Mardi 19 mai 2009
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Même dans mes rêves les plus fous, jamais je n’aurais pensé revoir un jour la possibilité, pour les cyclistes, d’emprunter la rue de la république dans les
deux sens. Cette faculté avait été perdue lors de la mise en place du plan de circulation à la fin des années quatre-vingt, et tout le monde faisait semblant de s’adapter à ce non-sens qui consiste
à pénaliser celles et ceux qui font des efforts pour se déplacer quand les paresseux se voient récompensés de tous les privilèges.
Lors du pseudo-changement intervenu en 1989, la politique municipale à l’encontre des deux-roues non-motorisés s’est même durcie. Les plus hautes autorités [ rien que l’écrire ma fait
rire ! ] locales n’ont de cesse de vouloir mettre à leur raison ceux qui s’obstinaient à ne pas leur ressembler. Elles ont envoyé leur bras policier bleu marine municipal verbaliser les
récalcitrants, usant à leur égard de procédés qui ne sont pas à leur avantage, n’hésitant pas à intimider au nom d’on ne sait quelles raisons maintenant démenties par les faits.
Le harcèlement aura duré des années, difficiles, durant lesquelles il aura fallu braver ces interdits grotesques obligeant à d’inutiles et humiliants détours pour qui préférait la bicyclette à la
bagnole. Il s’est même trouvé quelque personnage pour dénoncer leur comportement indiscipliné, en flirtant dangereusement avec les limites du ridicule, parfois allègrement franchies.
Mars 2008, le vent tourne, les caciques de l’état RPR local sont renvoyés là d’où ils n’auraient dû émerger, et des initiatives novatrices pour Wissembourg sont envisagées le plus
sérieusement du monde.
Première étape avec la mise en contre-sens de la rue Nationale, chose qui avait été pourtant expliquée comme particulièrement dangereuse par ceux-là mêmes qui sont chargés de l’éducation routière,
mais on n’est pas à une contradiction près. Comme ces gens ne le savaient pas, et surtout ne voulaient pas l’entendre, un contre-sens est un élément positif en matière de sécurité, puisqu’il
insécurise ceux qui sont à l’origine de l’insécurité routière, les automobilistes. Un an après la mise en place de ce dispositif, tout baigne, et même les automobilistes ont appris à tenir compte
des deux-roues !
Mi-mai 2009, c’est l’inimaginable avec l’apparition de ces panneaux [clic sur le lien] que je ne pensais jamais voir de mon vivant à Wissembourg. Ce soir, j’ai pris mon vélo, et je me suis offert cette petite promenade insouciante et
indolore pour autrui, qui consiste à faire la traversée de la ville dans les deux sens sans avoir à mettre pied à terre ou à faire d’invraisemblables détours par d’improbables ruelles.
Rien à dire d’autre qu’à se féliciter de la décision prise. Comme le disait une connaissance, c’est avec des mesures de ce genre-là que l’on va vraiment donner envie aux gens de prendre leur vélo
pour aller et venir en ville, et que tout marchera mieux, forcément.
Pas avare de critiques, Pumpernickel a bien le droit, ce soir, sans arrière-pensée, de dire qu’il est tout simplement content, en particulier pour tous ceux dont la vie quotidienne est maintenant
simplifiée par la mesure de bon sens qu’il préconisait, sans trop y croire, depuis trop d’années.
Bon point pour la municipalité !
Par pumpernickel
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