Samedi 15 novembre 2008
6
15
/11
/Nov
/2008
17:53
Compte rendu de mon passage à la gendarmerie de Wissembourg
Comme je n’ai pas reçu de réponse aux courriers que j’ai envoyés aux instances départementale et régionale du
conseil de l’ordre des médecins, pas plus qu’à celui envoyé au préfet du Bas-Rhin, je me suis déplacé cet après-midi à la gendarmerie de Wissembourg pour y déposer une plainte,. Je m’estime en
effet, au même titre que l’ensemble des patients qui ont choisi le docteur Wohlfarht comme médecin référent, victime d’un préjudice, attendu que je ne peux plus consulter et me faire suivre par
le médecin que j’ai choisi il y a une bonne vingtaine d’années, choix que j’ai confirmé quand la sécurité sociale m’a demandé de désigner un médecin référent. C’est ce que je suis allé expliquer
aux gendarmes qui étaient bien ennuyés de ma démarche, car, m’ont-ils obligeamment expliqué, il n’y a pas de délit, je ne suis pas en danger de mort car je suis en mesure de me faire soigner,
certes pas par mon médecin traitant mais par un médecin tout de même. Pas de délit, cela veut dire pas de plainte, et on en reste là.
De mon côté, mon argumentation est que puisque l’on m’a obligé à me déclarer auprès d’un médecin et qu’à part les
informations que j’ai pu, comme tout le monde, rassembler sur la situation, les autorités qui ont cru bon devoir fermer le cabinet du docteur Wohlfahrt n’ont pas eu l’idée de me prévenir que je
devais changer de médecin, j’estime que je ne suis plus en mesure d’être soigné, ou pour le moins d’être soigné dans les conditions de confiance qui prévalaient avant la mi-octobre. Quels que
soient la compétence et le dévouement des médecins des urgences [ que je connais bien et qui ont été, à titre très personnel, d’une grande efficacité lorsque j’ai été confronté à la
difficulté ], leur intervention ne peut pas être du même ordre que celle d’un médecin que l’on connaît, qui vous connaît, qui sait ce que vous êtes et qui vous êtes et à qui vous n’avez pas
besoin de vous raconter avant qu’il intervienne.
Comme je l’ai expliqué à mon patient interlocuteur, je n’envisageais pas de sortir de la gendarmerie sans disposer
d’une trace de mon passage, afin que les démarches que je vais maintenant entreprendre avec un conseil puissent s’appuyer sur un acte officiel. La plainte en tant que telle étant difficile à
établir, et après avoir passé pas mal de temps à converser, c’est un “ renseignement judiciaire ” qui a été fait, sous le numéro 1128/2008 à la date d’aujourd’hui. Il sera transmis au
Parquet qui en fera le meilleur des usages, nous en sommes tous certains, puisque c'est son habitude.
Cette démarche, simple, était en fait moralement nécessaire. En effet, les réactions à la décision administrative
de fermeture du cabinet du docteur Wohlfahrt témoignent par leur nombre et leur ton de l’émotion que tout cela suscite, en même temps d’ailleurs de la mesure de ceux qui les expriment. C’est
d’abord l’incompréhension face à ce qui semble démesuré parce que rien n’est expliqué. Comme tout serait plus simple si celles et ceux qui ont attendu deux mois pour faire fermer un cabinet les
avaient passés à préparer l’explication de leur décision.
Il n’est pas question d’entrer dans le détail d’un dossier hermétiquement clos qui permet aux uns de commander et aux autres d’obéir. Il est seulement question de laisser ou non celles et ceux
qui conservent leur confiance à leur médecin, malgré tous les efforts de ses détracteurs, bénéficier des soins et des conseils de ce médecin. Par ailleurs, la diversité géographique de celles et
ceux qui réagissent, leur spontanéité, le caractère personnel des formes de réaction témoignent en eux-mêmes de la relation qui a pu être installée entre un praticien de la médecine et sa
clientèle. Pourquoi d’un côté entend-on la véhémence aux accents diffamatoires et l’invocation d’une forme de salubrité publique qu’il faudrait sauvegarder et de l’autre ces dizaines, voire
centaines, de témoignages de celles et ceux dont le cours de l’existence a été brutalement perturbé et qui ne s’en sont sorti que grâce aux soins qu’ils ont trouvés dans ce cabinet maintenant
fermé ? Et d’ailleurs, pourquoi ces dizaines, voire ces centaines, de témoignages dans un sens auraient-ils moins de poids qu’un ou deux dans l’autre ? Où a-t-on vu que l’on
n’instruisait qu’à charge ? Il est maintenant urgent que ceux qui ont pris la décision de fermeture qui nous préoccupe tous s’en expliquent.
Derniers Commentaires