Samedi 8 novembre 2008
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Barack Obama vient donc d'être élu, et prendra ses fonctions dans deux mois et demi. Il nous faudra donc faire
preuve de patience pour savoir de quelle façon nous passerons du discours aux actes, du rêve à l'action.
Mais je vais revenir sur ce qui doit rester une anecdote, la couleur de sa peau, tout comme serait une anecdote le fait que le(a) nouvel(le) élu(e) aurait pu être une femme, un borgne, une personne
mesurant 1 mètre 98 ou au contraire 1 mètre 48.
Obama est donc métis. 58 ans après le refus de Rosa Parks de céder son siège à un homme blanc dans l'autobus (à Montgomery en 1955), 45 ans environ après la fin de la ségrégation raciale dans le
Droit états-unien, une majorité d'électeurs portent au pouvoir un métis, un homme qui reste aux yeux de beaucoup, un "nègre".
La dernière guerre coloniale française s'est terminée le 19 mars 1962 par un "cessez le feu" qui mettait un terme à une époque sanglante dont nul ne sait aujourd'hui combien de millions de morts
elle a coûté, de l'Asie du sud-est à l'Océanie, de l'Amérique du nord et des Antilles à l'Afrique.
Il y a donc un demi-siècle que les Etats-Unis et la France se trouvent dans des situations comparables: plus d'indigènes, plus d'esclaves, plus de non-citoyens sur lesquels règnent les seuls hommes
dignes de ce nom, l'homme blanc. On peut donc considérer que dans ces deux pays chaque citoyen, quelle que soit la couleur de sa peau, peut devenir maire, conseiller régional ou député, et même
président de la République. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé il y a un an et demi : c'est un Français dont le père n'était pas né en France qui a été désigné pour diriger l'Etat, un
"immigré de la seconde génération" comme on dit aujourd'hui (ce qui pourtant n'a aucun sens).
On pourrait se féliciter de notre capacité à nous ouvrir à autrui, de notre possibilité d'assimilation de ceux qui viennent d'autres horizons. Malheureusement, le nouvel élu a fait une partie de sa
campagne sur l'exclusion de l'étranger, du pauvre, du parasite, du déviant,...
A se demander quand (si) nous serons capables de porter au pouvoir un noir ou un arabe sans nous poser plus de questions que nous ne nous en posons au sujet des compétences ou des qualités du
nouvel élu d'outre-Atlantique.
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En complément de ce que dit Hulot, il y a ce premier discours à Chicago dans lequel le nouvel élu n’oublie personne, et adresse à chacun un message qui n’a pas grand chose à voir avec les
platitudes de poncifs éculés auxquels nous avons eu droit il y a 18 mois (oui, oui, c’était il y a 18 mois, et mesurons l’étendue du désastre !).
Plus intéressant encore, ce petit mot envoyé par une ancienne élève aujourd'hui retournée aux États-Unis :
Bonjour Antoine,
Oui, j'étais super contente de l'élection! Je suis rentrée à Pittsburgh dimanche pour aller voter mardi. J’ai pris le bus pendant 7 heures pour y arriver de Washington. Mais ça valait le
coup parce que la Pennsylvanie est revenue à Obama. Donc, j'ai participé à l'Histoire. Mardi soir, je suis rentrée à Washington à 10h30. On venait d'annoncer qu’Obama avait gagné. Tout le monde est
sorti dans la rue et il y avait énormément de bruit. Mes colocataires et moi sommes allés a la Maison Blanche pour chanter "good-bye" à Bush. On a dansé et crié partout jusqu'au petit matin. Tu
savais que Washington DC a voté à 92% pour Obama ? Donc il y avait du monde qui était content. J’espère qu'on fait beaucoup de progrès avec le nouveau président. Je pense que les jeunes
vont s'engager beaucoup plus dans la politique après cette élection parce qu'on voit qu'on peut changer quelque chose après tout. J’ai vu les statistiques : plus on est jeune, plus on a voté
pour Obama !
[ … ]
Merci pour ton courriel et bonne continuation.
Sarah
Par Régis Hulot
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