Partager l'article ! Décroissance.: Quelques réflexions devant mon clavier... qui pourraient bien alimenter les discussions ou les interventions de tout un chac ...
Décroissance.
Si le terme paraît relativement nouveau, il n'est pourtant pas tombé de la dernière pluie (acide). Souvenons-nous des écrits de ce qui s'appelait le Club de Rome dans les années 60 et 70, qui annonçaient la pénurie alimentaire mondiale, l'épuisement des ressources, la démographie galopante et insupportable, et préconisaient une politique qu'on pourrait appeler malthusienne, si ce terme n'était pas tellement marqué par l'idéologie anti-pauvres et le conservatisme de son auteur.
Aujourd'hui, il semble que la décroissance, sur fond de bouleversements climatiques et de mondialisation, s'apparente davantage à l'idée que l'écologie active est par définition frugale, et que cette frugalité va dans le sens opposé au comportement actuel des systèmes en place qui proposent toujours plus de consommation, et encore plus de gaspillage. Évidemment, pour masquer le fait que l'idéologie dominante n'a pas renoncé à ce « toujours plus », les conservateurs libéralistes se cachent derrière la grande idée du recyclage etdu développement qualifié de durable. Mais les discours fallacieux de ces chantres du progrès ne résistent pas à l'analyse, et chacun peut constater que les mêmes pratiques qui mettent à mal le présent comme l'avenir n'ont pas changé.
Du futur aéroport international de Nantes que gauche et droite ont bien l'intention d'imposer contre toute logique à la destruction des terres arables pour les transformer en banlieues états-uniennes, des multiples obstacles à la construction de logements à la fois bon marché, confortables et économes en énergie aux projets de motorisation générale des populations des pays qu'on appelle émergents, de la transformation des forêts primaires en usines à hamburgers à la destruction des stocks de poisson de l'antarctique au pôle nord, tout est mis en oeuvre pour battre en brèche l'idée que le développement des individus ou de la société passe par autre chose que l'augmentation du PIB.
Parler de décroissance, ce n'est pas retourner à la chandelle en refusant la multiplication des chaudières nucléaires, c'est exiger que les produits dont le progrès technique nous permet de disposer soient conçus, fabriqués, distribués et utilisés dans la longue durée, qu'ils soient autre chose que des produits jetables – comme sont jetables les ouvriers qui les fabriquent. Un exemple : le lecteur de DVD acheté il y a un an et demi et qui est tombé en panne m'a été rendu par le réparateur. Il n'y a pas de pièces de rechange, ou la trouver et la monter coûterait plus cher qu'un appareil neuf. Mais ma vieille chaine hi-fi achetée il y a plus de vingt ans fonctionne encore... et à cette époque il n'était pas encore question de « développement durable ». Cherchez l'erreur.
Régis Hulot.
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