Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 20:44
Alors que l’on fait semblant de se disputer en conseil municipal en contestant les millions des uns et les subventions des autres, oubliant au passage que tout cet argent est  d’abord un prélèvement sur le travail des uns ou "la richesse" des autres, le climat se dérègle complètement, la fonte de la banquise de l’Arctique et des glaciers du Groenland en apportant un signe à défaut d’une preuve pour les cervelles rétives aux évidences comme celle d’un ancien ministre de l’éducation nationale.

Car, à la limite, au-delà des responsabilités écrasantes, quant au processus de décrépitude des bâtiments du Relais culturel, de ceux qui se sont succédé ces 25 dernières années aux commandes de la commune, qu’est-ce que ça peut bien nous faire que ce soit 6, 7, 10 ou 14 millions d’euros qui sont programmés pour refaire le relais si, dans une dizaine d’années, la planète est devenue complètement invivable, les mers purgées de leur ressource halieutique, les forêts désertées par leur faune et leur flore, l’atmosphère empestée des effluves des moteurs à explosion ?

Alors que nos zélus affectent de se crêper le chignon sur des "chiffres" [rappelons-leur que l’on doit parler de nombres, les chiffres, à l’instar des lettres qui servent à écrire les mots, n’étant que des moyens pour écrire les nombres !] tous plus improbables les uns que les autres [les zélus et leurs "chiffres"], il existe un village peuplé d’irréductibles qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Et contrairement au village gaulois qui rend la vie difficile aux garnisons romaines des camps retranchés, dans le cas qui nous préoccupe, c’est plutôt le contraire : la vie est difficile pour ces irréductibles qui ont fait le choix qui change tout à une époque où, chez nous, des gens qui ne croient pas plus à la parité hommes-femmes qu’ils n’ont intégré la préservation de l’environnement, organisaient des consultations d’architectes urbanistes pour faire … des routes !

Les histoires se passent à Güssing, en Autriche, et à Beckerich, au Luxembourg.

Dans l’un et l’autre cas, c’est il y a une vingtaine d’années que le pari de l’indépendance énergétique pour la commune, respectivement 4 000 et 2 700 habitants, a été engagé, alors que les "menaces" n’étaient pas du même ordre que celles que nous vivons : hausse du pétrole [la baisse actuelle n’étant que conjoncturelle, le renchérissement étant lui structurel, tout le monde le sait], crise financière [que seuls les "hurluberlus" de la décroissance avaient prévue depuis de longues années], désordre social, modèle de société à bout de souffle, etc.

Dans nos deux communes, on en est maintenant à l’autosuffisance électrique, à la propriété collective des panneaux photovoltaïques ou à la production locale de chaleur à des prix défiant toute concurrence. Observons que pendant ce temps, chez nous, "on" n’a même pas réglé le tri sélectif des ordures ménagères, et qu’en revanche, "on" a organisé la ville de telle sorte que les bouchons automobiles y ont fait leur apparition.

"A Güssing, la production d'électricité (22 GW) excédant la consommation domestique, la ville exporte 8 GW dans le réseau régional, ce qui lui procure un revenu de 4,7 millions d'euros. Le bilan environnemental est plus positif encore : les émissions de gaz carbonique ont été réduites de 93 % par rapport à 1995", nous apprend le quotidien vespéral des marchés dit "Le Monde" dans son édition du 29 septembre 2008. Il nous avait dit à peu près la même chose à propos de Beckerich dans son édition du 24 juin 2008 : dans cette petite commune luxembourgeoise de 2 800 ha, Monsieur C. Gira, ancien aiguilleur du ciel à Luxembourg, et maintenant député vert, a engagé, avec le soutien de toute la population, un plan axé sur la maîtrise énergétique à l’échelle communale, pièce-clé du développement durable [on est désolé d’utiliser ce concept qui horripile Monsieur P. Bertrand, comme il l’a montré vendredi soir lors du conseil municipal, et on se demande bien pourquoi]. C’est dès 1990 que Monsieur C. Gira adhère à l’alliance pour le climat. Tout naturellement, il attirera l’attention du programme "Sustainables cities" dit Sus-Cit qui regroupe des villes belges et françaises de part et d’autre du Quiévrain.

Au bout du compte, que voit-on ? Comme il ne faut pas être cruel, on passera rapidement sur la situation dramatique de Wissembourg où rien de consistant n’aura été sérieusement entrepris à l’échelle de la collectivité. Même remarque pour la communauté de communes où l’on peut s’interroger sur la vision que peuvent avoir de l’avenir les personnages qui y ont opéré ou qui y opèrent encore. Dans l’un et l’autre cas, ils auront, au mieux, accompagné les mesures prises par les autres, sans originalité ni volontarisme.

Dans le même temps, là-bas, à quelques centaines de kilomètres de l’une des capitales de la frilosité et de l’immobilisme, on installait digesteurs, panneaux solaires, éoliennes et chaufferies à bois, avec le soutien d’une population intéressée à l’affaire, dans les deux sens du terme puisqu’un système de coopérative est mis en place avec rétribution des actionnaires locaux. Tout cela accompagne évidemment une autre vision du développement, qui passe par des constructions faisant appel à des technologies non-polluantes et des matériaux à la fois durables [ça veut dire que ça dure, au-delà d’un simple mandat municipal] et économes de transport, ou bien une autre politique de la mobilité qui s’appuie sur les transports en commun ou le 2-roues non-motorisé.

  • Quand apprendra-t-on que le système de chauffage du relais culturel nouvelle mouture fera appel à des énergies renouvelables ?
  • Quand apprendra-t-on que le règlement de la zone industrielle intercommunale stipule enfin que les entreprises qui s’y établissent doivent être autosuffisantes pour 25% de leur consommation énergétique ?
  • Quand apprendra-t-on qu’une entreprise de fabrication de panneaux solaires va s’installer sur cette zone industrielle ?
  • Quand apprendra-t-on qu’un plan communal et intercommunal va être mis en place d’ici la fin de l’année, oui, d’ici la fin de l’année, pour couvrir, oui, pour couvrir, les toits des bâtiments appartenant aux communes de la communauté de communes de panneaux photovoltaïques et/ou chauffants sur un système de coopérative ?
  • Oui, quand ?
Par pumpernickel - Ecrire un commentaire
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