Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 00:21
Vous avez tous écouté avec une attention quasi-religieuse ce discours de Saint-Quentin qui restera sans doute gravé dans le marbre de l’Histoire de la République cinquième de la série. Devant un parterre d’invités triés sur un volet que la plupart d’entre nous ne fréquente pas, la République, toujours bonne fille, a laissé celui qui est son président pérorer pendant un peu plus d’une heure pour à peu près ne rien nous dire. Quelle signification peuvent avoir ces fausses envolées soi-disant lyriques applaudie poliment par ceux qui savent qu’ils ont intérêt à faire comme le voisin qui les observe du coin de l’œil et sera prêt, le cas échéant, lors d’une prochaine réunion sur les investitures à quelque mandarinat local, à dire qu’ils manquaient singulièrement d’ardeur pour féliciter le champion de la vigueur de ses saillies verbales. Car l’homme qui a la banane (mais sait-il vraiment ce qu’il dit ?) ne s’est pas privé pour y aller de bon cœur au nom de l’honnêteté et de la morale. Ah ! Que tout cela était beau, émouvant, touchant, et surtout juste. Car qui pourrait avoir l’idée qu’il s’agisse là d’un rôle de composition pour faire patienter encore un peu tous ceux qui sont confrontés à la perspective du chômage ? Hein, qui ? On se le demande !
C’est un peu comme mercredi matin quand le premier ministre réel était l’invité de la radio de service public. On était à quelques heures de la publication des données chiffrées du chômage, et tous les journalistes parlaient d’une forte augmentation, en réalité 80 000 personnes, soit 10 000 de moins qu’en janvier, mais il n’y a que 28 jours en février ! Et qu’a répondu Monsieur le premier ministre réel H. Guaino ? Je le cite de mémoire : “ en toute honnêteté, je n’en sais rien ! ” Et moi, je suis sûr qu’il y a des gens malveillants qui ont douté de cette honnêteté, pensant sans doute que Monsieur le premier ministre réel H. Guaino n’avait pas envie de répondre à ça et qu’il bottait en touche. Et moi, je suis sûr qu’il est absolument impossible que Monsieur le premier ministre réel H. Guaino, s’il avait connu les données chiffrées de l’augmentation du chômage ne les aurait pas livrées au journaliste qui lui posait la question. Pas vous ?

Et pour revenir à Saint-Quentin, a-t-on une idée de combien ils étaient pour surveiller tout notre petit monde et s’assurer que des manifestants ne viendraient pas troubler la quiétude du “ discours présidentiel ” en demandant des comptes par exemple quant aux “ promesses électorales ” ou aux engagements pris en faveur du pouvoir d’achat et autres fadaises de la période durant laquelle il faisait l’éloge du surendettement des ménages garant de la modernité sociétale. Aux dernières nouvelles, plusieurs centaines de casques bleu marine, autant de matraques, des combinaisons à la mad max, toute la panoplie du petit démocrate en somme. Et il paraît la sauterie présidentielle qui n’était a-bso-lu-ment pas un meeting de l’union pour une majorité populaire (eh oui, c’est ça que signifie UMP ! Etonnant, non ?) aurait coûté entre 100 000 € (selon les organisateurs) et 400 000 € (selon des journalistes et quelque député bien au fait des finances publiques). A peu près rien, en somme.

Pendant ce temps, on en est aux rumeurs démentant les conjectures concernant le devenir de l’entreprise Bürstner.
De même que lorsque j’apprends qu’un fonctionnaire part pour des îles lointaines et néanmoins territoire ou département français, c’est rarement, comme disait Régis Hulot, parce qu’il a l’intention de s’y appauvrir, de même ces derniers mois, lorsque j’ai entendu parler de l’entreprise Bürstner, c’était rarement pour entendre qu’elle allait embaucher du nouveau personnel.
Il serait maintenant question que des dizaines de postes de travail soient menacés, et que la nouvelle, préparée de longue date, ne soit annoncée qu’au dernier moment aux victimes de ce gâchis. Rejouerait-on le sinistre drame de Wimétal dont on vient tout juste de commémorer l’anniversaire, avec ses 200 victimes de la barbarie libéraliste immolées sur l’autel du profit, des dividendes et de la mondialisation des échanges, source d’enrichissement mutuel comme s’évertuait encore à l’ânonner le “ commentateur économique ” qui a remplacé Monsieur J.-M. Sylvestre (dont il se raconte qu’il serait docteur en économie) sur la radio de service public, y compris pour les pays émergeant comme ces gens-là appellent maintenant les nations maintenues dans le sous-développement. Concernant l’entreprise Bürstner, et dans l’hypothèse que l'on espère irréaliste où les choses tourneraient mal, on ose espérer que le maire nouveau saura mieux se tenir que son prédécesseur qui n’avait eu qu’une lettre ni écrite ni à écrire à envoyer aux ouvriers en grève avec occupation.
Mais nul doute que ce sujet aura une place de choix lors du prochain conseil municipal de demain, lors de l'examen du point 19, quand on en est aux
“ divers .

Pette question : quelqu'un peut-il me remplacer pour prendre quelques notes et soupeser l'ambiance ?
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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