Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 11:13

Le 24 novembre prochain, un train de déchets vitrifiés allemands, très hautement radioactifs, quittera le terminal ferroviaire de Valognes dans la Manche à 14h20 pour rejoindre le centre d'entreposage de Gorleben. En France, il traversera de nombreux départements, dont la Manche, le Calvados, l'Eure, la Seine-Maritime et la Picardie. Afin d’éviter les manifestations antinucléaires, différents itinéraires sont envisagés par Areva et la SNCF. Le Réseau "Sortir du nucléaire" publiera donc les horaires de passage pour les différents scénarii.

Ce transport sera le douzième et dernier retour de déchets vitrifiés de la Hague vers l'Allemagne, des déchets extrêmement dangereux, issus du retraitement du combustible usé à l'usine AREVA de La Hague. Onze conteneurs devraient être transportés. L'acheminement par la route de l’usine AREVA de La Hague au terminal ferroviaire de Valognes devait initialement être effectué entre le 18 et le 23 novembre, mais selon certaines sources proches du transporteur, les containers seraient acheminés dès cette semaine, à partir du lundi 14 vers Valognes. La présence du Camp de Valognes y serait-elle pour quelque chose ? Les déchets quitteront ensuite La Manche par le rail, pour rejoindre le terminal ferroviaire de Dannenberg en Allemagne, un dangereux périple de près de 2000km.
L'industrie se prépare en catimini...
Alors que le mouvement antinucléaire français prévoit une mobilisation de grande ampleur, l'industrie prépare ce transport en catimini. Mercredi 9 novembre, Areva avait convoqué des élus et personnalités en secret, afin de discuter des pratiques militantes contre ces transports, « des enjeux de ces opérations et des moyens de les mener à bien dans les meilleures conditions de sureté ». Il est surprenant qu’Areva se préoccupe soudain de la sûreté de ces transports, alors même qu’y recourir, en plus d’être totalement inutile, fait courir des risques insensés aux habitants des territoires traversés et aux salariés amener à intervenir sur ces trains. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a organisé une action de protestation devant cette réunion, pour montrer aux industriels que les citoyens eux aussi se préparent au prochain transport et pour marquer son opposition au trafic de déchets nucléaires.
… Alors qu'une mobilisation de grande ampleur est à prévoir
Le Réseau "Sortir du nucléaire" et le syndicat SUD-RAIL se mobiliseront lors de ce transport. Nous invitons les Français à organiser des rassemblements tout au long des trajets potentiels, ainsi que partout sur le territoire, afin de mettre en lumière les risques liés à ce transport et dénoncer l'impasse dans laquelle nous enferre le nucléaire. Nous leur proposons également d'interpeller les élus concernés par ce transport et de les inciter à protester contre l’opacité et le secret qui pèsent sur ces convois.
Enfin, nous informerons les agents SNCF et leur conseillerons de ne pas intervenir sur ce train en exerçant leur droit de retrait. Par ailleurs, Le Réseau "Sortir du nucléaire" et le syndicat SUD-RAIL apportent tout leur soutien au camp de Valognes qui sera organisé pour “entraver” le départ du train. En effet, bien que ces déchets doivent retourner dans le pays qui les a produits, La Hague ne devant pas être la poubelle nucléaire de l'Europe, nous soutenons les militants qui organisent des actions afin de dénoncer le système nucléaire.
Il n’existe pas de "solution" pour la gestion des déchets radioactifs : l’unique issue de raison est de cesser au plus vite leur production en sortant du nucléaire.
Retrouvez toutes les informations, horaires et trajets de ce transport sur notre site, clic sur le lien.
Contacts presse:
 - Réseau « Sortir du nucléaire » - Laura Hameaux 06.85.23.05.11
- SUD-RAIL - Philippe Guiter 06.28.94.82.99
- Attachée de presse - Opale Crivello 06.64.66.01.23

