Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 18:18

… au cours duquel il aura été possible de rencontrer des représentants de la presse audiovisuelle régionale. Destinataires réguliers de Pumpernickel, ils y trouvent des commentaires qui tranchent légèrement avec ceux ordinairement offerts par la P2R.

Double interview impromptue autant qu’inattendue au cours de laquelle ils ont demandé où en était Wissembourg, comment les choses se présentaient, à deux mois d’une échéance somme toute majeure pour chacun de nous.

Quelles réponses à leurs questions ?

Essayons d’abord de ne pas être exagérément optimistes en pronostiquant une déroute de ceux qui ont fossilisé le débat politique. Bien entendu, ces gens conservent toutes leurs chances de l’emporter, puisqu’ils disposent de puissants leviers pour faire accréditer la thèse de leur compétence présumée : le pouvoir municipal avec en particulier la mainmise sur l’information, qu’elle soit "officielle" ou "professionnelle", autant bonnet blanc et blanc bonnet. Les habitudes qu’ils ont imprimées dans les esprits leur permettent d’affirmer péremptoirement qu’ils sont forcément les meilleurs, et que comme il n’y a rien en face, l’alternative politique ne se présente que sous la forme "c’est nous ou c’est nous".

Face à ces "vérités" qui n’ont de réalité que parce qu’elles sont répétées jusqu’à la nausée par de petits prétentieux qui se déguisent en commentateurs politiques, il serait plus intéressant et plus pertinent d’examiner la réalité de la situation afin de vérifier sur quelles bases s’appuient ce qui s’apparentent plus à une croyance qu’à un fait.

Après tout, on a bien le droit de demander des comptes des 19 ans passés à la tête de la municipalité. Et s’il y a les comptes politiques, c'est-à-dire les choix dans les priorités [plutôt une route ridicule que 32 logements sociaux de belle facture, plutôt du tape-à-l’œil que du durable, plutôt du gaspillage d’énergie que du recours aux renouvelables], il existe aussi les comptes financiers [un endettement croissant pour financer ce qui n’est pas des investissements, des dépenses pharaoniques à l’utilité sociale discutable, une mainmise des "spécialistes" incontrôlables (on pense en particulier à la "politique" de "komunikassion" mise en place par le mystérieux D. Alexandre, ou à l’omniprésent Rizotti, promu architecte général du fief)] ou les multiplications d’études plus ou moins fumeuses qui débouchent sur pas grand-chose. Qui n’a pas constaté que, malgré toutes les proclamations annuelles ["les impôts n’augmentent pas", on y a encore eu droit cette année] un peu risibles, non seulement les impôts augmentent, mais en prime, la situation est loin de s’améliorer, sauf pour les indemnités et le régime de retraite de ces pauvres élus qui sont tellement à plaindre qu’ils se gardent bien de nous en donner les détails. Tous ces éléments mis bout à bout commencent à ne plus passer inaperçus. Tout le monde constate que si l’on se précipite ici, c’est pour faire traîner en longueur là, le tout dans la plus profonde opacité, sur fond de discours dont le vide sidéral alterne avec l’insondable néant.

Autre élément, la situation économique. Notre triste équipage est l’équipe des licenciements. Cette année 2007 aura été celle des tragédies pour les salariés, mais pas forcément pour leurs employeurs. Quoi qu’ils en disent, ils devaient savoir ce qui se tramait chez Wimétal ou à l’Imprimerie de Wissembourg, et le reste n’est même pas littérature. Comme Pumpernickel l’a déjà écrit, ils n’ont rien anticipé, laissant faire ce à quoi ils croient, les lois de l’argent et du profit, se désintéressant du sort des familles contraintes de revoir radicalement leur avenir. Et ça, ils doivent s’en expliquer. Puisqu’ils fuient la discussion, puisqu’ils biaisent et qu’ils "aménagent" le débat public, ils n’ont plus leur place à arborer ces écharpes républicaines qui nous renvoient à la devise de la République de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Et cela n’est-il pas un élément objectif qui signerait leur échec dans deux mois ?

Enfin, il y a la situation démographique qui découle de ce qui précède. Comme vous ne lisez pas, en 8 ans, Wissembourg a perdu entre 50 et 100 habitants par an, selon les modes de comptage, entre les deux recensements de 1999 et de 2007. Ceux qui sont des démocrates, qui n’ont rien à cacher, qui sont si transparents qu’ils en ont perdu toute substance se gardent bien d’en faire état, empêtrés qu’ils sont dans leurs contradictions et leurs faux-semblants. Les Wissembourgeois, qui sont doués de raison, eux, le voient, le constatent, et ne peuvent s’empêcher de comparer leur situation personnelle et collective à celle de ceux qui prétendent prendre des décisions en leur nom, et évidemment, comme ils le disent jusqu’à provoquer une irrépressible lassitude, "dans le sens de l’intérêt général".

 

Voilà en gros ce qui a été dit  à ces représentants de la presse audiovisuelle régionale pour leur démontrer qu’il était tout à fait envisageable que la liste d’union des intelligences qui se présente le 9 mars prochain puisse faire connaître quelques difficultés à ceux qui ont déjà mis le champagne au frais pour arroser leur succès trop annoncé.

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

visites depuis le 01/01/08

Présentation

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés