Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 13:49

Voilà deux mois maintenant que ce qui était terminé il y a deux ans (si, si, c'est Monsieur J.-M. Sylvestre qui l'avait affirmé quand il nous ennuyait encore à encombrer les antennes d'une radio publique qu'il vomit par ailleurs) n'en finit pas de s'éterniser. Ces 10 dernières semaines, nous avons pu assister à une sorte de sauve-qui-peut général, les inepties des uns le disputant aux incantations des autres. Pour notre plus grande honte, Monsieur le président de la République et Madame la ministre de l'économie et des finances ont interprété un numéro de duettistes qui en dit long, à lui tout seul, sur le niveau de leur sang-froid et de leur réflexion. Confondant action et agitation, psalmodiant à tout va une confiance dont ils pensent que son évocation par leur bouche devrait suffire à rassurer leurs amis aux mains pleines de l'argent des autres gagné à la sueur du front de tous ceux que ce petit monde méprise. On aura mesuré l'étendue de leur échec, chaque réunion forcément de la dernière chance qui devait régler évidemment définitivement le problème n'étant que le prélude à une désertion des troupes qui se manifeste par un plongeon supplémentaire dans les abîmes d'un CAC 40 aux mains des milliardaires et des « traders » (c'est le mot à la mode pour désigner ceux qui prennent l'argent dans la poche des honnêtes gens pour le miser dans les combines douteuse de leurs complices). Ce n'est plus une déroute, c'est une bérézina !

Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que l'on entend Monsieur le président de la République entreprendre de refonder le capitalisme, de le moraliser, d'en finir avec les affairistes pour que les entrepreneurs aient le dernier mot.

Tout cela serait grotesque si ce n'était tragique, car nous savons tous trop bien comment les amis « blindés » comme il semble le dire lui-même dans le langage qu'on ne lui connaît que trop, savent régler le problème. Ils sont bien peu nombreux à avoir payé de leur lvie es errements qu'ils avaient provoqués lors de la grande dépression qui suivit le jeudi noir du 24 octobre 1929 dont nous commémorerons le funeste anniversaire demain. Cette fois, par l'un de ces bégaiements (c'était hier la journée des bègues, les vrais, ceux qui doivent vivre avec un handicap qu'ils parviennent courageusement à surmonter) dont elle a le secret, l'Histoire nous repasse les plats : les amis flambeurs des propriétaires de yachts et des amateurs de soirées hors de prix ne nous proposent rien de moins que de payer l'addition à leur place, en ne lésinant pas sur les leçons de morale. Cela fait penser [histoire vraie] à un employeur indélicat qui fait un séjour « à l'ombre » pour cause de malversations et qui convoque ses collaborateurs directs pour leur remonter les bretelles et leur intimer l'ordre de se mettre au travail !

Et dire que toutes ces salades nous viennent de tous ces docteurs, professeurs, consultants et autres spécialistes en économie qui bavardassent à longueur de semaines, ressassant les mêmes lunes pour justifier leur égoïsme, leur myopie …et leurs émoluments [saviez-vous que lorsque l'un de ces "consultants" d'opérette de série Z vient occuper le crachoir ou la caméra, il est "payé" pour nous ennuyer ?] !

Rappelons-nous le ridicule de Madame la ministre de l'économie et des finances quand elle nous recommandait de prendre notre vélo si nous trouvions l'essence trop chère ! D'ailleurs, nous connaît-elle ? Sait-elle qui nous sommes, elle qui a passé l'essentiel de sa vie professionnelle à conseiller ceux-là mêmes qui sont à la source des malheurs qui frappent les plus vulnérables d'entre nous ? Et d'ailleurs, avons-nous vraiment envie de lui ressembler ? Ne voilà-t-il pas quelqu'un avec qui personne n'a envie d'aller passer des vacances [en tout bien tout honneur, s'entend !] ?

Rappelons-nous le discours pathétique et décalé d'un ministre de l'Intérieur déguisé en candidat à la Présidence de la République, et homme-lige du grand patronat qu'il honora dès les premiers instants qui suivirent son élection, quand le personnage prônait la généralisation du crédit hypothécaire pour faire des Français une nation de propriétaires à l'instar des Britanniques et des habitants des Etats-Unis ! Alors que la crise des subprimes était déjà bien entamée, et que rien ne permettait de penser qu'elle allait s'arrêter. On connaît le résultat : des millions de personnes étranglées par les dettes, mises à la rue par les banques, dont les économies se sont envolées, des retraités sans aucune ressource réduits à la mendicité, etc. Pour vous en persuader, autorisez-vous un clic sur le lien, vous n'en reviendrez que trop !



Rappelons-nous ces réunions de crise quotidiennes qui rassemblaient autour d'un type complètement dépassé par les événements des gens paralysés par la peur de déplaire à leur seigneur et maître qui n'attend qu'un mot pour les congédier sans ménagement !

 

Que faut-il encore dire de plus pour convaincre que tous ces gens ont fait leurs preuves qui, dans le meilleur des cas, les accablent ?

On allait presque oublier les courbettes dont le successeur du général de Gaulle est maintenant coutumier, dès lors qu'il s'agit d'aller cirer les pompes de quelque tyran, dictateur, autocrate ou despote avec qui il est possible de « faire des affaires ».

Le tout sur fond de mise en pièce de l'arsenal juridique qui défendait encore l'employé [promu collaborateur ! (comme ces gens ont le sens des mots qui font mouche !)] face à l'employeur (maintenant victime donc charitablement secouru au frais d'un état dont le personnage ne sait dire rien que pis que pendre !) au grand dam des professionnels, les vrais, eux, de la justice, et non les courtisans de l'instant flanqués sur des trônes trop larges et étourdis par les honneurs qui leur sont rendus.

Le tout sur fond de mise en pièce de chacun des services publics qui auront au moins permis au pays d'être simplement administré et non vendu à la découpe lorsque les affermages sont distribués au plus ou moins âpre au gain et pressé de se servir avant qu'il ne soit trop tard.

Le tout sur fond de mise en pièce de la liberté d'aller et de venir puisque la force publique a maintenant tous les pouvoirs d'interpeller et de retenir, jusqu'à 96 heures, quiconque l'aura regardée un peu de travers, ou qu'elle l'aura interprété ainsi. Ah, qu'il est loin le temps où, les dispositions de la loi dite « sécurité et libertés » [(déjà, à l'époque, on aimait bien les oxymores !) défendue par le Garde des Sceaux de l'époque, Monsieur A. Peyrefitte, qui avait, lui au moins, mais c'était sa seule qualité, une solide formation juridique, même s'il n'a su mettre ses compétences qu'au service de l'autoritarisme] on s'offusquait des gardes à vue de 24 heures ! Non, maintenant, dans le meilleur des cas, on attend les enfants à la sortie de l'école, et on en profite pour coffrer les parents qui viennent les y chercher.

On en est là ce jeudi, alors que Monsieur le président de la République, prononçant « son » 83ème discours du siècle, à moins que ce soit le 264ème, fait poursuivre un citoyen de 56 ans coupable à ses yeux d'avoir simplement repris mot à mot les paroles de Monsieur le président de la République visitant le salon de l'agriculture. C'est peut-être l'idée qu'il puisse une fois rencontrer le reflet de son image qui lui est tout simplement insupportable.

Quelle époque formidable !

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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