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Samedi 5 mars 2011, quintet de rossignols sur la place du marché
Pas question de faire tranquillement ses courses hier matin, place de la république à Wissembourg. Ils étaient tous là, ou
presque puisque le candidat qui se présente aux élections au nom du parti qui veut supprimer les élections n’avait pas cru bon se déplacer. Ce n’était pas plus mal pour nous, et en fait
tout-à-fait inutile puisque le candidat de la droite dure, celle qui a remis en selle la fifille à papa qui caracolerait en tête des instituts de çondage [ qui vont nous refaire les coups
de 2002 et surtout de 2007, avec, rappelez-vous, la foldingue du Poitou qui devait écraser tous ses adversaires, à 14 mois de l’échéance … ], était là et bien là, avec
tous ses acolytes, tous les revenants de l’ancien équipage [ il en manquait quelques-uns à l’appel, genre maire délégué d’Altenstadt ] à distribuer sa prose, ou celle qu’il a fait
écrire par les autres, pour tenter de nous convaincre de voter pour lui.
Au passage, remarquons que Monsieur a bénéficié de deux années de rab’, du fait du dogme gouvernemental selon lequel voter nous
fatigue. C’était une première fois en 1991 quand on a jugé qu’il fallait repousser les cantonales pour les coupler avec les élections régionales de l’année suivante. Puis une seconde fois
l’an dernier quand on a jugé qu’il fallait repousser les cantonales pour les découpler des élections régionales. Comprenne qui pourra. Il fallait surtout “ lisser ” les effets des
résultats désastreux de ce çondage grandeur nature, portant sur un échantillon de quelques dizaines de millions de citoyens qui ont manifesté, dans 21 régions métropolitaines sur 22
leur rejet de la politique des hommes de paille des héritiers des maîtres de forges, des 200 familles, du CNPF et du CAC_40.
Ce qui est curieux durant cette période de brame électoral, c’est de constater, consterné, que les péripatéticiens [ du
grec peripatein, « se promener » ], n’étant pas des péripatéticiennes, sont exclusivement masculins, nantis d’une suppléante comme la loi les y contraint pour quelques-uns d’entre
eux. Et que je t’arpente le macadam pendant des heures dans la ville-fantôme comme le dit la chanson, à la recherche de l’hypothétique regard d’amitié compassionnelle qui me redonnera un peu le
moral.
Comme tout le monde a bien d’autres choses à faire que d’écouter la litanie des promesses alternant avec celle des réalisations,
souvent empruntées aux autres, il ne reste plus aux candidats qu’à tailler la bavette avec ceux qui les ont accompagnés histoire de faire passer qu’ils sont moins isolés qu’on est tenté de le
penser. Il est alors amusant de les voir par groupes de trois ou quatre reconstituer, pour les supporters du candidat sortant une sorte de conseil municipal de la nostalgie [ quand nous
étions encore quelque chose et que nous pouvions toiser, avec la suffisance des arrogants, tous ceux qui avaient le front de s’opposer à nous ], ou, pour ceux qui se reconnaissent dans les
diverses factions de l’équipe majoritaire du conseil municipal actuel, se persuader que les choses ne vont pas si mal et qu’un second tour va remettre les pendules à l’heure [ pour mémoire,
on se souviendra que le dernier second tour aux cantonales, c’était en 1985, et que le candidat P.S. recueillait 25% des voix quand le candidat écologiste en réunissait, à la surprise générale,
près de 11% ; 11 + 25 = 36 ], à moins qu’il ne s’agisse de resserrer les boulons en attendant le remontage général de bretelles.
On a bien remarqué le candidat du terroir et de l’authenticité identitaire, celui dont l’interviouveur du premier quotidien
d’Alsace s’est moqué avec cruauté dans la présentation qu’il a faite de lui [ … “ mieux vaut qu’il n’y ait pas de querelle de ménage d’ici le 20 mars ”,
“ dans la même veine [ que les propositions qui venaient d’être exposées ] création d’une école de musique et de danse folklorique ” [ sans doute
doit-on y voir la quintessence de l’humour journalistique ? ], “ et le développement des transports entre les villages et Wissembourg par le biais d’une petite navette, qui ne
serait pas réservée aux seuls dialectophones ” précise le “ journaliste ” manifestement très en verve et content de son trait d’esprit ]. On ne doute pas que notre homme,
fidèle aux grands principes chers à Théophraste Renaudot, ne manquera pas de faire preuve d’autant d’acidité lorsqu’il animera, lui ou son confrère, le “ grand débat ” de demain lundi.
Pour en revenir au représentant d’un parti alsacien, il était encore plus seul que les autres et doit méditer, autant qu’eux, sur l’ingratitude des hommes et leur propension à
l’indifférence.
La réflexion la plus entendue : ils sont tous là pour encore deux semaines, et après, on ne les reverra qu’à la prochaine
préparation d’élection. Ce qui n’est évidemment pas faux du tout, et tranche singulièrement avec ces apparitions trimestrielles d’un irrégulomadaire local qui n’attend pas qu’il y ait le feu au
lac pour inviter ses concitoyens à réfléchir et à s’interroger sur les différents paramètres de la vie politique municipale. À bon entendeur, salut !
Dernière minute : contrairement à l’habitude prise depuis l’arrivée de la nouvelle équipe à la maison
commun(al)e, Pumpernickel n’a été destinataire ni de l’ordre du jour ni de la note de synthèse en vue du conseil municipal du 11 mars prochain. Ce n’est jamais que la deuxième fois, ce
qui semblerait être une façon de dire que Pumpernickel est maintenant tricard à la mairie. C’est à la fois désolant, dérisoire et rassurant.
Désolant parce que les mêmes méthodes produisant les mêmes effets, ce qui n’a pas porté chance aux précédents risque bien de se retourner contre les actuels, plaise au Ciel qu’ils l’entendent !
Dérisoire parce qu’ils savent bien que les documents en question arriveront tout de même dans la boîte à lettre de Pumpernickel qui aura alors quelques jours de moins pour vous livrer sa préparation de la séance.
Rassurant parce qu'il n'aura pas fallu plus de trois ans pour que la critique indépendante et irréductible reprenne une place qu'elle n'aurait jamais dû déserter [ autocritique ].
Encore merci pour tout, et bon courage, on en aura besoin.
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