Partager l'article ! "Choisir la bonne formule de l’énergie", c’est le titre que le journaliste local avait choisi …: … pour nous entretenir du mémorable é ...
… pour nous entretenir du mémorable événement qui s’est tenu l’autre lundi, en présence des sommités qui prennent en notre nom des engagements dont elles n’ont que rarement parlé auparavant. Qui a lu dans l’improbable gazette qu’une telle signature avait déjà été donnée il y a deux ans pour "étudier à fond" (on croirait la légèreté de la prose du président de la République) la consommation d’énergie de la ville ? Et cela voudrait-il dire que la commune a une politique en matière d’économie d’énergie ? Ce serait nouveau et nous nous en serions probablement aperçus. Mais même les plus attentifs d’entre nous n’en savent rien. C’est probablement la raison de cette belle photo très années 50, avec ceux qui signent sous l’œil attentif de ceux qui les surveillent, histoire de nous convaincre que celui qui a encore des projets plein la tête a encore plein d’énergie pour signer ce renouvellement de contrat dont on espère qu’il sera plus fertile qu’il ne l’a été jusqu’à présent.
Passons sur les présentations d’usage de cet institut forcément européen de recherche sur l’énergie. Soixante-dix personnes de haut vol, selon le petit reporter, qui travaillent sur le développement durable. Ont-ils pensé une seconde à conseiller à ceux pour lesquels ils rédigent des "études" qu’il serait judicieux de leur part de donner, au quotidien, un exemple qui ne manquerait pas d’être suivi par leurs administrés et forcément admirateurs. Il y avait à cette table, et autour, beaucoup d’automobilistes impénitents qui sont alors peu fondés à la ramener sur les vertus et mérites de ce qu’ils appellent le développement durable, parce qu’ils n’y connaissent rien. Ils se tirent d’ailleurs sans le savoir une balle dans le pied en déclarant que l’architecte des bâtiments de France n’autorise guère d’installations avant-gardistes. Car pour l’adjoint aux permis de construire qui s’occupe avec le dossier, un capteur solaire sur un toit, c’est de l’avant-garde. Voilà un homme qui a le sens de l’Histoire, qu’il envisage à reculons. Il ne sait pas que ces technologies datent de plus d’un demi-siècle, et il ose, probablement par ignorance, les traiter d’avant-gardistes. Il admet par ailleurs que c’est cet architecte des bâtiments de France qui a, quoi qu’il arrive, le dernier mot, abdiquant par avance toute prérogative du politique sur le réglementaire. Autrement dit, il s’efface avant même d’avoir engagé la bataille, parce qu’il lui manque l’essentiel, c’est-à-dire qu’il n’y croit pas parce qu’il n’y a jamais cru, et qu’il est probable qu’il n’y croira jamais. Là-dessus, il met ses pas dans ceux de l’architecte des bâtiments de France qui déclarait, sans frémir une seconde, en décembre 2005 à un Wissembourgeois qui venait s’enquérir de la possibilité d’en installer sur le toit de sa maison, que les capteurs ça ne marche pas, et que d’ailleurs ça n’est pas beau parce qu’elle n’aime pas ça. On comprend alors que l’adjoint aux permis de construire qui n’aime rien tant que faire plaisir à tous ceux qu’il admire se refuse à engager une quelconque confrontation avec ceux qui ont une vue pour le moins figée du patrimoine architecturale qu’ils prétendent protéger en le mettant sous cloche.
Mais que l’adjoint aux permis de construire ne s’y connaisse pas trop en énergies renouvelables n’est après tout qu’accessoire. Non, ce qui compte, c’est bien l’impulsion que peut ou pourrait donner celui que l’on présente prudemment comme le maire de Wissembourg puisqu’il serait plus téméraire de le présenter comme le maire de tous les Wissembourgeois. Le journaliste donne la parole à cette personne, bonne occasion pour elle de se répandre … sur tout ce qu’elle va faire, laissant de côté … tout ce qu’elle n’a pas fait.
Des exemples ?
