Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 23:15

Le saviez-vous ? Personne ne vous l’a dit, sans doute du fait de ces projecteurs braqués sur un G20 dont on se demande encore à quoi il a vraiment servi. Ces fameuses “ décisions ” dont on nous rebat les oreilles sont le plus souvent la reprise des dernières suggestions énoncées la dernière fois, et qui seront selon toute vraisemblance repris lors de la prochaine édition. Au-delà du show donné par tous ceux dont les principaux titres de gloire sont de perdre une à une la plupart des élections dans leur propre pays, Madame M. Merkel cette année, Monsieur N. Sarkozy depuis juin 2007, Monsieur B. Obama il y a quelques mois, sans oublier tous ceux qui ont été poussés vers la porte du fait de la situation dans laquelle ils ont plongé leurs malheureux concitoyens, qui peut s’intéresser à ces gens protégés par des rideaux étanches de “ forces de l’ordre ” et de troupes spéciales opérant dans des villes quadrillées d’où les habitants sont de facto indésirables chez eux.
Dans ce contexte de démissions en cascades, on parle d’effet domino, sur fond de reprise en boucle de cette insupportable doxa libéraliste qui prétend nous faire passer le rationnement pour une nécessité, le serrage de ceinture pour la règle absolue et la concurrence intergénérationnelle pour l’exigence centrale, il suffit peut-être d’être attentif aux effets immédiats de ces politiques mises en œuvre pour faire notre bonheur de préférence malgré nous. Le démantèlement des services publics, véritables dogme des gnomes de Francfort …

[ qui ont désormais à leur tête l’ancien président de Goldman Sachs Europe, cette institution bancaire à l’origine de la crise de 2008 qui a expliqué aux gouvernants grecs comment ils devaient s’y prendre pour camoufler leurs comptes publics ]

… est exemplaire. Ces gens vomissent les fonctionnaires, ils les considèrent comme des parasites, ils ne les imaginent que paresseux et sources de ces déficits dont ils sont inévitablement responsables. Une solution s’impose(rait), la privatisation, la vente des actifs, le bradage du patrimoine …

[ ainsi faut-il vendre le plus souvent pour une bouchée de pain ces tribunaux d’instance désaffectés, ces casernes désertées, ces écoles isolées, ou, comme à Wissembourg, le siège de l’inspection primaire qui abritait également le centre d’information et d’orientation ]

… pour récupérer quelque fifrelin censé rembourser ces créanciers qui ressemblent à des fauves dont il faut bourrer la gueule toujours tant et surtout plus. Localement, il y a quelques années, on a ainsi vendu l’ancien central téléphonique, avant sans doute que le bureau de poste ne connaisse, à court terme, le même sort.
Billevesées ? Propos alarmistes destinés à affoler les populations ?
Ce 27 octobre 2011, le dernier bureau de poste néerlandais en titre a fermé ses portes. La bâtisse monumentale, monument historique, construite à Utrecht en 1924 dessinée par l’architecte J. Crouwel jr. va être transformée en boutiques de mode, hôtel 4 étoiles et restaurant. Elle partagera le sort funeste de l’ancienne poste principale d’Amsterdam, elle-même monument historique, œuvre de l’architecte royal C.H. Peters. En lieu et place, les consommateurs …

[ qui ne sont plus depuis belle lurette des usagers, et qui doivent maintenant en passer par les volontés de plusieurs sociétés d’acheminement du courrier, au prix de perte des plis et d’incertitude quant au respect du secret de la correspondance ]

… pourront utiliser 2 600 magasins, principalement des supermarchés, pour régler leurs affaires postales. Le démantèlement a commencé en mars 2008 lorsque TNT post …

[ à qui on avait quasiment donné l’ancienne administration des Postes, et qui s’était engagé à respecter un rigoureux cahier des charges, un peu à la manière de Bouygues obtenant TF1 parce qu’il était le mieux-disant culturel, le Canard enchaîné avait parlé de “ mieux-disant cultruelle ” ]

… avait décidé de remplacer les bureaux de poste classiques par des points-services installés dans les magasins. Attendue pour 2012, cette “ réforme ” ou évolution inéluctable causée par les nécessités de rentabilité est allée plus vite que prévu.
En 1850, la loi néerlandaise sur la Poste prévoyait que chaque commune devait avoir son bureau de poste. Il y en eut jusqu’à 2 000 aux Pays-Bas qui, outre la poste, le télégraphe et le téléphone, étaient des agences de la caisse d’épargne royale. Tout cela a bien entendu été privatisé récemment, il y a une dizaine d’années, si bien qu’il n’est resté, il y a 5 ans, que 250 bureaux de poste.
Actuellement, si vous voulez acheter des timbres, c’est au supermarché, pour les lettres recommandées, c’est chez le cordonnier du coin, quant aux paquets, vous avez peut-être la chance d’avoir un réparateur de vélo au coin de la rue chez qui vous pouvez le retirer, muni du bon que votre voisin vous a donné parce que, du fait de votre absence, il lui a été confié par un improbable “ facteur ” dépourvu d’uniforme.
Comme il est dommage que rien n’ait été dit de cette étape décisive dans cette grande marche du progrès qui nous est proposée et qui n'est pas sans rappeler le franchissement de la rivière Mara lors de la migration des gnous, à moins qu'elle ne s’apparente à une fuite en avant pour le plus bénéfice des spéculateurs financiers. Les journalistes, les vrais, ceux qui vérifient leurs sources, ceux qui interrogent les responsables, ceux qui consultent les experts, ceux qui relatent des faits, eux, avaient sans doute bien autre chose à faire. Dommage !

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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