Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 10:38
Tout d’abord, signalons que Madame C. Servajean, la journaliste qui présentait le journal de 13h00 d’hier n’a pas éprouvé le besoin de se signaler, ce qui est tout à son honneur.

Ensuite, ce matin, c’était toute une brochette de ces "spsécialistes" qui savent évidemment tout mieux, en particulier mieux que les témoins des événements dont ces "spsécialistes" se sont fait une ces "spsécialité" de nous entretenir.

Ce matin, c’était autour du vibrionnant Monsieur N. Demorand [ l’homme de toutes les situations qui ne redoute personne, sauf peut-être Monsieur le président de la République quand il n’était encore que candidat et que, s’y voyant déjà, il envoya Monsieur N. Demorand dans les cordes au cours d’une émission matinale de la radio publique ], ex d France culture, qui nous bassine 3 longues heures d’antenne durant.
Question de Kader, petit-fils d’ancien combattant [ et non "vétéran" comme on aime à le répéter ] ocupeurs de microsde Verdun, qui nous parle de ces Poilus qui sont ou seraient encore vivants mais qui n’ont ni la bonne nationalité, ni la bonne couleur de peau, ni la bonne religion, et encore moins la bonne langue [ puisque ceux qui les ont les ont envoyés au feu ont bien pris la précaution de ne leur apprendre que ce français essentiel que l’on a retrouvé ensuite sur le boîtes d’un petit déjeuner chocolaté ] et qui voudrait qu’on le recherche ces gens qui sont aussi importants que le dernier Poilu français décédé l’an dernier. Bonne remarque Kader, mais il faudrait qu’on vérifie, ouis c’est une intéressante remarque, oui, une autre question…

Et voilà, le tour est joué. Nos inlassables "spsécialistes" reprennent le micro pour nous re-raconter ce qu’ils ont dans les journaux et nous martelaet quelques minutes plus tard que les soldats ne sont pas partis la fleur au fusil, ils le savent, eux, et que d’ailleurs, ces mêmes "spsécialistes" s’interrogent sur les capacités de survie de ces millions d’hommes dont il faut honorer la mémoire et le sacrifice.
Oui, c’est vrai, mais nos "spsécialistes" font semblant d’ignorer quelle était la vie réelle de ces enfants de paysans que l’on a envoyés à la mort, qui ne connaissaient rien du confort de la bourgeoisie urbaine qui prétend, au travers de ses romanciers appointés, peindre une société à partir des impressions qu’elle retirait de la fréquentation des domestiques.

Savent-ils ces "spsécialistes" que ceux qui sont partis, qui se sont engagés "pour la durée de la guerre" l’ont fait au nom du sens du devoir, du patriotisme qui leur avait été entonné dans la cervelle depuis la défaite de 1870 et de l’obéissance aux chefs qui ne se discutait pas. Quand René Hercé, né fin 1895, présent ce début d’août 1914 sur les marches de la Chambre a entendu un député qu’il connaissait, l'abbé Lemire, fondateur des jardins ouvriers, lui dire : "Ben mon p’tit gars, c’est la guerre, faut t’engager !", René Hercé n’a pas hésité une seconde et s’est retrouvé au Vieil-Armand, au Chemins des Dames et ailleurs encore, partout où on avait besoin du "Volant", ainsi surnommé parce qu’il avait l’habitude de sauter presque en volant au-dessus du parapet de la tranchée.
Et d’ailleurs, René Hercé, mort en 1988, n’a pas eu à se plaindre, puisque, rentrant de plus de 4 années de tueries, de privation et de souvenirs dont quelques-uns hanteront sa mémoire, la République, bonne fille, lui a offert un emploi d’aide-visiteur au chemin de fer [ c'est le bas de l'échelle ], réseau de l’Etat, où il a pu exercer ses talents et construire une vie qu’il pouvait, lui, regarder en face.

Mais tout cela n’a pas grande importance. Est-ce même vrai pour nos "spsécialistes" qui d’un côté déplorent la multiplicité des commémorations qui alimenteraient les particularismes et de l’autre veulent promouvoir les commémorations locales qui sont en elles-mêmes des manifestations du particularisme ?

Il faut dire, à la décharge de nos "spsécialistes" qu’ils ne sont pour rien dans le fait que la sensiblerie ait remplacé la sensibilité ou que la cupidité maintenant institutionnelle ait pris le pas sur la solidarité nationale. Ils n’y sont pour rien, ils ne font qu’accompagner le mouvement, et c’est bien cela qui les accable encore.
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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