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« Nous aussi, nous irons à Valognes », communiqué du Comité anti-CASTOR de Tarnac
Fukushima, c'était il y a huit mois. Il n'y a pas de « retour à la normale » après une catastrophe nucléaire. Il y a un nouvel état du monde, une nouvelle géographie du ravage dont l'information régnante voudrait que l'on s'accommode, par la force des choses. Le spectacle des explosions de Fukushima offert en live streaming à la planète entière sur fond de dépêches sans queue ni tête livrées d'heure en heure à l'avidité des peuples obéit à la même logique qui commande aujourd'hui le plus complet silence sur les conséquences de la catastrophe. Qui sait que le Japon a mis à l'arrêt à ce jour 44 de ses réacteurs, que seuls dix fonctionnent encore et qu'à Tokyo on préfère désormais les coupures d'électricité aux merveilles de l'atome ? Qui se soucie que 90 % des enfants naissant actuellement dans la zone contaminée autour de Tchernobyl soient frappés de tares génétiques ? La vie est assez dure comme ça pour s'épargner d'avoir, de surcroît, conscience de son horreur. Les pays les plus nucléarisés sont ceux où l'on se rebelle le moins contre le nucléaire. Les prisonniers finissent généralement par aimer leur geôlier, pour peu qu'on les résigne assez à leur sort.
Dans l'ambiance de fin du monde, d'apocalypse symbolique, d'effondrement généralisé où nous baignons présentement, le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique. C'est un ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle sur toute idée de bouleversement. Ce qui est en jeu là, ce n'est évidemment pas la révolution, tout juste sa possibilité. D'autant plus cette société épuise le peu de crédit qu'il lui reste, d'autant plus le réseau de centrales qui enserre le territoire nous fait l'effet d'un corset, d'une camisole. Comment un régime qui ne s'aventure plus à faire de promesse pour l'année suivante ose-t-il produire des déchets radioactifs pour encore cent mille ans ? Comment ignorer que la dépendance énergétique où l'on nous tient, et la sorte de chantage qui l'accompagne, réduisent à l'insignifiant toutes nos prétentions à la liberté ? Il y a quelque chose de morbide dans l'investissement libidinal dont, en France, l'État a couvert ses centrales et ses bombes à neutrons. A mesure que gouvernements étrangers, et capitalistes éclairés, font savoir l'un après l'autre leur intention de renoncer au nucléaire, la France préfère se dire que si elle est de plus en plus seule dans son impasse, c'est simplement qu'elle est la meilleure. Alors que l'EPR est en bonne voie pour égaler Superphénix dans la catégorie des folies furieuses, EDF dévoile à présent son intention de relancer la surgénération. Un tel déni du réel, une telle imperméabilité à l'expérience, une telle façon d'exposer au monde entier ses verrues comme un titre de gloire est un spectacle tout simplement atterrant
Trois ans se sont écoulés depuis ce 11 novembre où la Sous-direction Antiterroriste a trouvé bon d'investir le village de Tarnac et quelques autres domiciles en France, afin d'y arrêter une dizaine de personnes. Renseignements pris, nous avons fini par acquérir une idée assez précise de l'étonnante convergence d'intérêts qui a amené à ces arrestations. On arrive, selon le fil que l'on tire de cette bobine, à d'obscures barbouzes grenouillant dans la « sécurité », à des services secrets agissant « informellement » à l'échelle européenne, à des conseillers du prince en veine de reconnaissance, à de vieux fachos ayant accédé aux ministères dans le sillage de Sarkozy et jugeant que l'heure était enfin venue de prendre leur revanche sur les gauchistes. On y trouve aussi les intérêts bureaucratiques bien compris d'ex-RG mis à mal par la fusion avec la DST au sein de la DCRI et les éternelles ambitions ministérielles de Madame M. Alliot-Marie. Pour faire bonne mesure, on n'oubliera pas le rôle joué par l'infiltré britannique Mark Kennedy-Stone et l'effet des habituelles rivalités dont les milieux radicaux sont, au même titre que n'importe quel autre milieu, le siège détestable. Mais si l'on s'en tient aux faits, et non à leur cause, ce qui a fini par nous sauter aux yeux, c'est ceci : l'affaire de Tarnac fut d'abord une tentative forcenée, et à ce jour réussie, pour contenir aux frontières l'extension du mouvement anti-nucléaire allemand. Toute l'opération aura consisté à travestir une action de blocage de trains revendiquée par un groupe anti-nucléaire allemand et exécutée par une méthode assez usuelle et assez sûre – les fameux « crochets » - pour avoir été employée jusqu'à une centaine de fois en une seule année de l'autre côté du Rhin sans jamais blesser quiconque, en un « acte terroriste » immotivé visant à faire dérailler des trains. Il aura suffi pour cela, d'un côté, d'occulter la revendication allemande transmise dès le 9 novembre 2008 par Interpol, et de l'autre de faire le plus de bruit possible autour de l'arrestation d'un groupe que l'on avait depuis longtemps dans le viseur. Comme l'assassinat de Vital Michalon lors de la manifestation de Malville en 1977, comme les tendons tranchés volontairement, l'année dernière, aux militants du Groupe d'Action Non-Violent Antinucléaire (GANVA) qui s'étaient enchaînés sur la route du train de transport de déchets ultra-radioactifs CASTOR (CAsk for Storage and Transport Of Radioactive material), l'affaire de Tarnac témoigne de la nervosité pathologique qui atteint l'État dès que l'on touche à la question nucléaire. Il est vrai qu'il a sur ce point des décennies de mensonge et des milliers de morts à faire oublier.
Cette année que se prépare, le 24 novembre prochain, pour la première fois peut-être, une action de masse pour bloquer à son point de départ le train CASTOR à Valognes (Manche), nous ne pouvons décemment manquer le rendez-vous. Nous devons bien cela à un état, et à ses nucléocrates. Et il serait malséant, après Fukushima, qu'il y ait 50 000 Allemands pour le bloquer à son arrivée à Gorleben, et personne pour l'entraver en France. Alors que huit nouveaux trains de déchets provenant des Pays-Bas doivent bientôt traverser les gares de RER franciliennes pour rallier La Hague, nous devons donner raison au collectif Valognes Stop Castor [ http://valognesstopcastor.noblogs.org/  ] : « La question des déchets constitue le maillon faible de l'industrie nucléaire, et l'illustration la plus frappante du scandale qu'elle est dans son ensemble ». C'est donc là qu'il faut l'attaquer. C'est là qu'il faut, à quelques milliers, lui porter un coup décisif. Polluer, c'est toujours s'approprier. En polluant pour les cent mille ans qui viennent, l'État nucléaire s'approprie tout futur pensable et toute vie possible. Nous sommes le futur. Nous sommes la vie. Nous arrêterons les centrales. Tous à Valognes !
Comité anti-CASTOR de Tarnac

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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