleurs à une place sociale dont il ne connaît même pas les prérogatives ] n’iront pas
voter. Ce matin, c’était un festival sur la radio d’état avec Julia Kristeva, linguiste, sémiologue, psychanalyste, écrivain, directrice de l'Ecole Doctorale langue, littérature, image,
civilisations et sciences humaines à l'Université Paris 7-Denis-Diderot [ mais où trouve-t-elle le temps de faire tout ça, quand en plus elle participe aux travaux du conseil économique et
social, sorte d’assemblée des corporations, pour lequel elle écrit des rapports dans lesquels elle appelle de ses vœux une identité européenne, comme s’il y avait une identité à bâtir entre le sud
de l’Algarve et l’Ostrobotnie septentrionale ? ] et Olivier Poivre-d’Arvor [ on ne rit pas ! ] [ ce doit être le frère de celui dont on aime bien la
marionnette ], directeur de Culturesfrance [ on ne rit pas ! ] [ l’opérateur délégué des ministères des Affaires étrangères et de la culture et de la communication pour les
échanges culturels internationaux ] et “ écrivain ” [ on ne rit pas ! ], plus un autre dont j’ai oublié le nom.
Interrogés par les faire-valoir habituels, ces routiers du micro ont péroré pendant deux heures heureusement interrompus par Alain Baraton, le Jardinier, dont la personnalité est écrasante, qui est
d’un autre calibre et qui dit des choses intéressantes, lui.
Le bilan de tout ça, c’est qu’ils sont incapables d’avouer qu’ils ne comprennent rien à ce qu’ils nous imposent, et qu’ils n’acceptent pas que nous contestions les tripatouillages médiatiques,
politiques et électoraux dont ils se rendent coupables.
Au lieu d’invoquer on ne sait quel grand ancien dont le nom échappe au plus grand nombre, pourquoi n’ont-ils pas l’idée d’indexer le nombre de députés élus sur le nombre de votants ?
Les Français envoyant 72 députés siéger à Bruxelles-Strasbourg, on peut imaginer facilement qu’il y ait 72 élus s’il y a 100% de votants. Si seulement deux électeurs sur trois se
déplacent, il n’y aurait alors plus que 48 députés français. Si, comme cela serait le cas, seuls deux électeurs sur cinq accomplissent ce devoir civique acquis le plus souvent au prix du sang,
il n’y aurait plus que 28 ou 29 députés. A l’échelle européenne, cela donnerait entre 260 et 300 députés au lieu d'un peu plus de 750, ce qui serait amplement suffisant, chacun sachant
que, plus les chambres parlementaires sont pléthoriques, moins le travail y est efficace.
Avec ce système, et les places devenant de plus en plus chères, si en plus on met en place le système de vote préférentiel, on ne manquerait pas de voir les candidats au fromage
brusselo-strasbourgeois battre les estrades, mouiller la chemise, potasser les dossiers, aller chercher les voix des électeurs avec les dents, comme l’autre avec son point de croissance, faire la
preuve qu’ils sont vraiment les meilleurs et qu’ils veulent effectivement nous représenter. Ainsi sollicités, il est probable que les électeurs deviendront citoyens et donneront leur voix et
accorderont leur confiance à ceux qui auront fait la démonstration qu’ils sont autre chose que les porte-coton d’une oligarchie aux ordres des tenants de l’ordre libéraliste.
En allant au bout, il est possible d’étendre le système à toutes les élections qui se font au scrutin de liste et à la proportionnelle, en attendant que toutes les élections se fassent au scrutin
de liste et à la proportionnelle bien entendu. Ainsi, pour une ville de 8 000 habitants dotée d’un conseil municipal de 25 membres [ + 4 venant de la commune dite
“ associée ” ] et dont seuls 60% des électeurs ont voté lors du dernier scrutin, il n’y aurait plus que 15 conseillers municipaux, dont 4 de l’opposition. Il resterait
alors 10 sièges vides qui pourraient être occupés par des contribuables tirés au sort à intervalles réguliers et qui auraient voix consultative. Ça mettrait un peu de piment dans cette
assemblée qui peine à (se) passionner, vous ne trouvez pas ?
Par pumpernickel
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