Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 22:37
Et quand l’amour entre en jeu…

“ Enfant, elle affronte les insultes, surmonte la méchanceté de ses camarades de classe. Elle est mise « à part », dévisagée au marché par les passants, qui lui trouvent des traits semblables à ceux d'un père qu'elle ne connaît pas. Etre une « enfant de boche » est lourd à porter… ”

C’est le début d’un article de Claire Burckel en pages régionales de l’ARP2R (avatar régional de la presse régionale de révérence) sur ces enfants nés de ce que l’on appelait à l’époque “ la collaboration horizontale ”. Cela permettra, comme l’explique très bien l’article sur “ Danielle ”, de redonner une existence à qui aura passé sa vie à éviter les regards chargés de sous-entendus et les insinuations dont on aura été affublé. Ceux qui comme moi n’ont pas vécu cette période sont mal placés pour émettre un jugement sur les amours interdites de l’époque de l’occupation qui ont été brocardées puis condamnées, et leurs malheureuses victimes traînées dans la boue d’une façon par contre objectivement indigne.

Mais là n’est pas la question. Il y a dans l’article de Claire Burckel ce que l’on appeler “ la phrase qui tue ”. Citons-la :
“ […] Danielle se marie avec un « enfant de boche », lui aussi. Son père était Autrichien, enrôlé de force dans la Wehrmacht. […] ”.
Des “ Malgré-nous ” autrichiens ? C’est bien la première fois que l’on entend ça. Tous ceux qui ont pu en témoigner, racontent que les seuls Autrichiens qui n’acclamaient les troupes allemandes lors de l’Anschluss étaient ceux, 50 000 comme le précisait Peter Leuprecht, ancien secrétaire général adjoint du Conseil de l’Europe, qui avaient connu le tragique destin de son propre père d’avoir été arrêtés dans les heures qui ont suivi le coup de force de 1938. Les témoignages sont également légions d’Autrichiens qui se sont distingués à leur façon dans leur
rôle de garde-chiourme dans les camps de concentration et d’anéantissement nazis. Les rebondissements des diverses “ affaires Waldheim ” montrent aux plus sceptiques que le doute est au moins permis quand l’Autriche chercherait encore à se faire reconnaître un destin de première victime du nazisme. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que les élections en Carinthie donnent la victoire au parti de l’alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ), héritière directe du parti libéral autrichien ou parti autrichien de la liberté (FPÖ) de Jörg Haider, extrêmement lié à toute l’extrême-droite européenne, dont le Vlaams belang (Intérêt flamand) de Filip Dewinter qui, lors de la fête de ce mercredi des Cendres a déclaré que « le FPÖ et le Vlaams Belang doivent dire tout haut ce que, en Europe, les gens pensent tout bas : notre peuple d’abord. Les partis nationalistes européens doivent construire une internationale des nationalistes afin de garder l’Islam dehors ». Les salutations de Filip Dewinter ont été entrecoupées par de nombreux applaudissements.

Où l’on peut malheureusement constater qu’à 70 ans d’intervalle, notre histoire fait un peu plus que bégayer. Quant aux “ Malgré-nous ” autrichiens, c’est semble-t-il une autre affaire.
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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