Il y a évidemment le ratage de la rénovation du collège, où malgré les demandes des usagers et des parents lors de la phase préparatoire aux travaux, le maire, qui n’est après tout que 1er vice-président du conseil général, et donc bailleur des fonds [issus tout de même des impôts prélevés sur les contribuables] de l’opération, n’a pas levé le petit doigt pour que l’on mette par exemple des capteurs solaires, une solution trop avant-gardiste ( ?) sur un bâtiment trop historique ( ?), sur le deuxième étage du nouveau bâtiment, intégralement exposé au sud et supportant une toiture inclinée à 45°. On reste confondu devant un tel défaut d’imagination qui frise l’inconscience, on le sait maintenant, et le directeur d’électricité de Strasbourg le confirme en conclusion de l’articulet de la P2R puisqu’il déclare, citons-le : "les menaces sur la planète sont beaucoup plus proches qu’on ne le pensait naguère [et qu’il est temps] de réduire les consommations et les émissions de carbone, quelles que soient les énergies employées. " On ne saurait être plus clair.
Continuons notre promenade wissembourgeoise et arrêtons-nous au gymnase du SIVOM. Là aussi, à la suite de désordres météorologiques, il a été nécessaire de refaire la toiture. On a même profité de la réfection du collège pour remplacer la chaudière fuel, dont on venait de changer les brûleurs, par une chaudière à gaz. Qui aurait eu l’idée de mettre des capteurs solaires sur le toit du gymnase et d’en faire le complément de la chaudière au bois que l’on dit vouloir installer pour les nouvelles maisons accolées que l’on dit vouloir construire entre le collège et l’ancienne DDE. Personne, et l’on peut compter sur le maire de Wissembourg, le président de la communauté des communes et l’adjoint aux permis de construire pour ne pas avoir l’idée de solliciter auprès des instances compétentes, elles, les subventions de ce qui serait un véritable investissement. Là encore, raté, raté et encore raté. Et chargeons encore la barque en rappelant que ce fameux fumeux chantier aurait dû commencer en même temps que cette allée des ex-Peupliers qui nous coûte si cher sans rien changer à la vie des Wissembourgeois. Tout le monde doit constater que l’on aura dépenser des millions d’euros pour faire du tape-à-l’œil en offrant de la circulation à un moyen de transport dont on sait qu’il induit des comportements qui sont en contradiction avec la survie de l’espèce humaine. Merci qui ?
Mais, on objectera avec raison qu’il s’agit là d’exemples dans lesquels la mairie n’a pas un rôle déterminant. Exact, par conséquent nous terminons avec le relais culturel dont les travaux, de 11 millions d’euros, près de la moitié du budget total de la commune, n’ont pas encore démarré. Là encore, sous le prétexte fallacieux de protection du patrimoine architectural, on va installer une chaudière à gaz alors que l’on sait maintenant que les prix, indexés sur ceux du pétrole, qui ont augmenté de 70% en 2007, ont toutes les chances de continuer sur leur lancée, en l’accentuant encore. Mais cela, le maire de Wissembourg, le président de la communauté des communes et l’adjoint aux permis de construire le savent-ils, l’imaginent-ils, l’envisagent-ils, eux qui n’ont plus à la bouche que les termes d’un développement durable dont ils sont incapables de préciser le concept.
On aurait pu penser que le journaliste aurait eu pour une fois l’audace de poser à tous ces personnages quelques questions sur leur bilan écologique et les termes de leur compensation personnelle en CO2.
Que font-ils réellement pour que leurs concitoyens aient les moyens, s’ils le désirent, d’installer des chauffe-eau solaires sur leur toiture ?
Sont-ils prêts à s’engager sur le terrain judiciaire et administratif pour faire plier l’architecte des bâtiments de France, au lieu de dépenser l’argent public à poursuivre tel ou tel de leurs administrés parce qu’ils n’ont pas l’heur de plaire ?
Vont-ils un jour reconnaître qu’ils se sont trompés et qu’ils nous ont trompés en refusant, depuis la vingtaine d’années qu’ils occupent le terrain, de prendre en compte les mises en garde et les solutions de ces écologistes dont ils aiment tant à les moquer en les affublant de stéréotypes insignifiants ?
Tout cela, vous ne le lirez évidemment pas. En revanche, vous aurez deux ou trois fois par semaine une photo de qui nous savons pour
nous rappeler que Monsieur existe encore, et qu’il travaille beaucoup pour mériter notre considération. Car il est important de mobiliser des troupes dont les effectifs s’éclaircissent
d’élections en élections, mais c’est une autre histoire.
p.s. : pour tintin, P2R = presse régionale de révérence.
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