Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /2008 13:07

En plus de l’annulation du cirque médiatico-financier du pseudo-rallye dit du Paris-Dakar, cette fin de semaine nous a amené une autre bonne nouvelle qui en annonce peut-être une série. C’est le résultat de ce sondage effectué auprès de 1 000 personnes selon lequel plus d’un sondé sur deux ne ferait plus confiance au président de la République pour résoudre les problèmes auxquels le pays est confronté.

 

Au fait, de qui parle-t-on ? Du héros des couvertures des journaux qui n’ont rien d’autre à raconter que les virées entre amis qui se prêtent les jets des amis qui se refilent les avions des amis qui se confient les secrets des amis qui pratiquent l’endogamie sociale, ou de celui qui a recueilli 19 millions de suffrages lors de l’élection du président de la République ? Peut-être faudrait-il préciser à l’hôte du palais de l’Elysée que sa charge ne lui commande pas de s’étaler toutes les semaines au bras de celle dont il est le compagnon de ces dernières semaines, tout au plus, et encore, pour combien de temps vraiment ? Et que pendant qu’il va promener l’enfant de cette personne dans les ruines de Petra, des millions de ses concitoyens doivent affronter un quotidien dont la rudesse n’a d’équivalent que l’indifférence qui semble être celle de celui qui devrait être aux côtés des Français dans la difficulté. Sans compter qu’il convient de s’interroger sur les traitements infligés à cet enfant, qui doit apprendre, à 5 ou 6 ans, à mettre sa capuche sur sa tête pour échapper aux photographes. On savait déjà que les enfants du président de la République ne savaient pas qu’il ne fallait pas mettre ses mains dans ses poches, surtout dans la cour du palais de l’Elysée le jour de l’intronisation de papa, on sait maintenant que le même personnage s’autorise à perturber gravement la psychologie d’un innocent pour sacrifier à ce qu’il croit être la manifestation de l’existence de sa vitalité.

 

Pour en revenir au sondage, après quelques mois d’esbroufe, de soi-disant joggings, de faux-semblants, d’invectives ( "qui c’est qu’a dit ça, c’est toi, ah, c’est toi, descends un peu qu’on discute,… ", le tout sur fond de super-protection d’une trentaine de gardes du corps aux mensurations avantageuses ), d’effets de manche, de récupération un jour des idées des autres, le lendemain de leurs efforts, on se demande bien quelles traces celui qui fait de nous la risée de toute l’Europe laissera à la postérité. Il est clair qu’il a montré de quoi il était (in)capable en ne sachant pas contenir les prétentions du dictateur libyens lors de sa "visite" en France à la mi-décembre 2007. Il lui est plus facile, après avoir succombé aux charmes (au sens figuré, s’entend) de la patronne des patrons, la belle Madame Parisot, de dresser la France qui travaille en se levant tôt contre celle qui ne fait rien parce qu’elle reste au lit. Tout cela aura tout de même une fin, et justice sera rendue lorsqu’il lui faudra s’expliquer sur les arrestations de sans-papiers aux portes des soupes populaires ou des vérifications d’identités dans les cours d’écoles. Quant à la gesticulation qu’il prend pour la manifestation de l’action, il devrait savoir que quelles que soient les conditions, et à moins de s’en remettre à la pharmacopée, il vaut mieux être sérieux quand on a 53 ans. J’en sais quelque chose, j’ai le même âge que lui.

 

Peu de mots sur la caravane publicitaire qui n’ira pas polluer le désert cette année. Rappelons-nous que cette "épopée des temps modernes" comme elle aime à s’auto qualifier, c’est, à l’instar du tour de France, organisé par le même consortium médiatico-financier, d’abord et avant tout, de l’argent, des bagnoles (une flotte estimée à 2 000 unités, oui, vous avez bien lu), des camions, des motos, des hélicoptères, des petits gavés qui, chèche sur la tête, se la pètent en nous ennuyant de leurs commentaires sur les commentaires, des morts parmi les malheureuses populations qui ont l’infortune d’être au contact de cet obscène étalage de richesse dans un océan de pauvreté. Que cette épreuve nous soit épargnée, c’est une libération et la preuve, là encore, que même si c’est à des charlots qui ont réagi un peu vite à une menace de terroristes dont l’existence est encore à démontrer que nous le devons, la justice immanente est un peu plus qu’une vue de l’esprit.

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