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J'ai parlé il y a quelques heures de gaspillage, de consommation, de décroissance. Il ne s'agit pas de se poser en " expert " et de donner des leçons aux uns ou aux autres, ou d'apporter des solutions miracles à des problèmes qui restent complexes, même s'ils ne sont pas insurmontables. Comme je l'entendais tout à l'heure sur France-Inter (le peu que j'ai entendu de l'émission de ce matin sur l'argent était en effet intéressant, cher Knips), c'est une somme de tout petits gestes, démultipliés à l'infini, qui permettra de passer du gaspillage éhonté des ressources à l'utilisation efficace des biens que la nature met à notre disposition.
Un exemple : entrons dans une cuisine, celle de n'importe quel restaurant de collège, d'hôpital ou de maison de retraite. Que constatons-nous ? Une consommation inouïe de deux produits de base, l'eau et la chaleur. L'eau de lavage des légumes, l'eau de lavage des locaux, l'eau (chaude, très chaude) de lavage du matériel. Et une consommation de chaleur et d'énergie à faire pâlir toute maîtresse de maison soucieuse de son budget. Que faire alors ?
Quelques idées, ou quelques pistes.
L'eau potable à l'entrée qui lave la salade ou alimente l'éplucheuse de pommes de terre, débarrassée des matières en suspension par filtrage pourrait alors être chauffée et servirait alors à la plonge...
Cette eau chaude, chargée de détergents, pourrait être filtrée à son tour pour être utilisée au nettoyage des locaux, et sa chaleur serait transférée pour le chauffage des locaux...
Les hottes aspirantes qui assurent la ventilation des cuisines pourraient être directement branchées sur des des échangeurs double-flux de récupération des calories aujourd'hui envoyées dans l'atmosphère en pure perte...
La question me semble être la suivante : où sont donc les ingénieurs qui devraient savoir concevoir des circuits et des procédés capables de diviser par deux, trois ou quatre les consommations de ressources utilisées dans les collectivités ? Et surtout, une fois ces idées modestes et simples mises en œuvre, où sont les entrepreneurs capables d'investir un argent utile, de créer des emplois qualifiés et bien rémunérés (ces emplois qui manquent tant à ceux qui ne demandent qu'à gagner leur vie), de créer des unités de production dans des villes moyennes ou petites.
J'écrivais il n'y a pas si longtemps que la France avait perdu trente ans en refusant dans les années 70 de se tourner vers les énergies renouvelables et en choisissant le gaspillage du tout nucléaire*, il est peut-être encore temps de faire quelque chose. A condition d'en avoir la volonté, et les compétences suivront.
Et si cette volonté se manifestait à Wissembourg dès la remise à niveau de la cuisine d'un collège, d'une maison de retraite, d'un hôtel... Et si ce n'était pas seulement un rêve ?
Régis Hulot.
*pour 100 unités d'énergie sous forme de matière première (gaz, pétrole ou uranium), la totalité des pertes dues aux
différents stades de transformation et de transport représente plus de 90% des 100 d'origine, et on peut considérer que l'ampoule à incandescence qui éclaire le bureau où je travaille ne dispose
que d'environ 2 à 3% de l'énergie originelle pour produire de la lumière, elle-même obtenue au prix d'un dégagement de chaleur qui n'est pas le but premier d'une ampoule ! Autrement dit, le
moteur à explosion qui meut ma voiture serait plus utile dans mon salon pour me chauffer : en fonctionnement, il produit 2/3 de chaleur pour seulement 1/3 de travail !
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