Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 21:52

Si comme cela semble être le cas,  le président de la République a obtenu d'un magistrat  qu'il  lui accorde une dispense de publication de bans, on entre dans le domaine du droit pour les uns et du gauche pour les autres. C'est très contrariant, car en se conduisant de la sorte, celui que nous devons considérer comme le garant et le gardien de nos droits [et ce n'est qu'à ce titre qu'il est fondé à exiger de nous que nous respections nos devoirs, est-il inutile de le rappeler ?] se place dans une position [s'agit-il de la 70ème du Kâma-Sûtra constitutionnel dont il rêve ?] en fait intenable.

 

En effet, comment exiger d’un côté que ceux qui résident en France soient en situation régulière, faute de quoi on demande à son chargé de commissions indignes d’organiser l’arrestation puis le retour dans le pays d’origine, quelles que soient les circonstances familiales, sociales et politiques, et de l’autre, s’autoriser un traitement de faveur que l’on n'aura aucune difficulté à obtenir puisqu’on voit mal un magistrat refuser à Monsieur le président de la République le service que lui demande celui qui préside le conseil supérieur de la magistrature. Oui, je sais, c’est un peu compliqué, mais c’est pourtant de la même personne que l’on parle, celui qui est aussi l’ami de ceux qui ont des jets privés, des yachts qui suintent le mauvais goût, des "copains" avec lesquels on fait des virées en louant des "suites" à des prix obscènes qui sont autant d’insultes à la figure de celles et ceux qui doivent affronter les difficultés de l’existence.

 

Tout le monde connaît l’aphorisme selon lequel "un état fort s’attaque aux forts, un état faible s’attaque aux faibles". Comme il est facile de s’en prendre à un père ou à une mère qui vient chercher sa fille ou son fils à la sortie de l’école, comme il est aisé d’envoyer une soi-disant convocation à un "suspect" que l’on aura repéré pour l’envoyer illico en centre de rétention, comme il est commode de faire la proximité des soupes populaires pour "faire du chiffre" [comme si "faire du chiffre" en multipliant les arrestations n’était pas l’apanage des régimes totalitaires ?], et dans le même temps, de balader son temps hâlé en remorquant une créature invariablement de rêve dans des paysages improbables.

 

Maintenant se pose réellement la question de la légitimité du personnage qui, s’il a été élu, n’a pas reçu une sorte de chèque en blanc pour faire n’importe quoi, à amuser la galerie, à raconter des brèves de comptoir sur le ton des vérités premières et à s’agiter en tous sens pour tenter de nous convaincre qu’il existe.

En le voyant comme ça, il me fait irrépressiblement penser aux Bandar-log si bien décrit par Rudyard Kipling dans le livre de la Jungle, le vrai, pas l’infâme copie qu’en ont fait les studios Disney il y a une petite trentaine d’années.

 

Bandar-Log : le peuple singe est le seul peuple sans loi vivant au bord de la Waingunga. Ils n'ont pas de langage spécifique mais se servent de mots volés, captés par hasard quand ils écoutent, épient et espionnent. Ils n'ont pas de chef, n'ont pas de mémoire. Ils se vantent, jacassent et rient de tout.

 

Et comme cela ne suffit pas, je vous donne la chanson de route de ce peuple. Toute ressemblance avec des personnages connus est évidemment fortuite.

 

Voyez-vous passer festonnant la brune
À mi-chemin de la jalouse lune !
N'enviez-vous pas nos libres tribus ?
Que penseriez-vous de deux mains de plus ?
N'aimeriez-vous pas cette queue au tour
Plus harmonieux que l'arc de l'Amour ?
Vous vous fâchez ?… Ça n'est pas important,
''Frère, regarde ta queue'' 

''Qui pend !''
Sur la branche haute en rangs nous rêvons
À de beaux secrets que seuls nous savons,
Songeant aux exploits que le monde espère,
Et qu'à l'instant notre génie opère,
Quelque chose de noble et de sage fait
De par la vertu d'un simple souhait…
Quoi ? Je ne sais plus… Était-ce important ?
''Frère, regarde ta queue
Qui pend !''
Tous les différents langages ou cris
D'oiseau, de reptile ou de fauve appris,
Plume, écaille, poil, chants de plaine ou bois,
Jacassons-les vite et tous à la fois !
Excellent ! Parfait ! Voilà que nous sommes
Maintenant pareils tout à fait aux hommes !
Jouons à l'homme… est-ce bien important ?
''Frère, regarde ta queue

Qui pend !''
Le peuple singe est étonnant.
''Venez ! Notre essaim bondissant dans les grands bois monte et descend''
''En fusée aux sommets légers où mûrit le raisin sauvage,''
''Par le bois mort que nous cassons et le beau bruit que nous faisons''
''Oh ! soyez sûrs que nous allons consommer un sublime ouvrage !''

 

 
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