Dimanche 22 mars 2009
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Bonjour.
Dans les extraits qui suivent du livre de Rosa Luxembourg de 1898 "Réforme sociale ou révolution" traitant de la sortie de la grande dépression 1873-1896 (à cette époque déjà consécutive au
libre-échangisme des années précédentes), il est évoqué dans le chapitre 2 du rôle du crédit en économie capitaliste et dans les crises de ce mode de production. Cet ouvrage comporte aussi d'autres
voies d'entrée, et certains y trouveront notamment dans la première partie des arguments à opposer aux sociaux-libéraux du P$ et autres dogmatiques des religions capitalistes ... ;-)
L'ouvrage en entier est disponible via ces liens :
http://classiques.uqac.ca/classiques/luxemburg_rosa/oeuvres_1/rosa_oeuvres_1.pdf
http://tinyurl.com/chq5nj
Cordialement, Gromit
"Les moyens d'adaptation les plus efficaces de l'économie capitaliste sont l'institution du crédit, l'amélioration des moyens de communication, et les organisations patronales moyens d'adaptation
les plus efficaces de l'économie capitaliste sont l'institution du crédit, l'amélioration des moyens de communication, et les organisations patronales 1.Commençons par le crédit. De ses multiples
fonctions dans l'économie capitaliste, la plus importante consiste à accroître la capacité d'extension de la production et à faciliter l'échange. Au cas où la tendance interne de la production
capitaliste à un accroissement illimité se heurte aux limites de la propriété privée, aux dimensions restreintes du capital privé, le crédit apparaît comme le moyen de surmonter ces limites dans le
cadre du capitalisme ; il intervient pour concentrer un grand nombre de capitaux privés en un seul - c'est le système des sociétés par actions - et pour assurer aux capitalistes la disposition de
capitaux étrangers - c'est le système du crédit industriel. Par ailleurs, le crédit commercial accélère l'échange des marchandises, donc le reflux du capital dans le circuit de la production. On se
rend aisément compte de l'influence qu'exercent ces deux fonctions essentielles du crédit sur la formation des crises. On sait que les crises résultent de la contradiction entre la capacité
d'extension, la tendance à l'expansion de 'la production d'une part, et la capacité de consommation restreinte du marché d'autre part; en ce sens le crédit est précisément, nous l'avons vu plus
haut, le moyen spécifique de faire éclater cette contradiction aussi souvent que possible. Tout d'abord, il augmente la capacité d'extension de la production dans des proportions gigantesques ; il
est la force motrice interne qui la pousse à dépasser constamment les limites du marché. Mais il frappe de deux côtés. En sa qualité de facteur de la production, il a contribué à provoquer la
surproduction ; en sa qualité de facteur d'échange il ne fait, pendant la crise,qu'aider à la destruction radicale des forces productives qu'il a lui-même mises en marche.
Dès les premiers symptômes d'engorgement du marché, le crédit fond ; il abandonne la fonction de l'échange précisément au moment où celui-ci serait indispensable ; il révèle son inefficacité et son
inutilité quand il existe encore, et contribue au cours de la crise à réduire au minimum la capacité de consommation du marché. Nous avons cité les deux effets principaux du crédit ; il agit encore
diversement sur la formation des crises. Non seulement il offre au capitaliste la possibilité de recourir aux capitaux étrangers, mais encore il l'encourage à faire un usage hardi et sans scrupules
de la propriété d'autrui, autrement dit il l'incite à des spéculations hasardeuses. Ainsi, en qualité de facteur secret d'échange de marchandises, non seulement il aggrave la crise, mais encore il
facilite son apparition et son extension, en faisant de l'échange un mécanisme extrêmement complexe et artificiel, ayant pour base réelle un minimum d'argent métallique ; de ce fait, il provoque, à
la moindre occasion, des troubles dans ce mécanisme. Ainsi le crédit, loin de contribuer à abolir ou même à atténuer les crises, en est au contraire un agent puissant.
Il ne peut d'ailleurs en être autrement. La fonction spécifique du crédit consiste - très généralement parlant - à corriger tout ce que le système capitaliste peut avoir de rigidité en y
introduisant toute l'élasticité possible, à rendre toutes les forces capitalistes extensibles, relatives et sensibles. Il ne fait évidemment ainsi que faciliter et qu'exaspérer les crises,
celles-ci étant définies comme le heurt périodique entre les forces contradictoires de l'économie capitaliste."
"En un mot, le crédit ne fait que reproduire les contradictions cardinales du capitalisme, il les exaspère, il accélère l'évolution qui en précipitera l'anéantissement, l'effondrement. Le premier
moyen d'adaptation du capitalisme quant au crédit devait être la suppression du crédit, l'abolition de ses effets. Tel qu'il est, celui-ci ne constitue nullement un moyen d'adaptation,mais un
facteur de destruction à l'effet profondément révolutionnaire. Ce caractère révolutionnaire qui conduit le crédit à dépasser le capitalisme n'a-t-il pas été jusqu'à inspirer des plans de réforme
d'esprit plus ou moins socialiste ? Il n'est qu'à voir ce grand représentant du crédit qu'est en France un Isaac Péreire et que ces plans de réforme font apparaître, selon Marx, à moitié comme un
prophète et à moitié comme une canaille".
Par pumpernickel
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