Lundi 21 janvier 2008
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La conseillère générale de mon canton se représente après un premier mandat de six ans. Sous l'étiquette PS, ce
qui laisserait espérer qu'elle présente un bilan digne des idées qui sont développées, de congrès en congrès, par son parti. Mais il se trouve que la pratique est aussi éloignée de la théorie que
la Roche tarpéienne était près du Capitole. Voici donc le texte de la lettre que je dépose sur le blog de la candidate à la réélection.
Régis Hulot
Madame,
Rassurez-vous, chercheur d'emploi comme des milliers de mes concitoyens, je ne vais pas user de ce moyen pour solliciter d'une élue son concours ou son aide pour
m'aider à trouver un travail ; je sais que ni vous ni personne d'autre ne pourra résoudre, dans l'état actuel des choses, le lancinant problème du chômage…
Cependant, j'ai appris une chose que je tiens à porter à votre attention.
Postulant à un emploi de chauffeur, j'ai trouvé un poste pour le transport de personnes (un CDI de 20 heures hebdomadaires, payé au SMIC, à peine de quoi survivre
quand on n'a que cela comme revenus), et j'ai découvert que la société qui recrutait travaillait pour le compte du Conseil général de notre département, assurant matin et soir le transport
d'enfants plus ou moins handicapés de leur domicile à l'école et retour, ou pour les conduire en centre de soins. Cette société, baptisée VAD (c'est à dire Valeur Ajoutée
Déplacement, ce qui est tout un programme), appartient au groupe Véolia, nébuleuse transnationale qui fait la fierté de nos dirigeants et le bonheur de ses
actionnaires. Ainsi, le Conseil général de notre département à majorité socialiste, donc a priori "de gauche", sous-traite-t-il à une entreprise privée une activité qui pourrait très
bien être organisée directement par ses services, si tant est qu'on y trouve deux ou trois personnes désireuses de se rendre utiles et compétentes pour le faire.
Je dois dire que j'ai été choqué non par la sous-traitance qui est aujourd'hui un mode normal de gestion dans la plupart des collectivités locales (à l'exception de
celles qui font le choix de défendre le service public), mais par l'idée même de dégagement de valeur ajoutée dans l'exercice d'une telle activité. La valeur ajoutée va à une société dont
le but est de gagner de l'argent, même beaucoup d'argent si possible, et les charges pèsent sur la collectivité des citoyens contribuables. En un mot, le Conseil général privatise les profits et
socialise les charges, selon la formule qu'on connaissait jadis dans le parti dont vous êtes, me semble-t-il, membre.
J'aimerais donc savoir ce qui justifie ce recours à une entreprise privée pour assurer une activité de service public, sachant que la mairie de Nantes et la
communauté urbaine ont également recours à de telles méthodes puisque j'ai été embauché (en CDD de 15 jours) par une entreprise privée assurant, pour le compte de Nantes – Métropole, la
distribution de silos à compost chez des particuliers de la ville.
Je vous remercie de votre réponse, et vous prie de croire à mes sentiments respectueux.
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