Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 16:23

A ma droite, à fond, il y a les propos incantatoires de Monsieur le président de la République qui agit dans la réaction sans trop  donner l’impression de réfléchir, qui "sent" plus qu’il ne pressent, qui s’agite à grandes enjambées, dans le désordre le plus complet.

A la droite de la droite,  il y a les propos franchement anxiogènes tenus par Monsieur le premier ministre, ex-gaulliste de gauche [on croit rêver] et converti à ce "libéralisme" que nous pouvons haïr car il nous fait tant de mal ! Vous n’êtes pas convaincu ? Ecoutez ce que disait le Général lors d’une conférence de presse : "… Alors, nous avons fait notre choix, qui consiste à ouvrir la carrière à la liberté, mais nous rejetons absolument le "laisser-faire, laisser-passer" et nous voulons qu'en notre siècle, ce soit la République qui conduise la marche économique de la France…" Je suis sûr que ça vous en bouche un coin, car c’est moins connu que "La Bourse, en 1962 était exagérément bonne. En 1966, elle est exagérément mauvaise, mais vous savez, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille" sous les applaudissements des journalistes présents ! Ah la belle époque !

Ailleurs, mais pas à gauche, et encore moins au "centre", sans que l’on sache vraiment où le caser, tant le bonhomme y est allé des allers et des retours ici là et ailleurs au gré de ses ambitions et de la meilleure opinion qu’il a de sa très gracieuse personne, il y a Monsieur le conseiller spécial de Monsieur le président de la République qui prend la parole à tort et à travers, n’est responsable devant personne (car rappelons-lui qu’en démocratie, seul compte le suffrage universel ou ses représentants). Monsieur se prend pour un conceptuel et affecte d’aimer les bons mots, il est même le "nègre" de Monsieur le président de la République, dont il écrit les "discours" dont le moins que l’on puisse dire est que leur scansion est pénible et laborieuse, à moins que le texte en soit si mal servi, on ne sait trop.

 

Dans la gesticulation permanente qui sert de fil conducteur à la conduite des affaires politiques nationales, il y aura eu cette fin de semaine l’un de ces sommets dont Monsieur le président de la République a le secret, entraînant dans sa suractivité brouillonne des chefs d’état, eux, qui se demandent souvent ce qu’ils font en si curieuse compagnie. Il suffit de voir la tête de Madame la Chancelière d’Allemagne fédérale, ou celle de Monsieur le premier ministre britannique pour s’en persuader, Monsieur le président du Conseil italien étant le seul, à notre grand désarroi, à être en bonne compagnie. On ne dira rien de Monsieur le président de la commission européenne, issu du parti social-démocrate portugais, formation conservatrice de centre-droit, fondée par un ancien député de l’action nationale populaire, parti unique de l’assemblée nationale, le parlement fantoche du dictateur Salazar, qui se contente d’ânonner ce que lui disent ses amis du grand patronat, ni de Monsieur le président de l’Eurogroupe, dont chacun connaît la passion pour … le flipper !

 

Voilà par quoi et par qui nous sommes gouvernés.

 

Pendant ce temps-là, et sans que les "journalistes" aient en quoi que ce soit relayé l’information, la Belgique s’apprête à connaître lundi une journée d'action syndicale qui touchera la plupart des secteurs (transports, écoles, postes et administrations, banques et commerces). Les trois syndicats entendent forcer le gouvernement et les patrons à prendre des mesures pour le pouvoir d'achat. Comme il fallait s’y attendre, le président de la Fédération des entreprises de Belgique, Thomas Leysen, a qualifié le mouvement d'irresponsable, tandis que l'Union des classes moyennes le regrette.

Le mouvement exprime des colères légitimes. La Fédération des entreprises de Belgique, partiellement responsable du chaos qu’elle vilipende aujourd’hui, a bloqué la liaison au bien-être des allocations sociales, ce parachute, pas doré celui-là, des plus démunis.

 

Pour information, la liaison au bien-être, c’est :

faire évoluer les revenus professionnels des pensionnés et des allocataires comme ceux des travailleurs occupés, c’est-à-dire ne pas accentuer l’écart ;

ne pas laisser s’accroître la chute de revenu au moment de la pension pour tous ceux qui

dépassent les plafonds, alors que ceux-ci ne seraient pas régulièrement augmentés ;

ne pas laisser s’accroître la proportion de personnes qui voient leur taux de pension raboté par des plafonds, alors que ceux-ci ne seraient pas régulièrement augmentés ;

last but not least, contribuer au relèvement hors index, des minima. Ceux-ci sont souvent inférieurs au seuil de risque de pauvreté qui est convenu au niveau européen à 60 % du revenu médian, alors qu’ils devraient être supérieurs, si l’on veut que les revenus d’assistance comme le revenu d’intégration ou la GRAPA se situent quant à eux au moins au seuil de risque de pauvreté.

Il s’agit aussi :

d’éviter d’inciter les gens à recourir aux systèmes complémentaires privés ;

d’éviter des inégalités de « prévoyance », et de taux de couverture privée, sur lesquels les pouvoirs publics n’ont pas de prise ;

de maintenir la légitimité du système parce qu’il couvre « assez » ou « correctement » tout le monde compte tenu de sa carrière, et ainsi de maintenir la légitimité des cotisations et du financement plus largement.

 

Et pendant que tout le monde se congratulait sur les marches du palais de l’Elysée, le quotidien "Le Soir" de Bruxelles nous parlait des sérieux problèmes pour Dexia, au centre des inquiétudes, avant la réouverture des Bourses ce lundi. Tout dépend maintenant du sauvetage de la banque immobilière allemande Hypo Real Estate, au bord de la faillite. Alors que ce quartet + 2 venait de faire semblant de nous faire croire que tout allait bien pour nos économies, la banque immobilière Hypo Real Estate (HRE) annonçait le naufrage d’un plan de sauvetage de 35 milliards d’euros négocié par un consortium de banques et les pouvoirs publics. Et un porte-parole de la HRE d’ajouter que " Nous luttons pour la survie de l’entreprise, nous ne pouvons que supposer et espérer que toutes les parties prenantes aux discussions sont pleinement conscientes de la situation." La HRE aurait besoin de … 20 milliards d’euros en argent frais d’ici la fin de la semaine prochaine, de 50 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, et de 70 à 100 milliards d’ici fin 2009 ! C’est tout ?

Ces perspectives autorisent évidemment le ministre fédéral de l’Intérieur, Monsieur W. Schäuble à rappeler qu’Adolf Hitler était venu au pouvoir après la crise de 1929.

 

Pour en revenir à Dexia, son problème vient des relations qu'elle entretient avec la banque immobilière allemande Hypo Real Estate et fait peser sur Dexia des charges dix fois plus sur Dexia que celles de Lehman Brothers.

 

Alors, avez-vous profité du soleil durant le weekend ?

Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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